051217

Rêve et réalité

"On pense généralement que le rêve est "irréel", par opposition à la "réalité" de notre état vigile. Mais rien n’est plus réel que le rêve. Cette affirmation prend tout son sens dès qu’il est compris que la vie à l’état de veille est aussi irréelle que le rêve, exactement de la même façon. On peut alors comprendre que le yoga du rêve s’applique à toute expérience, aux rêves de la journée comme à ceux de la nuit."

Tenzil Wangyal Rinpoché

Posté par Sator à 17:51 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,


221117

Témoin d'éveil

Enfant, j’avais vécu à plusieurs reprises des expériences de modification d’état de conscience. Je ressentais ce processus comme normal. C’était dans l’ordre des choses.
Le jour où cela s’est à nouveau imposé en moi, je disposais de temps pour m’y consacrer pleinement.
Un dimanche d’automne à la campagne, quelques amis sont à la maison et, le repas terminé, certains se préparent à faire une promenade dans les bois, d’autres à passer l’après-midi à bavarder devant le feu de cheminée. Je suis dans la cuisine pour effectuer quelques rangements avant de les rejoindre lorsque, soudain, je prends conscience que quelque chose est changé, différent. Tout est net, clair, limpide, immédiat, comme si un voile avait été enlevé, comme si une vitre avait disparu. Je n’ai plus l’impression de regarder autour de moi, le centre du regard a disparu, « je » ne suis plus dans le regard.

Soudain un voile s’est ouvert, comme si une vitre avait disparu… Je ne suis plus dans le regard… Tous les sens sont clairs, éveillés, sensitifs, l’action a lieu « au bout des doigts » ; la main perçoit les sensations. L’oeil voit, l’oreille entend, mais le mental est silencieux ; il enregistre sans commentaire, sans interprétation, sans prolongement, et la perfection du geste va de pair avec cette absence de raisonnement… Silence profond intensément présent… amour infini qui émane de sa propre nature, irradie de lui-même, de toute chose et de toute vie.

Les autres, le monde qui m’entoure, le personnage que je suis participent d’une même vie, d’une même substance, sans séparation, sans rupture, dans un même mouvement fluide et harmonieux. Les gestes coutumiers se déroulent d’eux-mêmes, simples, faciles, portés par le silence intérieur intensément présent. Silence et amour infini qui émane de sa propre nature, irradie de lui-même et de toute chose. L’apparence du monde n’a pas changé, mais le monde vit autrement, habité par ce silence et cet amour qui sont le cœur de toute chose et de toute vie. Le personnage (que je suis) n’a pas changé, mais « je » n’est plus dans le personnage, remplacé par ce silence et cet amour qui rayonne et chante à l’infini. J’en suis totalement abasourdie. Je ne comprends pas ce qui a pu se passer : comment l’esprit, sans se diviser, peut-il aller dans deux directions différentes, se rejoindre lui-même et se retrouver UN, Infini à l’infini, béatitude dans la lumière ?
Et pourtant, c’est tout à fait clair, aussi simple et évident que d’ouvrir et fermer les yeux.

Marigal

source

Posté par Sator à 22:58 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

191117

Percevoir l'ultime

 

Je découvre que ne pas se percevoir comme séparé est quelque chose de très simple, en fait. C'est juste une manière de se situer dans l'espace, dans le monde. C'est sentir que je suis différente de ce qui m'entoure dans la forme, mais identique dans l'essence.
L'ultime, l'arrière plan, le niveau superlumineux de la conscience - pour reprendre l'expression du physicien David Bohm - est toujours là. Il est l'océan dans lequel nous barbotons. Le ressentir demande de développer de la finesse car c'est un plan très subtil. Aucune densification, c'est d'une légèreté absolue. Les sensations, les pensées et les émotions le dissimulent car elles sont plus denses et accaparent l'attention.
Pour le percevoir, il faut le calme émotionnel et mental et imagnier que toute perception sensorielle disparaît. Ces outils de la conscience perdent alors en densité et les voiles se soulèvent pour l'ultime. Il ne reste que la perception d'être.
(...)
Peu à peu, à force d'y exercer son attention, la perception du subtil va s'affiner. Jusqu'au moment où il ne sera plus voilé par le mental ni les sensations. Il pourra alors être perçu en permanence, sans qu'il soit nécessaire de faire un effort de centrage.
La sensation qui en découle est un enveloppement doux et caressant, un frémissement ininterrompu, un rayonnement. Les pensées, les émotions et les sensations s'en imprègnent et deviennent à la fois plus fines et plus paisibles.

