110517

Qu’est-ce que l’illumination ?

Qu’est-ce que l’illumination, non mais vraiment, qu’est-ce c’est ?
Amis et famille ont longtemps insisté pour que j’écrive et parle de mon expérience et de ma compréhension de ce sujet. J’ai hésité, non pas parce que l’illumination est si difficile à décrire, mais parce qu’elle a tendance à vous rendre paresseux. 
Avant le changement, j’étais très actif, j’écrivais, je lisais, je jouais de la musique, faisais du sport, bref j’étais toujours en mouvement. Mais après le « changement » comme je l’appelle, il y avait la claire vision que toute cette activité était stupide et qu’elle exigeait un effort incroyable.
Mais avant de poursuivre, laissez moi poser le fait fondamental : je suis éveillé. Je me suis éveillé il y a un an environ. Je sais ce que je suis, ce que j’ai toujours été et ce qu’il est impossible de cesser d’être. Certains appellent cela illumination, ou vérité ultime, conscience de l’unité, esprit infini etc. Mais tous ces noms ne disent pas au non éveillé, ce que c’est. Même moi, je l’appelle « le changement », ce n’est pas vraiment exact, car rien n’a vraiment changé, mais paradoxalement, un énorme changement a pris place.
En termes simples, j’étais auparavant Steve qui vivait sa vie, mais maintenant je suis l’expérience de Steve qui vit sa vie. C’est un changement de perspective. Avant ce changement de perspective, j’avais pratiqué, pendant environ trois ans, une méditation d’intensité moyenne qui consistait à regarder la respiration, répéter quelque peu un mantra et aussi questionner le soi à la manière de Ramana Maharshi. Parallèlement à ces techniques, il y avait un intense désir de trouver et de connaître la vérité. J’ai lu tout ce que je pouvais trouver sur l’illumination.
Après environ trois ans, j’ai eu ma première expérience de « non-dualité » comme on l’appelle. 
Je venais de lire un passage de Ken Wilber « Le spectre de la conscience » où il indique que la conscience ordinaire est la conscience ultime. Cela m’a vraiment touché, j’ai posé le livre et regardé un papier qui se trouvait sur la table, en face de moi, après environ une minute ou deux, il s’est passé une chose passionnante et effrayante : j’avais disparu ! 
Ce que j’entends par là c’est que la partie médiane était tombée : Normalement, il y avait ici Steve qui regarde le papier sur le bureau là-bas, maintenant il n’y avait que l’expérience « papier», mais pas de Steve ici pour le regarder. Il était clair que la partie médiane qui normalement sépare le papier de Steve n’existait pas réellement, il n’y avait que l’expérience, « papier ».
Maintenant je vais essayer de rendre cela plus évident par une illustration.
Imaginez aussi clairement que possible, que vous pénétriez dans une grande maison dans laquelle vous n’avez jamais été. Vous vous sentez bizarre et un peu effrayé, il y a des meubles, des tentures, mais personne à l’intérieur. 
Vous visitez partout, et une sensation insidieuse de peur d’être seul dans cette grande maison vous envahit. Vous allez de pièces en pièces sans savoir ce que vous allez trouver. Vous commencez à vous sentir de plus en plus nerveux et effrayé d’être ainsi seul dans cette maison. Vous vous demandez depuis combien de temps elle est vide.
A force, la sensation d’espace et de vide commence à peser lourdement sur vos nerfs. Finalement, au moment où vous ne pouvez plus le supporter, vous avez la réalisation choquante que vous n’êtes pas là non plus ! Seule l’expérience « maison » existe.
C’est le ressenti de la non-dualité, c’est la véritable réalité de l’existence. 
Rappelez vous la question : « Quel est le son d’une main qui applaudit ?» 
Maintenant, vous connaissez la réponse.
Vous voyez, avec l’illumination vient la connaissance que même s’il y a beaucoup d’activité dans le monde, il n’y a personne qui fasse quoi que ce soit. 
L’univers, en un sens, est sans vie. Il n’y a personne, seulement des événements et l’expérience de ces événements. 
L’illumination révèle que l’univers émerge spontanément. 
Son émergence et son modèle sont parfaits pour les mathématiques, la symétrie, 
et ne comportent aucun hasard. 
Rien n’est fortuit, tout ce qui arrive se passe exactement comme il se doit. 
Il n’y a pas de hasard, ou d’évolution basée sur le hasard. 
L’univers est parfait, rien n’est une erreur ou ne peut l’être. 
Il semble qu’il existe un hasard ou de l’imprévisibilité du point de vue humain, mais c’est seulement parce que notre référence temps ne nous permet pas de voir l’univers émerger en quelques minutes. Si nous pouvions le voir, nous verrions alors clairement comment chaque événement a été non seulement parfait et nécessaire, mais qu’il était aussi prévisible.
Résumons-nous donc : l’univers est parfait, personne n’existe, pourtant l’expérience « univers » persiste. 
Comment est-ce possible ? 
La Conscience. 
La conscience est consciente. 
Si elle ne l’était pas, il n’y aurait pas d’univers. La nature même de l’existence implique la conscience. L’un ne peut pas exister sans l’autre.
Il ne peut pas y avoir d’univers sans conscience. Il n’existe pas d’univers ou de dimensions là, où il n’y a pas de conscience. La matière et la forme ne pourraient pas apparaître sans conscience.
 
