190213

Il y a un truc

En théorie tout le monde peut, à tout instant, s'éveiller. Si on retient cette terminologie, il semblerait que l'éveil spontané soit rare. Mais il est vrai que l'Eveil recherché et trouvé est rare également. C'est extraordinairement facile quand on sait faire le geste, (très, très facile, lumineux !), mais très difficile à mettre en place ; il y a un truc ! C'est vrai qu'il y a un truc ! Quand on est petit et qu'on apprend à monter à bicyclette, on se dit que, c'est impossible, qu'on ne tiendra jamais sur ce truc-là, impossible ! Et puis on essaie, on se casse la gueule un certain nombre de fois, et tout d'un coup on part sur son vélo. On a appris, on a compris. On ne sait pas expliquer ce que l'on a compris, c'est très difficile, mais tout à coup on sait monter à vélo. Là, on sait monter à Dieu, on sait monter à l'Eveil ; c'est pareil ; il y a un truc. Le tout est de donner le truc, ce n'est pas vraiment évident.

Stephen Jourdain

 

oiseaux

 

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230113

Témoignage d'éveil

Virgil Hervatin vit au Québec depuis 1960. Ignorant l’existence de toute dimension spirituelle, il connut un éveil en 1991. En quelques années, un nombre croissant de chercheurs sont venus le rencontrer. Il exhorte ses interlocuteurs à vire pleinement le présent, et les ramène toujours à eux-mêmes afin d’éviter tout attachement à sa personne.

Ce n’était pas une expérience ; c’est venu comme cela. Pour moi, ce n’était pas une expérience. Je ne m’attendais à rien. C’est arrivé spontanément, le matin. Je ne savais pas ce que c’était, mais c’était quelque chose de très grand, d’immense. Je n’avais jamais entendu parler d’une telle chose. C’était beau, très beau. C’était une joie. C’était quelque chose d’autre, quelque chose de formidable.

Y a-t-il eu des peurs qui ont surgi à ce moment-là ?

Non, non, absolument pas. C’était plutôt la joie : une joie énorme. Je me sentais partout à travers l’espace. Je pouvais sentir tout ce qui pouvait m’entourer, en dehors de la pièce, dans l’univers. C’était immense, beau. On ne peut pas le décrire, il faut le vivre. C’est difficile à exprimer.

Cela a duré plusieurs heures ?

Oui. Cela a duré de 5 h 45 jusqu’à environ 13 h.

Étiez-vous toujours seul durant ce temps ?

Au début j’étais seul, mais après un certain temps ma femme est venue. Mais j’étais toujours dans cet état, dans cette vibration très forte. Est-ce qu’il faut décrire toute cette chose ? Parce qu’il y avait beaucoup d’éléments ! Je ne peux pas décrire tous les phénomènes et ils ne sont pas importants. On ne peut pas vivre dans cet état dans la vie quotidienne habituelle ; c’est quelque chose d’extraordinaire.

Avez-vous ressenti quelque chose de différent dans votre corps ?

Oui, oui ! À l’intérieur, tout mon corps. J’avais vraiment l’impression que je n’étais pas seul, que je ne pouvais pas créer cette chose avec mon mental : c’est impossible ! Je me demandais : « Qu’est-ce qui m’arrive ? » L’énergie était telle que j’avais l’impression de ne pas toucher le sol. Je me sentais comme soulevé, léger, avec une vibration très forte. Et une joie ! Une joie ! Je pleurais de joie.

Et vous étiez bien, dans votre corps ?

Oh ! Très très bien. Super bien. Je sentais une joie énorme au plexus et au cœur. En quelques minutes tout mon corps était purifié. Durant les deux jours suivants, j’entendais une voix persistante me répéter de prendre soin de mon corps.

Quand cela vous est arrivé, compreniez-vous ce qui se passait ?

Non, je ne savais pas ce qui m’arrivait. Alors, je me disais que quelqu’un était avec moi à l’intérieur. Mais qui ? Auparavant, je n’avais aucune idée qu’il y avait un tel intérieur ! Quand j’ai vu ma femme, plus tard, je lui ai dit : « Paulette, le Seigneur est avec nous. » Elle m’a regardé avec étonnement, parce que jamais je ne parlais de cela : le Seigneur, Dieu. Je n’y croyais pas en ces choses.

Voyez-vous un élément qui aurait pu déclencher cette expérience ?

Rien. Sur le moment, lorsque je vivais cette expérience, je ne pouvais voir comment cela s’était déclenché ; je le vivais, simplement. Après, je me demandais…

Vous vous posiez parfois des questions auparavant ?

Jamais ! Je ne connaissais pas la vie spirituelle, je ne savais pas que cela existait.

