Personne ne meurt si ce n'est en apparence, de même que personne ne naît si ce n'est en apparence. En effet, le passage de l'essence à la substance, volà ce qu'on appelle "naître", et ce qu'on appelle "mourir" c'est au contraire le passage de la substance à l'essence.
Lorsqu'une chose est imprégnée de matière, elle est visible à cause de la résistance de sa densité. Mais si elle est dépouillée de matière, elle est invisible à cause de sa subtilité.

Apollonios de Tyane

orakel

Apollonios de Tyane (parfois connu sous la forme latine de son nom, Apollonius) est un philosophe néopythagoricien, prédicateur et thaumaturge du 1er siècle de l’ère chrétienne, né en 16 ap. J.-C. à Tyane en Cappadoce et mort à Éphèse en 97 ou en 98.
Il fut comparé à Jésus de Nazareth, en quelque sorte un « Christ païen » : il eut des disciples et fit des miracles. La Vie d’Apollonios de Tyane de Philostrate est la principale source d’information que l’on ait sur lui.
Il fut un grand voyageur, visitant les pays entourant la Méditerranée, alla jusqu’à Babylone et même en Inde où il se lia d’amitié avec des brahmanes. Il marchait pieds nus, portant les cheveux longs, ne se nourrissant que de légumes, refusant les boissons alcoolisées et pratiquant l’abstinence sexuelle, vivant d’aumône, redistribuant aux pauvres les biens qu’on lui donnait et couchant dans les temples. Il prêchait, rassemblant sur son passage des foules qui venaient l’écouter condamner le luxe et la décadence des mœurs, convaincre de ne pas consommer de chair animale et prôner un système de vie communautaire.
Malgré sa notoriété et ses nombreux disciples, il n’établit pas d’organisation ou de groupe formel, et ne forma aucun successeur pour poursuivre sa tâche de prédication.
(Source Wikipédia)

voyageur

Du personnage historique, un magicien ou thaumaturge de la fin du 1er siècle, on sait finalement peu de chose. Mais le personnage mythique joua un très grand rôle dans la lutte antichrétienne à la fin de l'Antiquité.
Lorsque l'écrivain Philostrate, à la demande de l'impératrice Julia Domna, écrivit, au début du iiie siècle, sa Vie d'Apollonius de Tyane, il ne se doutait peut-être pas du succès qu'obtiendrait son héros ni de la signification qu'il allait revêtir. Il voulait seulement décrire sous les traits d'Apollonius le sage idéal, l'homme divin, le nouveau Pythagore, pratiquant l'abstinence, le célibat et le silence, enseignant qu'on n'honore pas le Dieu suprême par des sacrifices sanglants, mais par la pureté du cœur. Il voulait aussi réagir contre la réputation de magicien faite à ce grand homme : ses dons merveilleux (compréhension du langage des oiseaux, connaissance de toutes les langues de l'univers, pénétration du secret des cœurs, prophéties, guérisons) n'étaient, à ses yeux, que le fruit de la sagesse transcendante qui le rendait en quelque sorte omniscient.
Mais grâce au roman historico-philosophique de Philostrate, le paganisme finissant allait trouver en Apollonius une figure de saint et de thaumaturge à opposer à la figure du Christ. Hiéroclès, puis Porphyre, polémistes antichrétiens du lve siècle, le firent abondamment. Eunape de Sardes, écrivain de la même époque, aurait voulu que Philostrate intitulât son ouvrage Voyage d'un dieu parmi les hommes. Les fameux contorniates, monnaies émises à Rome de 358 à 472 dans une intention de propagande antichrétienne, présentent souvent, à côté des effigies d'autres grands hommes, notamment Pythagore, celle d'Apollonius. Et, dans la même intention, l'aristocrate romain Virius Nicomachus Flavianus traduit en latin le roman de Philostrate. La superstition populaire utilisera longtemps, même dans la Byzance chrétienne, des talismans protecteurs attribués à Apollonius.
Pierre HADOT (encyclopaedia universalis)