L’Univers/Conscience, l’Esprit/Matière, la Vague/Particule, appelez cela comme vous voulez, la réalité est que la manifestation, l’apparence que nous appelons l’univers, est Conscience.
Maintenant, ne vous y trompez pas, il n’y a pas d’observateur. 
Il n’y a personne qui expérimente l’univers.
 Qui plus est, il n’y a pas de Personnage Ultime, de Dieu, d’Esprit ou autre, qui observe l’univers. Il n’y a que l’expérience de l’univers sans personne pour l’expérimenter.
Cela semble un paradoxe, mais qu’importe, c’est ce qui est. 
L’expérience « est », c’est tout, c’est ainsi qu’est l’univers, une expérience pour personne.
L’univers émerge de la conscience spontanément, tout en étant lui-même conscience. 
Nous devons lâcher l’idée de la matière qui est observée par quelque chose que nous appelons la conscience, ce n’est pas exact. 
Certains enseignants parlent du témoin, le mental passif, qui observe toutes les choses, instant après instant. Cela implique un certain degré de séparation, un témoin ici qui regarde l’univers là-bas. 
Ce n’est pas ainsi, il n’y a que l’expérience, que l’univers. 
Il n’y a pas d’observateur. 
Même s’il n’y avait pas de manifestation, le sentiment serait le même. 
Une fois de plus permettez-moi d’insister sur ce point : la conscience n’est pas consciente « de » l’univers, la conscience est consciente « en tant que » l’univers.
Maintenant, comprenez bien cette dernière phrase. Ne pensez pas: « Oui Steve, je comprends, la conscience n’est pas consciente de l’univers à partir d’un point de vue séparé, comme une âme désincarnée par exemple, la conscience est consciente de l’univers comme l’un des milliards d’êtres qui le composent,  l’homme, le chien, ou le poisson.» 
Non ! Ces pensées sont fausses. 
Quand je dis la conscience est consciente « en tant que» l’univers,  je veux dire l’acte même d’exister est conscience. Une carotte est elle-même conscience. Il n’y a pas de carotte consciente d’elle-même en tant que carotte, ni de conscience désincarnée et invisible consciente de la carotte en tant que carotte, il y a seulement l’expérience « carotte » et c’est la conscience et c’estl’illumination. 
Il n’y a pas d’observateur.
Voyons maintenant comment cela se passe pour la vie humaine. Toutes les personnes, qui ne savent pas ce qui se passe réellement, croient être les gens qu’ils sont : des individus avec des pensées et des désirs, des espoirs et des rêves, un corps et une maison, une femme et un enfant. La liste continue, mais vous avez l’idée.
La vérité est que même si tout ce qui a été dit plus haut a bien lieu, c’est une apparence automatique de l’Univers/Conscience, selon un modèle strict dépourvu de hasard. Plus important encore, personne ne fait quoi que ce soit,  il n’y a que l’Univers/Conscience.
Pour le dire encore plus clairement : des choses se passent, mais personne ne les fait. Des apparences se produisent et la conscience est consciente.
La personne non éveillée, qui ne sait pas ce qui se passe, croit qu’elle agit, que l’humain « en elle » existe. La réalité est que le corps existe, les pensées existent, les souvenirs existent, c’est la conscience et c’est tout.
Quelqu’un pourrait dire que la conscience a provisoirement pris son expérience du corps et les souvenirs du corps, pour une personne, mais même si cette réponse semble expliquer le pourquoi, il n’y a vraiment aucune erreur. 
L’Univers/Conscience ne s’est jamais trompé. 
La personne peut tomber à tout moment, retrouvant l’état originel de la matière et de la conscience, qui n’a jamais été réellement caché. 
C’est ce qui m’est arrivé, mais lors de cet événement rien n’a été perdu, car il n’y a jamais eu de moi à perdre, seulement une confusion à corriger, qui n’a jamais existé.
Connaître cela, je veux dire vraiment connaître cela, pas intellectuellement, mais par une expérience directe de la vie quotidienne, c’est ce qu’est l’illumination.
Une fois connue, il est impossible de revenir en arrière. 
Une fois que vous avez ouvert le rideau et vu qui est vraiment Oz, vous ne pouvez plus le fermer et prétendre ne pas connaître la vérité.
Alors, comment faisons-nous une fois que nous savons ? 
Nous laissons l’expérience se manifester, sans intervenir. 
Il a été dit : « L’univers est parfait, n’intervenez qu’à vos risques et périls ». 
La personne éveillée n’agit jamais. C’est la résolution de l’énigme du karma : il n’y en a pas, il n’y en a jamais eu et il ne pourra jamais y en avoir. Il n’y a pas de réincarnation, comment serait-ce possible ? Qui se réincarnerait ? Il n’y a personne, pas de naissance ni de mort, il n’y a rien, si ce n’est la Manifestation/Conscience. 
99,999% des livres et des enseignants spirituels ont complètement tort, et ce, pour la simple raison qu’ils ne sont pas réalisés, ils ne savent pas ce qui se passe. 
Ainsi, afin de maintenir l’illusion de la personnalité, de l’idée qu’il y a quelque chose ou quelqu’un, ils inventent des histoires, des théories ou des idées, portent des vêtements spéciaux, font des rituels etc. Ils enseignent ce genre de choses, mais la vérité est si simple, cela en est risible.
Maintenant, permettez-moi de faire une claire distinction sur un point : l’expérience mystique n’est pas l’illumination. 
Vous pouvez avoir une expérience mystique, voir Dieu, être enlevé par des extra-terrestres, recevoir des messages d’un ange, communiquer avec vos guides spirituels, la liste pourrait s’allonger… mais, peu importe ce qui se passe, la vérité est toujours que chaque expérience, mystique ou ordinaire, est un événement de l’Univers/Conscience.
Si je pouvais enseigner au monde une leçon, ce serait ceci : Peu importe ce que vous expérimentez, rappelez-vous toujours : « Il n’y a personne qui expérimente, personne qui observe ». 
Si vous faites cela souvent et suffisamment longtemps, vous saurez un jour ce qui se passe. 
Quand ce jour viendra, vous vous rendrez compte que rien n’a changé, et pourtant tout est différent. C’est une sensation et une connaissance, la chute inévitable de ce qui n’est pas vrai. Si vous pensez connaître cela, ce n’est pas le cas. Lorsque vous le connaissez, c’est très clair et personne ne peut vous l’enlever.
Quelques points à éclaircir. Lorsque je disais que la personne éveillée n’agit jamais, je ne voulais pas dire que de telles personnes restent assises dans une grotte et meurent de faim… Le corps peut être très actif et manifester toutes sortes de comportements, bons ou mauvais, le mental peut être débordant de pensées et d’émotions, mais la conscience, maintenant éveillée, sait que personne n’agit. Ce n’est que l’univers qui s’épanouit spontanément et parfaitement.
En tant que conscience, vous percevez davantage les sensations du corps, au niveau physique et émotionnel. Ce n’est pas un ressenti, mais vous en êtes plus conscient, car il n’y a pas de division entre celles-ci et la conscience. 
L’univers et la conscience sont identiques, n’oubliez pas l’équation : U = C. 
De plus, ce que nous appelons la personnalité ou l’ego ne disparaît pas totalement. Il peut rester intact avec le corps. Il se comporte et change au fil du temps comme pour toute autre personne, mais l’éveillé sait qu’il n’est pas cet ego.
Certaines écoles mettent l’accent sur la destruction de l’ego comme le seul moyen vers la libération. Tout ce qui est vraiment nécessaire, c’est la réalisation que vous n’êtes pas cet ego, que l’ego n’existe pas vraiment, que c’est une illusion … Il n’est pas vraiment là, mais il semble l’être… Si l’ego commence à s’estomper c’est ok. Rappelez-vous, il n’y a personne qui  expérimente.
Permettez-moi de parler brièvement de la pratique. La méditation et l’étude des livres sont utiles et peuvent aider un individu à mûrir vers l’éveil, mais la chose la plus importante est le changement de  perspective. 
Vous devez apprendre à voir ce qui se passe réellement, comprendre que chacun est éveillé en réalité, mais que tout le monde ne sait pas comment le percevoir. La raison en est, que l’illumination est si naturelle, si évidente, et que nous nous sommes habitués, depuis la naissance, à l’ignorer en préférant toutes les autres choses qui se manifestent. 
La méditation peut vous aider à calmer le mental et à être plus concentré, mais elle ne vous donnera pas l’illumination. Un changement radical de perspective doit se produire, le point de concentration habituel de votre conscience et votre façon de percevoir doivent changer.
Ce n’est pas l’étude des livres qui vous y amènera, vous avez besoin d’un choc.
 
