251117

Un pas en arrière

«  On s'aperçoit qu'il suffit de faire un pas en arrière dans sa conscience, juste un petit mouvement de retrait, et l'on entre dans une étendue de silence par-derrière. Comme s'il y avait un coin de notre être qui avait les yeux à jamais fixés sur un grand Nord tout blanc. 
Le vacarme est là, dehors, la souffrance, les problèmes, et on fait un léger mouvement intérieur, comme pour franchir un seuil, et, tout d'un coup, on est en dehors (ou en dedans ?) à mille lieues et plus rien n'a d'importance, on est sur des neiges de velours. 
L'expérience finit par acquérir tant d'agilité, si l'on peut dire, qu'en plein milieu des activités les plus absorbantes, dans la rue, quand on discute, quand on travaille, on plonge au-dedans (ou en dehors ?) et plus rien n'existe, qu'un sourire — il suffit d'une fraction de seconde. 
Alors on commence à connaître la Paix; on a un Refuge inexpugnable partout, en toutes circonstances. 
Et on perçoit de plus en plus tangiblement que ce Silence n'est pas seulement au-dedans, en soi; il est partout, il est comme la substance profonde de l'univers, comme si toute chose se détachait sur ce fond, venait de là, retournait là. 
C'est comme un creux de douceur au fond des choses, comme un manteau de velours qui enveloppe. 
Et ce Silence n'est pas vide, c'est un Plein absolu, mais un Plein sans rien dedans, ou un Plein qui contient comme l'essence de tout ce qui peut être, juste avant la seconde où les choses vont naître — elles ne sont pas là, et pourtant elles sont toutes là, comme une chanson pas encore chantée."
Satprem, " Sri Aurobindo ou l'aventure de la conscience "
Trouvé sur Eveil et philosophie, le blog de José Leroy

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241117

A propos des rêves lucides

 

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221117

Témoin d'éveil

Enfant, j’avais vécu à plusieurs reprises des expériences de modification d’état de conscience. Je ressentais ce processus comme normal. C’était dans l’ordre des choses.
Le jour où cela s’est à nouveau imposé en moi, je disposais de temps pour m’y consacrer pleinement.
Un dimanche d’automne à la campagne, quelques amis sont à la maison et, le repas terminé, certains se préparent à faire une promenade dans les bois, d’autres à passer l’après-midi à bavarder devant le feu de cheminée. Je suis dans la cuisine pour effectuer quelques rangements avant de les rejoindre lorsque, soudain, je prends conscience que quelque chose est changé, différent. Tout est net, clair, limpide, immédiat, comme si un voile avait été enlevé, comme si une vitre avait disparu. Je n’ai plus l’impression de regarder autour de moi, le centre du regard a disparu, « je » ne suis plus dans le regard.

Soudain un voile s’est ouvert, comme si une vitre avait disparu… Je ne suis plus dans le regard… Tous les sens sont clairs, éveillés, sensitifs, l’action a lieu « au bout des doigts » ; la main perçoit les sensations. L’oeil voit, l’oreille entend, mais le mental est silencieux ; il enregistre sans commentaire, sans interprétation, sans prolongement, et la perfection du geste va de pair avec cette absence de raisonnement… Silence profond intensément présent… amour infini qui émane de sa propre nature, irradie de lui-même, de toute chose et de toute vie.

Les autres, le monde qui m’entoure, le personnage que je suis participent d’une même vie, d’une même substance, sans séparation, sans rupture, dans un même mouvement fluide et harmonieux. Les gestes coutumiers se déroulent d’eux-mêmes, simples, faciles, portés par le silence intérieur intensément présent. Silence et amour infini qui émane de sa propre nature, irradie de lui-même et de toute chose. L’apparence du monde n’a pas changé, mais le monde vit autrement, habité par ce silence et cet amour qui sont le cœur de toute chose et de toute vie. Le personnage (que je suis) n’a pas changé, mais « je » n’est plus dans le personnage, remplacé par ce silence et cet amour qui rayonne et chante à l’infini. J’en suis totalement abasourdie. Je ne comprends pas ce qui a pu se passer : comment l’esprit, sans se diviser, peut-il aller dans deux directions différentes, se rejoindre lui-même et se retrouver UN, Infini à l’infini, béatitude dans la lumière ?
Et pourtant, c’est tout à fait clair, aussi simple et évident que d’ouvrir et fermer les yeux.