 

Suyin Lamour - Extrait de "La joie d'être" aux Editions Accarias L'ORIGINEL

Posté par Sator à 11:09 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

171117

De nada

Un jour, alors qu’il méditait et ne cessait de plonger toujours plus profondément en lui-même, avec une détermination croissante mais tranquille, en augmentant constamment l’intensité et la force de sa concentration sans la laisser à aucun moment faiblir ni fluctuer, soudain, tandis que la sensation de son corps devenait toujours plus fine et raréfiée, ce Nada sacré commença à vibrer dans ses oreilles d’une façon inhabituelle, grondant dans sa tête avec une puissance et une intensité incroyables, qu’il n’avait jamais connues auparavant.
Tout à coup, avec une force stupéfiante et une rapidité fulgurante, il fut aspiré au sommet de son crâne. En même temps, il sentit que son front s’ouvrait de l’intérieur et que la vision de ses deux yeux fusionnait intérieurement au centre de son front.
Simultanément, il éprouva l’étrange et puissant sentiment d’être mort et retourné à sa Source d’Origine. Il fut aussi saisi par la sensation inexprimable d’être immergé dans le Grand Tout, et ce fut comme s’il avait découvert et compris le secret mystérieux qui se dissimule derrière la vie, les étoiles et l’Univers. Un immense silence éternel d’une qualité inconnue de ce monde régnait.
Par la suite, et pendant plusieurs jours, son corps lui sembla incroyablement libre et léger, comme s’il s’était transmué en éther. Quelque chose de cette sensation est demeuré avec lui depuis lors. Il éprouvait un étrange et indéfinissable état de bien-être, baigné d’un calme intérieur ineffable, d’un contentement indescriptible et d’un sentiment d’amour tel qu’il n’en avait jamais connu, accompagné d’une profonde tendresse dans le plexus solaire.
Plus tard, lorsqu’il essaya de formuler en mots l’étrange secret qu’il avait découvert concernant la vie, les étoiles et l’Univers, il ne put jamais y parvenir, bien que la réalité de cette mystérieuse compréhension l’ait toujours accompagné depuis.
Au cours de cette expérience spirituelle extraordinaire, il reçut une subtile connaissance et un avant-goût, qu’il ne comprit pas pleinement tout de suite, de l’état d’après la mort, un état qui devint, au fur et à mesure qu’il continua à méditer, toujours plus clair et réel. »
Depuis ce jour capital, son existence prit un sens entièrement différent ; son but dans la vie changea du tout au tout. Tout ce qui l’intéressait auparavant, et qui lui avait semblé si important, ne signifiait tout à coup plus rien.
Cet état extra-ordinaire qui ne peut être expérimenté qu’au plus profond de soi-même est perçu comme un Soi vaste, transparent et sans forme, qui se répand au delà du corps physique, dans toutes les directions à l’infini — un “Spectateur” énigmatique et dépourvu de forme, plongé dans une auto-contemplation silencieuse. Pareil à un océan de conscience sans limite, sans début ni fin, ce Soi invisible, bien que sans forme, possède une réalité immensément plus grande que celle du corps terrestre tangible. En fait, comparée à cet état inhabituel d’être, l’apparence physique perd toute réalité. Dans cet état sacré, le contemplant, le contemplé et la contemplation forment une seule et même unité. Il s’agit d’un acte profondément mystérieux et inexplicable dans lequel, paradoxalement, il y a contemplation du Soi en même temps qu’être le Soi qui est contemplé."

Edouard Salim Michael "la Voie de la Vigilance Intérieure" (Editions Guy Trédaniel)

source

Posté par Sator à 18:16 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

121117

;)

" Rien n'est à moi, puisque je suis tout. "

Alexander Kimpe

 

 

Posté par Sator à 09:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


281017

Retournement de la conscience

Un passage du fameux Fukanzazengi nous semble particulièrement intéressant dans la mesure où il rectifie un point important. Dogen nous dit en effet qu’il faut «apprendre l’introspection qui dirige la lumière vers l’intérieur, pour illuminer notre vraie nature. Le corps et l’âme d’eux-mêmes s’estomperont, et notre visage originel se révélera».
Qu’est-ce que cette introspection qui dirige ou retourne la lumière vers l’intérieur pour illuminer notre vraie nature ? Il s’agit simplement de retourner la conscience sur elle-même, soit d’observer l’observateur. Contrairement à ce qui est souvent enseigné, il ne faut ni se concentrer sur la posture, ni sur la respiration, ni même observer les pensées, mais uniquement prendre conscience de notre propre conscience.
Ainsi, nous nous établissons dans la nature de l'esprit que Dogen nomme Hishiryo. Hishiryo n’est autre que notre conscience consciente d’elle-même dans laquelle pensées et absence de pensées prennent place. Comme elle n’est pas affectée par les pensées, nous pouvons les laisser s’écouler librement sans que leur mouvement n’affecte notre état contemplatif.
En pratiquant le retournement de la conscience sur elle-même, notre vraie nature (visage originel) se révèle d'elle-même, car l'essence de l’esprit est à la source de la conscience ordinaire. Avec un peu de pratique, notre corps et nos pensées sont perçus comme irréels, flottant comme des hologrammes dans l’espace de la conscience vide et radieuse.
Ce dépouillement du corps et de l'esprit par le retour de la lumière n'est autre que la voie directe du Zen qui pointe directement vers la nature de l'esprit pour s'éveiller et accomplir la voie du Bouddha.
Comme Hishiryo est notre état naturel lorsque l’on renonce à tout effort, il n’y a rien à faire. Il faut juste s’asseoir (Shikantaza). Comme cette non-pratique ne fait que clarifier notre nature originelle voilée par les cinq skandhas, l’éveil n’est pas une finalité à atteindre pour Dogen, mais le dévoilement de notre nature de Bouddha.
Source