Le moyen le plus facile que je connaisse, c’est qu’une personne éveillée vous persuade de ce changement de perspective. Les meilleurs livres que j’ai lus étaient ceux qui m’ont convaincu de l’illumination. 
Les expériences de ressenti, telles que le scénario de la maison ci-dessus, sont utiles pour aider à évoquer le ressenti lors de l’illumination. 
Essayez de ressentir ce que c’est que de ne pas être là. 
La véritable percée se fera lorsque vous « sentirez » que c’est vraiment ce qui a lieu.
C’est effrayant, ce n’est ni le bonheur, ni l’extase. Cela doit vous effrayer, le corps doit réagir de manière défensive, ou il peut y avoir un rire incontrôlé devant le ridicule, combien vous avez été stupide et depuis si longtemps…
C’est comme une de ces images en 3D, vous regardez et regardez ces points jusqu’à ce que bingo, l’image se dégage ! Après cela, vous pouvez toujours la voir, vous ne pouvez pas la désapprendre. C’est la même chose avec l’illumination.
Toutes les pratiques qui peuvent vous choquer et vous amener à voir ce qui se passe réellement sont bonnes. Mais comprenez : vous voulez vraiment savoir ce qui se passe, le ressentir, avoir un contact avec la réalité. 
Ce ne devrait pas prendre longtemps, quelques années tout au plus, moins pour certains. Si une pratique ou un enseignant vous dit que cela prendra 10 ou 20 ans, cherchez une nouvelle pratique ou un nouvel enseignant.

