281017

Retournement de la conscience

Un passage du fameux Fukanzazengi nous semble particulièrement intéressant dans la mesure où il rectifie un point important. Dogen nous dit en effet qu’il faut «apprendre l’introspection qui dirige la lumière vers l’intérieur, pour illuminer notre vraie nature. Le corps et l’âme d’eux-mêmes s’estomperont, et notre visage originel se révélera».
Qu’est-ce que cette introspection qui dirige ou retourne la lumière vers l’intérieur pour illuminer notre vraie nature ? Il s’agit simplement de retourner la conscience sur elle-même, soit d’observer l’observateur. Contrairement à ce qui est souvent enseigné, il ne faut ni se concentrer sur la posture, ni sur la respiration, ni même observer les pensées, mais uniquement prendre conscience de notre propre conscience.
Ainsi, nous nous établissons dans la nature de l'esprit que Dogen nomme Hishiryo. Hishiryo n’est autre que notre conscience consciente d’elle-même dans laquelle pensées et absence de pensées prennent place. Comme elle n’est pas affectée par les pensées, nous pouvons les laisser s’écouler librement sans que leur mouvement n’affecte notre état contemplatif.
En pratiquant le retournement de la conscience sur elle-même, notre vraie nature (visage originel) se révèle d'elle-même, car l'essence de l’esprit est à la source de la conscience ordinaire. Avec un peu de pratique, notre corps et nos pensées sont perçus comme irréels, flottant comme des hologrammes dans l’espace de la conscience vide et radieuse.
Ce dépouillement du corps et de l'esprit par le retour de la lumière n'est autre que la voie directe du Zen qui pointe directement vers la nature de l'esprit pour s'éveiller et accomplir la voie du Bouddha.
Comme Hishiryo est notre état naturel lorsque l’on renonce à tout effort, il n’y a rien à faire. Il faut juste s’asseoir (Shikantaza). Comme cette non-pratique ne fait que clarifier notre nature originelle voilée par les cinq skandhas, l’éveil n’est pas une finalité à atteindre pour Dogen, mais le dévoilement de notre nature de Bouddha.
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221017

Fractalité

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211017

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201017

La mort n'a pas une vie facile

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141017

Objet et perception

On ne peut entendre un son que par l'intermédiaire de l'ouïe et l'on ne peut voir un objet que si le sens de la vue en permet la perception. Il n'y a pas d'objet sans vision et de vision sans objet. Nous ne devrions donc pas dire que nous voyons un objet ou nous entendons un son, mais au contraire que nous constatons l'activité de la vision ou de l'ouïe.
Mais cela n'est pas suffisant, en allant encore plus loin, on peut comprendre qu'il n'y a aucune perception possible si la conscience elle-même ne pénètre pas les organes des sens. Le monde n'est donc pas autre chose que sensorialité et, en toute rigueur métaphysique, on ne doit pas dire qu'on voit un objet mais seulement qu'on constate la présence de la conscience.
On peut dire qu'il y a des vagues et de l'écume, mais ce n'est rien d'autre que de l'eau. Les formes ne sont pas réellement distinctes de leur essence. On peut expliquer qu'elles sont une expression ou une manifestation de cette essence, mais elles sont quand même essence.

Jean Klein - La joie sans objet (Edition Almora)

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