150611

L'homme superlumineux

La conscience est un tout comparable à la lumière blanche. Le passage du mur de la lumière joue sur la conscience le même rôle que joue un prisme sur la lumière blanche. Un prisme décompose la lumière en sept couleurs, le passage du mur de la lumière et l'incarnation dans le monde sous­lumineux décompose la conscience totale en personnalités multiples et en vies simultanées (qui se succèdent dans le temps du point de vue sous-lumineux).


Régis et Brigitte Dutheil "L'homme super lumineux"

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140611

Pourquoi le ciel est-il bleu ?

C'est avant tout l'atmosphère gazeuse autour de la Terre qui rend notre ciel bleu dans la journée, et non noir, comme celui que peuvent observer les astronautes. Lorsque la lumière solaire traverse le vide spatial, elle se propage en ligne droite, car rien ne vient perturber son trajet. Arrivée dans I'atmosphere, elle se heurte aux molécules d'azote (78 %), d'oxygène (21 %), de gaz carbonique et d'eau, ainsi qu'à toute sorte de par­ticules (poussières, cendres, pollens) qui la composent. Ces molécules sont agitées d'une vibration naturelle qui diffuse la lumière dans toutes les directions jusqu'à notre rétine. Mais elle n'en diffuse qu'une partie, qui dépend de la nature des molécules. Les rayons solaires visibles sont en effet des ondes électromagnetiques de longueur d'onde comprise entre 400 nanometres (nm) pour Ie violet et 700 nm pour le rouge. Or, les molé­cules de l'air diffusent mieux les longueurs d'ondes les plus courtes. Ce phénomène obéit à une loi physique, établie par Robert John Rayleigh (1875-1947) : le bleu est diffusé seize fois plus que le rouge par les particules de l'atmosphère. Théoriquement, on devrait ainsi voir le ciel en violet, de longueur d'onde encore plus courte que le bleu, mais l'oeil humain perçoit assez mal cette couleur. En outre, les particules de poussières blanches qui flottent dans I'atmosphère atténuent le violet.


Science & Vie "200 questions de la vie, 200 réponses de la science", chez Solar

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Le paradoxe du chat de Schrodinger

Un chat est enfermé dans une boîte percée d'un hublot, que l'on suppose totalement isolée du reste du monde. Dans un coin de la boîte, un échantillon d'uranium radioactif et un détecteur conçu pour ne fonctionner qu'une minute. Pendant cette minute, il y a une chance sur deux pour qu'un atome d'uranium se désintègre. Quand une désintégration se produit, l'uranium éjecte un électron qui vient frapper le détecteur. Celui-ci réagit alors en actionnant un marteau qui tombe... sur une fiole de cyanure. Et le matou monte au ciel. Une des questions que posait Schrëdinger est la suivante: juste avant de regarder par le hublot, dans quel état se trouve le chat?
Si l'on suit la plupart des physiciens fondateurs de la physique quantique, le chat doit être, juste avant le coup d'oeil par le hublot, NI mort Ni vivant, À LA FOIS mort ET vivant.
Le noeud de l'affaire est dans l'échantillon d'uranium posé dans la boîte. Aucun physicien au monde ne peut vous dire QUAND aura lieu une désintégration. Dans dix secondes, une heure, cent ans? Mystère. Tout ce que la science peut faire, c'est calculer les probabilités de cet événement. Dans ce cas précis, il y a 50% de chances pour qu'n atome d'uranium se désintègre dans la minute qui suit la fermeture de la boite. Et 50% de chances qu'il ne se désintègre pas. La physique quantique affirme que ces deux possibilités se chevauchent réellement. L'atome d'uranium est un être quantique, qui vit dans deux états superposés : intact et désintégré. Ni l'un ni l'autre et les deux. En physique quantique, en effet, observer une particule - électron, proton, ou autre - la force à se choisir un état. Elle ne peut alors plus rester dans sa superposition d'états...
(... )
Le paradoxe du chat de Schrëdinger a déchaîné les passions parmi les physiciens. Car il pose un vrai problème, celui de la mesure en physique quantique. En gros, est-ce la mesure, l'observation qui décide vraiment si le chat est mort ou vivant. ? En d'autres termes, sont-ce les mesures, les observations qui décident de la réalité des choses? Alors si les humains n'existaient pas, le monde non plus n'existerait pas! Certains physiciens (une petite minorité) ont répondu oui à cette question épineuse en suggérant des solutions bizarres.
La première a été soutenue par un prix Nobel de physique, Eugène Wigner. En gros, ce ne serait pas l'appareil de mesure mais la conscience de l'observateur qui "déciderait" finalement si le chat est mort ou vivant. En regardant par le hublot, l'oeil (dans ce cas, c'est lui l'appareil de mesure) se met dans une superposition d'états. D'un côté, un état A: uranium désintégré, détecteur excité, marteau baissé, fiole cassée, chat mort. De l'autre, un état B : uranium intact, détecteur non excité, marteau levé, fiole entière, chat vivant. Le nerf optique achemine au cerveau une onde qui est aussi dans une superposition des états A et B et les cellules réceptrices du cerveau suivent le mouvement. C'est alors que la conscience, brutalement, fait cesser le double jeu, obligeant la situation à passer dans l'état A ou dans l'état B (mais attention: rien ne nous dit POURQUOI ce serait A ou B). Comment? Ca, Wigner ne le dit pas. Mais les conséquences de sa positions sont hallucinantes: rien n'existe vraiment en dehors de ce que perçoit notre conscience !