Steven Norquist
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Déjà éveillé

Là, maintenant vous voyez déjà à 100 % toute la vérité qui puisse jamais exister.
Vous pensez que vous ne la voyez pas, mais il est impossible de l'éviter.
Vous êtes complètement réalisé, et il ne peut en être différemment.
La conscience simple et ordinaire que vous avez de toute chose qui
apparaît dans le monde, ou dans votre mental, est la vérité. Il n'y a rien
de plus dans l'illumination que réaliser directement que ce qui apparaît
dans la conscience, « avant » que vous vous en saisissiez, est la vérité.
La Réalité Ultime est qu'il n'y a pas et qu'il n'y a jamais eu un « vous »
qui puisse revendiquer un objet de la conscience.
Il n'y a pas de soi. L'illumination est simplement la pure conscience
impersonnelle de toute chose qui apparaît, instant après instant.
C'est le sentiment fantomatique de non-être combiné avec une clarté
saisissante. C'est une beauté dansante au-delà de toute description
terrestre, éprouvée par la vacuité.
Vous êtes cette vacuité et l'avez toujours été. Il n'y a toujours eu que
l'illumination. Il n'y a toujours eu que l'existence/conscience.
Ressentez la vacuité, votre non-être, alors que l'univers s'étend à l'infini.
Marchez dans une pièce bondée de monde sans vous trouver. Si vous
pouvez le faire, vous saurez alors que vous êtes déjà illuminé et dans
cette connaissance, vous réaliserez que vous l'avez toujours su, et 
pourtant que vous n'avez jamais existé pour le savoir.
Que vous demeuriez dans votre ignorance ou dans votre connaissance,
vous êtes arrivé.

Steven Norquist
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260217

Eveil et quotidien

M : Vous venez d’employer le terme « s’éveiller ». C’est d’ailleurs la traduction littérale de buddha - l’éveillé, et non pas l’illuminé.