Marigal

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191117

Percevoir l'ultime

 

Je découvre que ne pas se percevoir comme séparé est quelque chose de très simple, en fait. C'est juste une manière de se situer dans l'espace, dans le monde. C'est sentir que je suis différente de ce qui m'entoure dans la forme, mais identique dans l'essence.
L'ultime, l'arrière plan, le niveau superlumineux de la conscience - pour reprendre l'expression du physicien David Bohm - est toujours là. Il est l'océan dans lequel nous barbotons. Le ressentir demande de développer de la finesse car c'est un plan très subtil. Aucune densification, c'est d'une légèreté absolue. Les sensations, les pensées et les émotions le dissimulent car elles sont plus denses et accaparent l'attention.
Pour le percevoir, il faut le calme émotionnel et mental et imagnier que toute perception sensorielle disparaît. Ces outils de la conscience perdent alors en densité et les voiles se soulèvent pour l'ultime. Il ne reste que la perception d'être.
(...)
Peu à peu, à force d'y exercer son attention, la perception du subtil va s'affiner. Jusqu'au moment où il ne sera plus voilé par le mental ni les sensations. Il pourra alors être perçu en permanence, sans qu'il soit nécessaire de faire un effort de centrage.
La sensation qui en découle est un enveloppement doux et caressant, un frémissement ininterrompu, un rayonnement. Les pensées, les émotions et les sensations s'en imprègnent et deviennent à la fois plus fines et plus paisibles.

 

Suyin Lamour - Extrait de "La joie d'être" aux Editions Accarias L'ORIGINEL

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171117

De nada

Un jour, alors qu’il méditait et ne cessait de plonger toujours plus profondément en lui-même, avec une détermination croissante mais tranquille, en augmentant constamment l’intensité et la force de sa concentration sans la laisser à aucun moment faiblir ni fluctuer, soudain, tandis que la sensation de son corps devenait toujours plus fine et raréfiée, ce Nada sacré commença à vibrer dans ses oreilles d’une façon inhabituelle, grondant dans sa tête avec une puissance et une intensité incroyables, qu’il n’avait jamais connues auparavant.
Tout à coup, avec une force stupéfiante et une rapidité fulgurante, il fut aspiré au sommet de son crâne. En même temps, il sentit que son front s’ouvrait de l’intérieur et que la vision de ses deux yeux fusionnait intérieurement au centre de son front.
Simultanément, il éprouva l’étrange et puissant sentiment d’être mort et retourné à sa Source d’Origine. Il fut aussi saisi par la sensation inexprimable d’être immergé dans le Grand Tout, et ce fut comme s’il avait découvert et compris le secret mystérieux qui se dissimule derrière la vie, les étoiles et l’Univers. Un immense silence éternel d’une qualité inconnue de ce monde régnait.
Par la suite, et pendant plusieurs jours, son corps lui sembla incroyablement libre et léger, comme s’il s’était transmué en éther. Quelque chose de cette sensation est demeuré avec lui depuis lors. Il éprouvait un étrange et indéfinissable état de bien-être, baigné d’un calme intérieur ineffable, d’un contentement indescriptible et d’un sentiment d’amour tel qu’il n’en avait jamais connu, accompagné d’une profonde tendresse dans le plexus solaire.
Plus tard, lorsqu’il essaya de formuler en mots l’étrange secret qu’il avait découvert concernant la vie, les étoiles et l’Univers, il ne put jamais y parvenir, bien que la réalité de cette mystérieuse compréhension l’ait toujours accompagné depuis.
Au cours de cette expérience spirituelle extraordinaire, il reçut une subtile connaissance et un avant-goût, qu’il ne comprit pas pleinement tout de suite, de l’état d’après la mort, un état qui devint, au fur et à mesure qu’il continua à méditer, toujours plus clair et réel. »
Depuis ce jour capital, son existence prit un sens entièrement différent ; son but dans la vie changea du tout au tout. Tout ce qui l’intéressait auparavant, et qui lui avait semblé si important, ne signifiait tout à coup plus rien.
Cet état extra-ordinaire qui ne peut être expérimenté qu’au plus profond de soi-même est perçu comme un Soi vaste, transparent et sans forme, qui se répand au delà du corps physique, dans toutes les directions à l’infini — un “Spectateur” énigmatique et dépourvu de forme, plongé dans une auto-contemplation silencieuse. Pareil à un océan de conscience sans limite, sans début ni fin, ce Soi invisible, bien que sans forme, possède une réalité immensément plus grande que celle du corps terrestre tangible. En fait, comparée à cet état inhabituel d’être, l’apparence physique perd toute réalité. Dans cet état sacré, le contemplant, le contemplé et la contemplation forment une seule et même unité. Il s’agit d’un acte profondément mystérieux et inexplicable dans lequel, paradoxalement, il y a contemplation du Soi en même temps qu’être le Soi qui est contemplé."

Edouard Salim Michael "la Voie de la Vigilance Intérieure" (Editions Guy Trédaniel)

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161117

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121117

;)

" Rien n'est à moi, puisque je suis tout. "

Alexander Kimpe

 

 

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111117

Vive la philo !

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101117

conscience et philosophie

 

 

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