(... )
Seconde hypothèses: la conscience n'intervient pas, les deux états A et B se séparent bien lors de la mesure mais rien ne vient trancher entre eux. Résultat: ils survivent dans deux univers parallèles ! Le chat est mort dans un univers et vivant dans l'autre! Notre conscience existe dans l'état A dans le premier univers et dans l'état B dans le second. Comme nous réalisons sans cesse des actes d'observation, cela voudrait dire qu'à chaque fois, nous nous dupliquons. Il y aurait ainsi une infinité d'univers parallèles, sans possibilité de communication entre eux, où nous existerions dans une multitude d'états différents!

Science et Vie Junior n°34

chat

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130611

Voir

-Tu penses et tu parles beaucoup trop. Tu dois cesser de parler.
- Que voulez-vous dire?
- Tu parles beaucoup trop à toi même. Tu n'es pas le seul à faire ainsi. Chacun d'entre nous le fait. Nous n'arrêtons jamais ce bavardage intérieur. Penses-y. Chaque fois que tu es seul, que fais-tu ?
- Je me parles à moi même.
- De quoi te parles-tu ?
- Je n'en sais rien. De n'importe quoi sans doute.
- Je vais te dire ce que nous nous disons. Nous parlons de notre monde. En fait avec notre bavardage intérieur nous maintenons le monde.
- Comment cela?
- Chaque fois que nous finissons de nous parler, le monde est toujours tel qu'il devrait être. Nous le renouvelons, nous lui insufflons de la vie, nous le supportons de notre bavardage intérieur. Et ce n'est pas tout, nous choisissons aussi nos chemins comme nous parlons à nous-mêmes. Par conséquent, nous répétons toujours et toujours les mêmes choix jusqu'au jour où nous mourons, cela parce que nous continuons toujours et toujours à répéter le même bavardage intérieur jusqu'au jour où nous mourons. Un guerrier est conscient de cela et il s'efforce de mettre fin à son bavardage intérieur. Ce qui constitue la dernière caractéristique d'un guerrier à connaître si tu veux vivre comme un guerrier.
- Comment puis-je cesser de me parler ?
- En premier lieu tu dois faire usage de tes oreilles pour les charger d'une part du fardeau de tes yeux. Depuis le jour de notre naissance nous utilisons nos yeux pour juger le monde. Nous parlons aux autres et à nous mêmes, en termes de ce que nous avons vu. Un guerrier est conscient de cela, et il écoute le monde. Il écoute le son du monde. (...) Un guerrier est conscient que le monde changera dès qu'il cessera de parler, dit-il et il doit être préparé pour cette monumentale secousse.
- Que voulez-vous dire?
- Le monde est comme ci ou comme ça parce que nous disons qu'il est ainsi. Si nous cessons de nous dire que le monde est comme ça, le monde cessera d'être comme ça. Seulement je ne crois pas que tu sois maintenant prêt à une telle gifle, par conséquent tu dois commencer à dé-faire très lentement le monde.