S : Oui, c’est ça. S’éveiller est également pour moi une expression adéquate. Car dans une telle expérience, c’est comme quand on se réveille après un rêve. Tout à coup, on voit la réalité. Ce qui est spécial dans ce vécu, ce n’est pas que l’on fasse l’expérience de quelque chose de plus clair, ou plus beau, ou plus grand que ce que l’on a vu et entendu jusqu’alors. Cela signifie que l’on perçoit autrement la réalité, qui est comme elle a toujours été. On fait l’expérience, par exemple, qu’un merle est posé sur une branche. C’est cela que l’on peut vivre dans l’illumination. Et tout à coup, on est tellement saisi par ce tableau assez quotidien, que l’on ne peut pas du tout le décrire avec les termes et qualificatifs habituels à notre disposition jusque-là. Ce que l’on pourrait dire, c’est que l’on a enfin vu le véritable merle, le merle. Comme si l’on n’avait encore jamais vu un merle jusque-là, alors qu’on a vu déjà beaucoup de merles. On pourrait dire aussi – après coup – que l’on a enfin fait l’expérience de soi-même; bien que l’on vienne de voir un merle. Comme s’il n’y avait pas de séparation entre celui qui regarde et ce que le regard est en train de rencontrer. Comme s’il n’y avait pas de séparation entre moi et le merle ; comme si je me reconnaissais moi-même dans ce merle sur la branche. Comme si j’étais assise depuis toujours sur cette branche, tout en sachant en même temps et pertinemment que je suis assise sur ce muret et que je regarde la branche là-bas, avec le merle. Mais, d’une manière difficilement explicable, mon « être-assise-sur-le-muret » est tout à fait le même que le merle sur la branche. Et si par hasard, le son d’un moteur venant de la rue me parvenait dans un tel moment, ce son ne serait également rien d’autre que le merle sur la branche. Et si alors on tourne la tête et que le regard rencontre un tournesol ou l’encadrement d’une porte, on voit à nouveau cela, qui s’était montré en tant que merle sur la branche. Pour autant, on ne confondra pas un tournesol ou l’encadrement de la porte avec un merle. On n’a pas de trouble de perception de la réalité. On est tout à fait éveillé à la réalité. On voit à nouveau ou encore – toujours encore on voit ce Un. Comme si ici cela était un merle et là un tournesol et maintenant l’encadrement de la porte puis le bord de la table. Et en même temps, on sait que cela c’est moi. Pour moi, c’est comme si je me voyais moi-même, encore et encore, toujours et toujours, toujours encore comme dans un miroir : seulement moi. Comme si j’étais un avec tout ce qui est et qui était, un dans une seule et unique présence, qui elle n’est pas palpable mais qui emplit tout, temps et espace, de sa pure présence. Tout est en ordre, aussi naïf que cela puisse paraître, tout va bien. C’est une ébauche possible de l’éveil. Si quelqu’un a déjà été, ne serait-ce que très légèrement, touché par un tel vécu, cette description ne lui semblera pas être une pure absurdité mais quelque chose résonnera en lui et lui rappellera comment cette réalité peut se montrer.


Silvia Ostertag (Eveil et quotidien)
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200217

Tout sauf moi

Lorsque se produit l’éveil (comme cela arrive maintenant très souvent), ce que les gens disent plus que toute autre chose est que ce qui est vu à présent est absolument évident. Tellement évident. C’est étroitement accolé à ce que vous vous imaginez qui se passe en ce moment. Vous pensez que vous me voyez – en fait tout ce qui se produit en réalité est qu’il y a un voir, vision de moi qui survient, ou de quoique ce puisse être. La différence entre éveil et pas d’éveil – entre voir et ne pas voir- est simplement la reconnaissance qu’il n’est personne là. Il n’y a aucun « moi ».

Tony Parsons « Tout ce qui est » (Ed Accarias, L’Originel)

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160217

...

La Realisation c’est la reconnaissance de ce qui est déjà là. Plus il y a d’égo et moins il y a de realisation, c’est à ce stade que l’expérience de la conscience semble intermittente, comme le soleil qui semble se lever chaque matin alors qu’en réalité il ne se couche ni ne se lève.

Yuri Lamarche

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050217

Réveillez-vous !