Posté par Sator à 14:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

150817

Richard Sylvester parle de l'éveil

A cet instant il était vu qu’il n’y a personne. Le sentiment qu’il existait une personne avait jusqu’alors été une constante et donnait tout son sens à cette vie. Pendant tant d’années, cela n’avait jamais été mis en question. Il était tellement évident que c’était « moi », mon centre, mon lieu, que ce n’était même pas perçu. C’était maintenant vu comme quelque chose de complètement superflu. Soudainement il était clair que je n’avais jamais eu de vie, car il n’y avait jamais eu de « je ». En une seconde d’éternité, il était clair que sans un « je », chaque chose était vue, pour la première fois, exactement comme elle est. Je ne vis pas, je suis vécu. Je n’agis pas, mais les actions se passent à travers moi, la marionnette divine.

Toutes les inquiétudes de cette petite et non moins importante vie apparente disparaissaient en un instant.
En une seconde le soi revint et dit : « Diable, mais qu’était-ce donc que cela ? » Mais la fraction de seconde sans personne apporta des changements radicaux au paysage interne. Car cette vision peut faire exploser votre mental.

...


Dans l’histoire, une année après l’éveil, je me trouvais dans une boutique d’une petite ville ordinaire. Soudainement mais avec une grande douceur, l’ordinaire fut déplacé par l’extraordinaire. La personne, de nouveau, disparut complètement et il fut clairement vu que la conscience est partout et qu’elle est tout. Le sens d’un soi localisé se révéla n’être qu’une apparence. Il n’y a pas de localisation, ni ici, ni là. Il n’y a que l’Un apparaissant comme tout et c’est ce que «je» suis vraiment. «Je» suis la boutique, les gens, le comptoir, les murs, et l’espace dans lequel tout se présente. Lorsque le soi disparaît et que la conscience est vue en toute chose, alors tout est vu pour ce qu’il est, un magnifique hologramme sous-tendu par l’amour.

Richard Sylvester "J’espère que vous allez mourir bientôt"
Éditions Charles Antoni - l’Originel 

Posté par Sator à 20:47 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

130717

;)

Regardez... regardez...

vous allez voir.

Jean Bouchart d'Orval

Posté par Sator à 08:46 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

010717

Maya (pas l'abeille)

La Maya est un concept central de l'hindouisme et du Vedânta en particulier, qui désigne l'illusion ultime du monde manifesté, ce qui englobe à la fois l'espace et le temps. A Nârada qui lui demandait de lui expliquer ce qu'était la Maya, Vishnou répondit : " D'accord, mais j'ai un peu soif, va d'abord me chercher de l'eau. "
Plusieurs versions de ce conte existent ; en voici une : Nârada se hâta d'aller au village le plus proche et frappa à la première porte. Une très belle fille ouvrit et il entra dans la maison où il fut reçu avec grand respect. C'est alors qu'il tomba amoureux de la jeune fille et décida de l'épouser. Elle lui donna trois enfants et il hérita de la terre de son beau-père. Mais des pluies torrentielles inondèrent la région la douzième année et Nârada lutta lutta pour sauver sa femme et ses enfants qui, hélas, furent emportés par les flots. Puis Nârada lui-même fut englouti... et alors, une voix familière retentit : " Mon fils, où est l'eau que tu devais m'apporter ? Cela fait une demi-heure que j'attends ! " Ouvrant les yeux, Nârada compris qu'il n'avait pas bougé.

Inexploré N°35 - été 2017 - p.71

Posté par Sator à 15:24 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

200617

C'est bien vrai, ça

" L'ennemi est bête,

il croit que c'est nous

l'ennemi, alors que c'est lui "

Pierre Desproges

Posté par Sator à 18:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,