Carlos Castaneda (Voir)

120611

Voyage au coeur du chamanisme mexicain

La négation de l'inconnu est l'une des qualités intrinsèques de la culture occidentale; elle s'est d'ailleurs emparée d'une grande partie de la planète. Il n'en va pas de même avec d'autres peuples. Pour les indigènes, par exemple, l'existence de nombreux phénomènes inexplicables est une chose normale dans leur vie quotidienne. Ils sont habitués à vivre dans le mystère. Ils acceptent sans difficulté que certains faits puissent être explicables et d'autres non. Comme leur culture n'est pas fondée sur l'anthropocentrisme, l'inconnu ne les offense pas. Cette philosophie de la vie leur permets d'expérimenter la réalité explicable (tonal) et inexplicable (nagual). C'est l'inverse pour l'homme moderne. Sa confiance en lui même et son sentiment d'auto-importance résident dans l'a priori qu'il sait tout, qu'il peut tout expliquer. S'il observe un phénomène inconnu, il s'empresse de le transformer en phénomène connu; il se livre à toutes sortes d'associations mentales pour transformer l'inconnu et pouvoir affirmer en toutes circonstances: "Mais si, je connais ça ! Cela ressemble à telle ou telle chose que j'ai étudiée, connue, vue ou entendue en telle ou telle occasion..." Dans les cas extrêmes, si ce qui se présente à lui ne peut pas s'intégrer dans ce qu'il connaît déjà, il l'ignore superbement alors qu'il l'a devant les yeux et ne se rend même pas compte de ce qui lui arrive.


(... )


le problème de la plupart des religions réside dans le fait qu'elles compliquèrent tant et plus les représentations de l'Esprit, au point qu'elle les prirent pour des réalités et inventèrent Dieu. le moi et l'importance personnelle étant largement impliqué dans ce processus, Dieu finit par être l'image de l'ego de l'homme; c'est ainsi qu'on le conçoit avec des désirs, des colères, la nécessité d'être apprécié, de recevoir des éloges, etc. Parvenue à ce stade la religion incita à "croire" à toutes les histoires inventées collectivement sur Dieu et à suivre à la lettre des codes de conduite tirés de ces contes, qui coïncident, comme par hasard, avec les intérêts particuliers des minorités au pouvoir. Rien de tout cela ne s'est produit chez les anciens Toltèques, ni chez d'autres ethnies issues de la toltéquitude, qui conservent presque intacte leur religion première. C'est là le véritable chemin qui mène à l'Esprit.
le pragmatisme est un autre aspect important de la spiritualité toltèque, comme en témoigne le court entretien que j'ai eu, durant mon séjour à San Sebastian, avec don Pedro de Haro, l'un des marakames les plus puissants et respectés de la sierra wirrarika :
- Vous pensez que nous, les Indiens, sommes des idiots parce que nous croyons en de nombreuses divinités et quantité d'autres choses, n'est-ce pas? Mais notre religion, à la différence de celle des tewaris*, ne consiste pas à croire mais à "voir". Je vais te raconter ce que j'ai dit à un gringo, un de ceux qui se disent pasteurs et qui nous considèrent comme ses brebis. Il y allait si fort avec le Christ par-ci, la Bible par-là, que je lui ai dit:
"- Hum, pourquoi dites-vous tout le temps que le Christ a dit oui ou que le Christ a dit non, l'avez-vous connu?
"- Non, pas en personne.
"- Et connaissez-vous quelqu'un qui l'ait connu?
"- Ce n'est pas possible, il a vécu il y a deux mille ans...
"- Deux mille ans! Bigre! Et comment savez-vous s'il a réellement existé ou si ce ne sont que de pures inventions?
"- Parce que ses paroles sont écrites dans la Bible.
"- Ay ! Et ensuite vous venez nous dire que nous, les Indiens, sommes des crétins parce que nous croyons dans la Terre et le Soleil! Imbéciles! Imbéciles! Mais personne ne me parle de la terre, je la vois tous les jours! Et tous les jours elle me donne ses fruits: le maïs, l'eau, les haricots! Je peux la toucher, cheminer sur elle, vivre en elle! Et le Soleil...? Je reçois joue après jour sa chaleur et sa lumière. Je n'ai qu'à regarder en l'air et il est là. Et puis "le Christ qui a créé" ? Il n'a jamais rien créé que je sache; en revanche, la terre, rien qu'en jetant un coup d'oeil sur elle, je vois qu'elle produit tout le temps ! Elle nous nourrit et grâce à elle nous vivons. Alors qui sont les idiots ?"