(...) Dès que vous émergez de l’état de rêve, pour entrer dans l’état de veille, vous rejetez systématiquement le rêve et dites qu’il n’était pas réel, que ce n’était qu’un rêve. De même, l’état de veille dans lequel nous percevons ce vaste univers, avec toutes ses étoiles et ses planètes etc. est également un rêve, je le répète donc, éveillez-vous à votre propre Réalité. Éveillez-vous ! Arrêtez de rêver, tout simplement. 

Ce monde n’a jamais vraiment existé, il n’a jamais été créé, c’est un rêve ! Alors sachez-le, et réalisez-le ! C’est tout. 

Une fois que vous avez pleinement absorbé cette compréhension, plus rien n’est nécessaire, plus de questions ou doutes ne peuvent se poser. Existe-t-il quelque chose d’aussi simple, et, en même temps, d’aussi sublime ?

Nisargadatta, Notes, Editions L’Originel-Charles Antoni

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290716

Simplissime

Quiconque a déjà été sur un chemin spirituel sait ce que c'est que d'être un “chercheur”. Toujours en quête de la clé pour déverrouiller la “porte sans porte” de l'illumination ou l'éveil. Ce qui est drôle, une fois que vous passez à travers cette porte, c'est quand vous vous rendez compte que pour commencer elle n'était pas là. Vous n'avez jamais eu besoin de perdre tout ce temps à la recherche de la clé. La vérité est simple et c’est généralement quand nous cessons de regarder et de chercher qu'elle apparaît clairement. Trouvez le silence en vous, c'est là que la vérité vous attend. Beaucoup de gens vont prendre cela comme une invitation à méditer et la méditation vient habituellement du désir ou de la volonté personnelle d'arrêter nos pensées. Il n'est pas nécessaire d'arrêter vos pensées. Le silence est-il toujours là. Allez en lui et réveillez-vous.

"Je ne peux pas croire que ce genre de choses ne soit pas évident pour tout le monde. La vérité n'a pas besoin d'être cherchée, car elle n'est pas perdue. Elle n'est pas à la fin d'un chemin en attente d'être découverte. Elle n'est pas le résultat de la pratique ou d’une croissance ou d'un apprentissage. La vérité est partout à la fois, jamais absente, jamais éloignée. La vérité n'est pas la chose la plus difficile, c'est la chose la plus simple qui soit. En fait, la vérité est ce qui ne peut être davantage simplifié. Avoir la capacité de ne pas voir la vérité maintenant est la chose la plus incroyable que j'ai jamais vue. En fait, je n'aurais jamais pensé que cela soit même possible si je ne l'avais pas fait moi-même pendant trente ans. " Jed McKenna

Heidi (vu sur Du tout et du rien)

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270716

Les femmes ne peuvent s'éveiller

"Un jour, une des étudiantes américaines du maître zen Seun Sahn lui demanda : « Maitre, y a-t-il des maîtres zen femmes en Corée ? »

« Non, non, non, répondit-il rapidement, bien sûr que non »

L'étudiante fut totalement choquée, et même en colère surtout parce que Seung Sahn lui-même avait toujours traité ses étudiants femmes avec une complète égalité, et avait même formellement autorisé certaines d'entre elles à enseigner. « Comment est-ce possible, pensa-t-elle ; c'est absolument outrageant » Après un petit moment, elle demanda «  Mais comment est-ce possible ? »

La regardant et souriant à demi, il répondit : « Car les femmes ne peuvent s'éveiller. »

C'était incroyable ! Espérant à moitié qu'il était en train de plaisanter, elle le regarda, mais il était passé dans une autre pièce entre temps. Elle le suivit ; il était occupé par quelque chose, comme si la conversation n'avait jamais eu lieu.

« J'ai pratiqué avec vous pendant de nombreuses années, continua-t-elle. Vous nous avez toujours enseigné de croire à notre vrai soi à 100%. Comment pouvez-vous maintenant dire que les femmes ne peuvent être illuminées ? »

Se retournant brusquement, Seung Sahn pointa son doigt vers elle et dit, regardant dans ses yeux avec force :

« Ainsi, vous êtes une femme ? »

L'étudiante demeura en silence cependant que son enseignement se fondait en elle."

Excellent ! Une femme n'est pas une femme, un homme n'est pas un homme. Ce que nous sommes n'est ni homme, ni femme; ce sont là des apparences, non ce que nous sommes vraiment, vraiment, vraiment : l'espace clair, vaste, vide et plein et éveillé.

Suivez le doigt de Seung Sahn; il pointe dans la bonne direction, droit vers Ce qui regarde!