Avez-vous eu envie de communiquer avec des gens alors ?

Oui, mais ça ne les intéressait pas. J’ai demandé à ma femme : « Est-ce que j’ai l’air différent des autres jours ? » Elle m’a répondu : « Non, tu es pareil, sauf que les yeux sont très brillants. »

Il fallait que je me touche souvent au plexus solaire, tellement c’était fort : ça me faisait pleurer. Je voyais toute cette souffrance dans les gens, je voyais en eux. Je les voyais pleurer en dedans, mais ils prétendaient que non. Mais c’est un phénomène ; ce n’est pas important.

Mais plus tard, quand Paulette a vu que vous étiez différent et que les gens commençaient à venir vous voir, comment réagissait-elle à ce moment ?

Elle était quelque peu contrariée de ce que cela m’arrivait à moi et pas à elle aussi. Plus tard, je lui ai dit : « Si tu crois que c’est le Christ ou un dieu qui est venu pour moi, il pouvait aussi t’inclure, qui était à côté de moi. Mais tu vois, cela n’a rien à voir avec l’extérieur ! »

Avez-vous rencontré de l’incompréhension ?

Oui, une grande incompréhension. Certaines personnes se sont éloignées de moi. En général, les gens sont attachés à l’aspect mondain de l’existence ou à ce qu’ils ont entendu sur l’Église et Dieu. On m’a demandé si j’étais dans ce genre d’état ; j’ai dit que non.

À partir de ce moment-là, vous viviez quelque chose de très différent. Votre vie devais être changée, peut-être pas extérieurement, mais intérieurement ?

Tout était changé ! Tout était beau, tout était magnifique. La création est belle et il n’y a aucune raison de se plaindre. Tout de suite après cette expérience, je suis sorti : j’observais les gens marcher ou conduire dans la rue et je voyais des automates. Un automate qui conduit un autre automate. Je les percevais très très soucieux. Je sentais leur souffrance à l’intérieur.

À la maison, il y avait une statuette fabriquée au Mexique. Ce matin-là, je la tenais dans mes mains et je pouvais voir là où elle avait été fabriquée, qui l’avait faite, comment, l’endroit exact, les gens qui avaient travaillé sur elle. J’ai pensé : « Mon Dieu ! Qu’est-ce qui m’arrive ? » Alors, il y a des phénomènes, mais on n’est plus dans la peur. Il y a bien des éléments, mais je ne peux pas les raconter.

Vu sur revue3emillenaire.org

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110113

Découvrez la porte vers l’éveil et le bonheur

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ZaChoeje Rinpoché est un Lama Tibétain enseignant aux Etats-Unis et en Nouvelle-Zélande. Dans la vidéo dont est extrait ce passage il présente un livre qu’il a co-écrit, « The Backdoor to Enlightment » (« La porte arrière vers l’éveil »).

Question : 
Cela va être un peu difficile d’expliquer tout cela avec des mots. Est-ce que vous pourriez parler un petit peu de comment trouver des repères intérieurs, des façons de juger ce qu’est l’éveil. Une fonction principale du mental est de nous empêcher de réaliser que nous sommes déjà éveillés. Personnellement, je médite régulièrement et je suis des pratiques Bouddhistes depuis quelques années. Plus je mets d’efforts dans ma pratique, plus j’ai des aperçus de ce qu’est l’éveil. Par contre quand j’arrête, je m’épuise avec l’impression que c’est impossible de rester éveillé. Je suis près de me laisser totalement conscient au moment présent, de vivre ce qu’il se passe au lieu de juger ce qui se passe. Est-ce que vous pourriez parler un petit peu de comment de votre expérience personnelle vous faites pour reconnaitre l’éveil, pour être parfaitement dans le moment présent ?