*Métis ou blancs

Victor Sanchez "Voyage au coeur du chamanisme mexicain"

chaman

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110611

Voyage à Ixtlan

"Ici même je vais t'enseigner la première étape du pouvoir, annonça t-il comme s'il me dictait une lettre. Je vais t'enseigner comment élaborer le rêve."
Il me regarda en me demandant si j'avais compris. Ce ne pouvait être le cas. J'arrivais à peine à le suivre. Il expliqua qu'élaborer le rêve signifiait avoir un contrôle précis et pragmatique sur la situation générale d'un rêve, un contrôle exactement semblable à celui que l'on a au moment d'un choix dans le désert, par exemple grimper une colline ou demeurer dans l'ombre d'un canyon.
"II faut commencer par quelque chose de très simple, continua t-il. Cette nuit, dans tes rêves, tu regarderas tes mains."
J'éclatais de rire. Il venait de parler comme s'il s'agissait d'un acte des plus ordinaires.
"Pourquoi ris-tu ?" demanda t-il avec surprise.
- Comment puis-je regarder mes mains dans mes rêves,
- C'est très simple, concentre ton regard sur tes mains, comme ça..."
Il pencha sa tête en avant et fixa ses mains; il avait la bouche grande ouverte. Son expression était tellement comique que je ne pus m'empêcher de rire.
"Sérieusement, comment dois-je faire ?"
- Comme je te l'ai dit, répondit-il. Il est évident que tu peux, si bon te semble, regarder n'importe quoi d'autre, tes orteils, ton nombril, ou ton outil. J'ai mentionné les mains, parce que pour moi c'est la partie du corps la plus facile à voir. Ne crois pas que je plaisante. Rêver est aussi sérieux que voir ou mourir ou n'importe quoi d'autre dans ce monde effrayant et mystérieux.
(... )
"Chaque fois que dans tes rêves tu regardes quelque chose, cette chose change, dit-il après un long silence. L'astuce pour apprendre à élaborer le rêve, n'est pas, c'est évident, de simplement regarder les choses, mais de retenir leur vision Rêver est réel quand on a réussi à tout amener à devenir clair et net. Alors il n'y a plus de différence entre ce que tu fais quand tu dors et ce que tu fais quand tu ne dors pas. Comprends-tu maintenant ?"
J'avouai que même si je comprenais ce qu'il avait dit j'étais incapable d'accepter son point de départ. J'avançai l'argument que dans un monde civilisé de nombreuses personnes avaient des illusions, et ces gens ne pouvaient pas faire la différence entre ce qui se produisait dans le monde réel et dans leurs fantaisies. Ces gens étaient des malades mentaux. Par conséquent à chaque fois qu'il me recommandait d'agir comme un fou, j'étais excessivement troublé.
Mon exposé terminé, don Juan eut un geste comique, il porta ses mains à ses joues et soupira profondément.
" Laisse ton monde civilisé là où il est, dit-il. Qu'il soit ce qu'il est! Personne ne te demande de te conduire comme un fou. Je te l'ai dit, un guerrier doit être parfait de manière à négocier avec les pouvoirs qu'il chasse. Comment peux-tu concevoir un guerrier incapable de discerner une chose de l'autre? Par ailleurs, mon ami, toi qui sais ce qu'est le monde réel, tu trébucherais et mourrais en un rien de temps s'il te fallait dépendre de ta capacité à distinguer ce qui est réel de ce qui ne l'ai pas."

Carlos Castaneda "Le voyage à Ixtlan"

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100611

Poussières d'étoiles

Il y a de minuscules météorites dans vos cheveux
Les micrométéorites sont de minuscules particules venues de l'espace et qui ne sont visibles qu'au microscope. Elles tom­bent constamment à la surface de la Terre. Chaque fois que vous sortez, certaines vous tombent dessus. Mais sans les équipements de laboratoire et les techniques d'analyses les plus avancées, elles sont impossibles a détecter. Elles se per­dent dans la grande masse des pollens, des poussières de toutes sortes, et probablement aussi (je suis désolé de le dire) des pellicules qui se trouvent au-dessus de votre tête.