José Le Roy

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300116

La création du monde

La réalité, c'est que tout ce dont vous faites l'expérience est unique et créé à travail cet appareil corps/mental particulier. Ce mur bleu est votre mur bleu, et personne d'autre ne peut connaître cela de la façon dont vous le connaissez. Tout ce qui se manifeste à votre conscience, ici même, en cet instant précis, est votre création, et en fait, rien d'autre n'existe en dehors de cela. Ceci est tout ce qu'il y a pour vous... cette pièce, ces gens, ma voix... Toute idée à propos de votre maison, d'autres relations, etc, n'est pour vous simplement que cela, une idée, ni plus ni moins. C'est un scénario imaginé qui peut toujours éveiller en vous des sentiments, et ces derniers sont aussi ce qui est, tel que c'est, ici même, en cet instant précis. Or, tandis que vous quittez la pièce, une autre réalité faisant suite à celle-ci semble se créer à travers ce corps/mental... et cela continue ainsi... où que vous vous rendiez et qui que vous rencontriez. Voyez-vous, à chaque fois c'est une rencontre nouvelle, une création neuve. Mais votre esprit veut rendre tout ça prévisible et rassurant, et donc la plus grande partie de ce que vous pensez voir, vous l'imaginez déjà connu. La rue où vous vivez, le bureau, la petite amie... vous pensez les connaître et ça semble rendre tout cela rassurant. Cela peut aussi le rendre bien fade en ôtant tout le sel et le merveilleux qui accompagne le fait d'être en vie. Immanquablement en tout cas c'est la porte ouverte à tous les jugements que l'esprit accumule dans le dessein de proroger la grande illusion de notre existence en tant qu'individus séparés, plongés dans la saga d'une vie chargée de sens. Alors qu'il ne s'agit en fait que d'une exquise et brillante métaphore qui ne fait jamais qu'inviter le rêveur à s'éveiller.

Tony Parsons "Ce qui est"

11_07_parsons

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301215

Bernard Harmand parle de son éveil

Bernard, comment ça s'est finit pour toi ? Comment ça s'est passé ? Est-ce qu'il est possible de décrire cet ultime moment ?

A aucun moment je n'ai envisagé que c'était pour moi ce dont on parle là, la réalisation. Un jour où je lisais Nisargadatta, que j'avais lu on va dire cinquante fois auparavant, il y a eu un déclic qui a fait que... C'est pas vrai, c'est pour moi ? Moi aussi je pourrais ?! Donc, ce n'est pas qu'une compréhension. Il y a une part de compréhension, puis ça se transforme en un déclic qui va plus loin que tout ça en fin de compte.

Qui va plus loin que quoi ? De l'idée, du mental ?

C'est une prise de conscience. Des prises de conscience, tu en fais toute la journée, mais celle-là est plus forte. Comme si j'ai pris un éclair. L'instant de réalisation, c'est pareil : tu es foudroyé. Alors celui qui me dit que ce n'est pas un événement ?! Faut qu'il voit...

Foudroyé, comme si la conscience est en train de réaliser, de comprendre - mais le mental n'est pas là, ça change tout. Il n'interprète pas dans cet instant là. Je décris un instant qui va vite, au ralenti... - la conscience est en train de réaliser comment les choses sont vraiment, sans l'interprétation. Imagine, ça n'arrive pas souvent ! Là, la conscience, comme le dit si bien Nisargadatta, est toujours conscience de quelque chose, et quand elle n'est pas consciente de quelque chose, il n'y a plus de conscience. C'est l'êtreté tout court.
Conscience du monde, avec toi dedans, la vie particulière, et tu vois que tu es là-bas. A l'instant où c'est compris, ta compréhension est dissoute. Il n'y a plus de contenu dans la conscience ; ça se transforme en êtreté, et tu es foudroyé.Qui es foudroyé ? Tu verras bien.
Plaff, ça fait ça ! C'est ça la réalisation. C'est un événement extraordinaire ! C'est un feu d'artifice. C'est le volcan qui pète en fin de compte...

Quand on voit ce qu'on est, on n'a pas envie de changer quelque chose, mais on a envie de témoigner de ce qu'on a vécu et dire que c'est évidemment pour tout le monde, sans l'idée qu'on en a. Quoi de plus simple que ça ? On est là définitivement.

C'est tellement fort que... les mots ne suffisent pas en fait.

Bernard Harmand : "La recherche du bonheur"
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Posté par Sator à 19:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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