Stephen Maran et Pascal Bordé, "L'astronomie pour les nuls" 2e édition

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090611

Message des hommes vrais

Je savais que, de retour au pays, j'aurais du mal à convaincre mes compatriotes de la réalité de ce phénomène [la télépathie). Ils acceptent que les humains dans le monde soient cruels les uns pour les autres, mais répugnent à croire qu'il y a sur terre des gens qui ne sont pas racistes, vivent en harmonie parfaite en s'entraidant, découvrent leurs talents personnels, les exploitent et les honorent comme ils honorent ceux d'autrui. D'après Ooota, la raison pour laquelle le Vrai Peuple peut utiliser la télépathie est qu'il ne ment jamais, qu'il ne déforme pas la vérité, ni peu ni beaucoup. Il ignore tout du mensonge. Personne n'a rien à cacher. Dépourvus de peur, les esprits s'ouvrent pour recevoir et échanger les informations. Ooota m'expliqua comment cela fonctionnait. Un enfant de deux ans voit un autre enfant jouer avec un jouet, une pierre, par exemple, tirée par une ficelle. S'il veut s'emparer du jouet, tous les regards des adultes se tournent aussitôt vers lui et il apprend que son intention de prendre sans permission est connue de tous et jugée inacceptable. Mais de son côté l'autre enfant doit, lui, apprendre à partager et à s'exercer au non-attachement aux objets. Ayant déjà expérimenté le plaisir et enregistré le souvenir du plaisir éprouvé, cet enfant comprend que ce qu'il désire est l'émotion du plaisir procuré par l'objet et non l'objet lui même.
(... )
Le vrai peuple ne pense pas que la voix est faite pour parler: pour cela, nous avons notre centre coeurl tête. Si la voix sert à la parole, on a tendance à se livrer à des petits échanges verbaux inutiles et moins
spirituels. La voix est faite pour chanter, célébrer et pour guérir.

Marlo Morgan "Message des hommes vrais"


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Les gardiens de la Terre

"(Seven Hawks) Je raconte souvent cette espèce de parabole: la vie est comme une table carrée avec quatre chaises autour. Je prends un livre et je le place tout droit, au milieu de la table et il y a quatre personnes assises sur les chaises. Je demande à la première de me décrire ce qu'elle voit. Elle regarde la couverture du livre et elle me dit: Bon, je vois une chose qui fait vingt centimètres sur dix huit, qui est de couleur brune et il y a quelque chose d'écrit dessus." Je dis à cette personne qu'elle a raison et je me tourne vers la personne voisine. Celle-ci regarde le même livre mais elle s'exclame : "Ce type qui vient de parler est fou. Certes, il y a des choses justes dans ce qu'il dit. La couleur est vraiment brune mais il a tort de dire que l'objet a dix huit centimètres de large parce que ce n'est pas vrai."
Je demande à la troisième personne, celle qui regarde la dernière page de couverture, et elle me dit que les deux premiers intervenants se trompent tous les deux. D'accord, la couverture est brune, d'accord, l'objet fait vingt centimètres sur dix huit, mais qu'il n'y a rien d'écrit dessus. Quand à la dernière personne, elle voit le dos du livre et me dit que les autres sont fous. A ses yeux, l'objet ne fait que deux centimètres de large et il y a quelque chose d'écrit dessus.
Vous voyez, notre vision de la vie dépend de la chaise sur laquelle vous êtes assis. Car les quatre ont raison."

(...)

"(Eunice Bauman)... Plus tard encore, en 1986, je suis tombée sur un numéro de la revue Discoverer dans lesquels les physiciens John Schwartz et Michel Green décrivaient la théorie qu'ils venaient de mettre au point sur la nature de l'ultime réalité.
En partant de la théorie d'Einstein sur la matière et l'énergie, ils ont trouvé le lien qui les unit, de minuscules particules en forme de bouts de ficelles, si minuscules que si on en mettait bout à bout 103, elle s'étireraient sur un centimètres de long.
"Cette théorie, disaient les auteurs de l'article, fait des physiciens des mathématiciens et des mathématiciens des physiciens. Ils voient l'univers comme une entité dans laquelle la matière, l'énergie, toutes les forces, tous les êtres, les planètes, les étoiles, les chiens, les chats, les quasars, les atomes, les automobiles... tout cela et le reste sont des résultats des actions et des interactions de ces particules infinitésimales. "
Nous en arrivons donc à connaître de quoi est fait l'Univers et à constater que, comme le disaient nos ancêtres, tout est relié.
Les conséquences de cette théorie sont prodigieuses et prendront sans doute des années et des années avant de pénétrer dans le cerveau des gens. On estime que dans l'ADN que nous avons hérité de nos ancêtres, il y a sur chaque gène 10 000 de ces filaments.
Aussi, quand une femme vient me dire qu'elle a été une princesse atlante dans une vie passée, je lui réponds qu'il y a en elle une quantité d'ADN qui se souvient.
- C'est votre façon de voir la réincarnation?
-Oui.
- Alors que pensez-vous de ce que les bouddhistes et les hindouistes appellent la notion de karma? - C'est cela même. La mémoire de l'ADN dépend de la quantité et de la qualité. Si vous avez beaucoup d'ADN d'un de vos ancêtres même lointain, vous aurez un souvenir de lui qui vous fera croire qu'il revit en vous...

(...)

"(Thundercloud) Regardez l'arbre. C'est un être vivant et comme tout être vivant, il a un coeur. La sève est le sang de l'arbre et l'écorce est sa peau. Elle est semblable aux habits que nous portons pour nous protéger des éléments. L'arbre a des membres comme nous avec ses branches qui montent jusqu'aux cieux. Ses pieds sont ses racines. Comme nous, l'arbre relie le ciel et la terre. Si les arbres savent survivre, nous devrions être capables d'en faire autant.
"Toute vie est sacrée et très précieuse, qu'il s'agisse de celle des animaux à deux ou quatre jambes, des créatures de la mer, de celles qui ont deux jambes et des ailes, du peuples des arbres, du peuples des rochers... Nous, les personnages à deux jambes, nous appartenons aussi à la terre et la Terre Mère est notre vraie mère. Et nous sommes chargés de prendre soin de notre planète. Dieu est tout et nous sommes une partie de ce tout. Nous faisons partie des forces de la nature mais tous ou presque tous nous avons oublié ce lien. Ce lien, sous peine de disparaître, l'humanité doit absolument le retrouver."

Rachel et Jean-Pierre Cartier "Les gardiens de la Terre"

Cheyenne-Warriors

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080611

Se libérer du connu

La question de savoir s'il existe un Dieu, une Vérité, une Réalité (selon le nom qu'on veut lui donner) ne peut jamais trouver de réponse dans des livres, chez des prêtres, des philosophes, ou des Sauveurs. Personne et rien ne peut répondre à cette question si ce n'est vous-mêmes, et c'est pour cela que la connaissance de soi est nécessaire. Manquer de maturité c'est manquer de se connaître. Se connaître c'est le début de la sagesse.
(...)
Nous, les êtres humains, nous sommes ce que nous avons été pendant des années, colossalement avides, envieux, agressifs, jaloux, angoissés et désespérés, avec d'occasionnels éclairs de joie et d'amour. Nous sommes une étrange mixture de haine, de peur et de gentillesse; nous sommes à la fois violents et en paix. Il y a eu un progrés extérieur depuis le char à boeufs jusqu'à l'avion à réaction mais psychologiquement l'individu n'a pas du tout changé et c'est l'individu qui, dans le monde entier, a créé les structures des sociétés. Les structures sociales extérieures sont les résultantes des stuctures intérieures, psychologiques, qui constituent nos relations humaines, car l'individu est le résultat de l'expérience totale de l'homme, de sa connaissance, de son comportement. Chacun de nous est l'entrepôt de tout le passé. L'individu est l'humain qui est toute l'humanité. L'histoire entière de l'homme est écrite en nous-même.
(...)
L'homme a séparé la vie de la mort. L'intervalle entre vivre et mourir est une peur : c'est elle, la peur, qui crée le temps de l'intervalle. Vivre, c'est notre torture quotidienne, ce sont les insultes de tous les jours, les souffrance et un état de confusion avec des ouvertures occasionnelles sur des mers enchantées. C'est ce que nous appelons vivre, et nous avons peur de la mort qui met fin à ces misères. Nous préférons nous accrocher au connu plutôt que d'affronter l'inconnu, le connu étant notre maison, nos meubles, notre famille, notre travail, ainsi que notre caractère, notre savoir, notre célébrité, notre solitude, nos dieux. En somme, le connu est cette petite entité qui tourne incessamment autour d'elle même, dans les limites de son existence amère.
Nous pensons que vivre a toujours lieu dans le présent et que mourir est un événement qui nous attend dans un avenir lointain. Mais nous ne nous sommes jamais demandé si la bataille quotidienne de nos existence peut vraiment s'appeler vivre. Nous voulons des preuves de la survivance de l'âme, nous écoutons les déclarations des voyants, et les résultats des recherches métapsychiques, mais jamais, au grand jamais, nous ne nous demandons comment vivre, comment vivre dans la délectation et l'enchantement d'une beauté quotidienne.
(...)
Lorsque vous déclarez que vous aimez Dieu, qu'est ce que ça veut dire ? Que vous aimez une projection issue de votre imagination, une projection de vous-même, revêtue d'une certaine respactabilité, conforme à ce que vous croyez être noble et saint. Dire "j'aime Dieu" est une absurdité. Adorer Dieu c'est s'adorer soi même, ce n'est pas de l'amour.
(...)
Voir est une des choses les plus difficiles au monde : voir ou entendre, ces deux perceptions sont semblables. Si vos yeux sont aveuglés par vos soucis, vous ne pouvez pas voir la beauté d'un coucher de soleil. Nous avons, pour la plupart, perdu le contact avec la nature. La civilasation nous concentre de plus en plus autour des grandes villes; nous devenons de plus en plus des citadins, vivant dans des appartements encombrés, disposant de moins en moins de place, ne serait-ce que pour voir le ciel un matin ou un soir. Nous perdons ainsi beaucoup de beauté. Je ne sais pas si vous avez remarqué combien peu sont les personnes qui regardent le soleil se lever ou se coucher, ou des clairs de lune, ou des reflets dans l'eau.
N'ayant plus de contacts, nous avons une tendance naturelle à développer nos capacités cérébrales. Nous lisons beaucoup, nous assistons à de nombreux concerts, nous allons dans les musées, nous regardons la télévision, nous avons toutes sortes de distractions. Nous citons sans fin les idées d'autrui, nous pensons beaucoup à l'Art et en parlons souvent. A quoi correspond cet attachement à l'art ? Est-ce une évasion ? Un stimulant ? Lorsqu'on est directement en contact avec la nature, lorsqu'on observe le mouvement de l'oiseau sur son aile, lorsqu'on voit la beauté de chaque mouvement du ciel, lorsqu'on regarde le jeu des ombres sur les collines ou la beauté d'un visage, pensez-vous qu'on éprouve le besoin d'aller voir des peintures dans un musée ? Peut être est-ce parce que vous ne savez pas voir tout ce qui est autour de vous que vous avez recours à quelque drogue pour stimuler votre vision.
Il y a l'histoire d'un maître religieux qui parlait tous les jours à ses disciples. Un matin où il se trouvait sur son estrade, s'apprêtant à parler, un petit oiseau se posa sur le rebord de la fenêtre et se mit à chater de tout son coeur. Lorsqu'il se tut et qu'il s'envola, le maître dit : "Le sermon de ce matin est terminé."
(...)
Dans la Chine ancienne, un peintre, avant de commencer à peindre quoique ce soit, un arbre par exemple, s'asseyait devant son sujet pendant des jours, des mois, des années - peu importait le temps - jusqu'à "devenir" l'arbre. Il ne s'identifiait pas à lui, il était cet arbre. Cela veut dire qu'il n'y avait pas d'espace entre l'arbre et lui, pas d'espace entre l'observateur et l'observé, pas d'identité vivant sa perception de la beauté, du mouvement, de l'ombre, de la profondeur d'une feuille, de la qualité de sa couleur. Il était l'arbre totalement et en cet état seulement pouvait-il peindre.

J. Krishnamurti "Se libérer du connu"

Jiddu_Krishnamurti_175

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