ZaChoeje Rinpoché :
Bouddha a dit : « vous ne pouvez pas créer l’éveil ». Il a également dit : « vous ne pouvez pas produire l’éveil ». Vous pouvez créer une idée de ce qu’est l’éveil, une construction mentale, une conception sur ce que serait l’éveil. Bouddha a également dit quelque chose qui va vous aider à comprendre : « Il n’y aucun chemin vers le bonheur, le bonheur en lui-même est le chemin. » Pensez à cela.
L’éveil est l’état ultime. Il n’y a aucun chemin vers lui, l’éveil en lui-même est le chemin. Vous pouvez être heureux sans aucune raison particulière mais le mental va créer cette idée de bonheur. Et c’est cette idée qu’on va poursuivre toute notre vie. Chaque fois que nous arrivons à être heureux, alors cela ne correspond pas à notre idée de ce qu’est le bonheur. Et nous voila reparti vers quelque chose d’autre.
Pour notre mental, l’herbe a toujours l’air plus verte chez le voisin. Quand on « poursuit » le bonheur, qu’on est à sa recherche, on le remet toujours entre les mains du futur ou alors du passé. On se dit : « Ce jour là, j’avais été si heureux et peut-être que dans le futur je serais à nouveau si heureux ». En faisant ainsi, on ne voit jamais le bonheur dans le moment présent tel que : « Suis-je heureux maintenant ? Est ce que je peux juste être heureux maintenant en ce moment précis ? »
Vous savez quelle est la réponse. Pouvez-vous être heureux juste maintenant. Je pense que la réponse est OUI, nous pouvons être heureux juste maintenant.
Et c’est là que notre mental donne des raisons, se demande pourquoi nous pouvons être heureux. On va faire une recherche intérieure pour cette raison et on obtiendra 1101 réponses nous trouvant pleins de raisons de ne pas être heureux juste maintenant. Et c’est juste notre mental qui le dit.
Le bonheur, l’éveil est quelque chose que l’on ressent sans aucune raison. Le bonheur que l’on vit sans aucune raison particulière est un bonheur pur et authentique. Le bonheur venant avec une raison, venant avec certaines conditions particulières n’est en fait pas le véritable bonheur.
Nous ne devrions pas attendre d’être heureux, nous devrions juste être heureux maintenant. C’est exactement comme le dit la publicité de Nike « just do it ! » (Fais-le !). Soyez juste heureux. Qui vous empêche d’être simplement heureux maintenant. Vous vous empêchez vous-même d’être heureux.
Nous passons toute notre vie à essayer d’être heureux et quand nous essayons d’être heureux, nous ne sommes jamais heureux. Voici un simple petit exemple, vous êtes assis en ce moment. Essayez de vous levez. Quand vous essayez de vous lever, vous êtes en fait toujours assis et non pas debout.
Quand vous essayez d’être heureux, vous n’êtes pas heureux. N’essayez pas d’être heureux, soyez juste simplement heureux. C’est la même chose concernant l’éveil, n’essayez pas d’atteindre l’éveil. Quand vous essayez, dans le fait d’essayer cela crée une tension, une lutte et ainsi vous n’êtes pas heureux. C’est pour cela que le bonheur n’est pas quelque chose que vous pouvez essayer, tout comme l’éveil. Libérez-vous simplement du fait d’essayer et laissez-vous expérimenter, ressentir l’éveil.
Je vais conclure cette question avec une petite histoire. Cette histoire vous aidera peut-être. 
Il y avait un homme dans un petit village, il servit les villageois, fit son travail et pensa alors qu’il voulait maintenant faire quelque chose pour lui. Il a alors pensé à la méditation et à dédier sa vie à la spiritualité. C’est alors qu’un maître est arrivé dans le village.
Il alla alors voir le maître pour lui expliquer qu’il a choisi de dédier sa vie à la spiritualité. Il lui demanda des instructions pour devenir un être éveillé, pour obtenir une réalisation spirituelle. Le maître fut ravi et lui donna des instructions, des techniques, des enseignements…..
L’homme était très heureux et alla dans une grotte pour pratiquer comme le maître le lui a expliqué. Et il essayait ainsi d’obtenir une réalisation spirituelle.
20 ans s’écoulèrent et rien ne se passa……
Il avait l’impression que tout était pareil depuis ses débuts. Il songea à arrêter un peu découragé puis le même maître qu’il avait rencontré 20 ans plus tôt apparu de nouveau dans son village. Il alla le voir. Il demanda au maître s’il se souvenait de lui. Le maître ne se souvenant plus très bien, il lui expliqua son histoire et leur rencontre 20 ans plus tôt quand il était venu lui demander des instructions. 
Il demanda alors au maitre : « j’ai pratiqué pendant 20 ans, j’ai utilisé vos instructions, vos techniques. Je suis toujours au même point. Est-ce que je fais quelques choses de façon incorrecte ?»
Le maître lui demanda de lui expliquer à nouveau les instructions pour lui rafraîchir la mémoire. Une fois que l’homme lui expliqua, le maître secoua la tête pour lui dire que les instructions sont complètement fausses.
L’homme fut naturellement déçu après avoir passé 20 ans à pratiquer avec des instructions fausses. Il repartit en réfléchissant à d’autres options pour sa vie puis comme il avait passé 20 ans à faire la même chose encore et encore, il n’avait pas vraiment d’autre choix que de continuer à faire encore la même chose.
Il retourna à sa grotte pour méditer. Il fit alors la même chose mais cette fois sans aucune attente particulière. A sa grande surprise, le jour suivant il atteignit l’état d’éveil.
Il alla voir le maître et lui dit « vos instructions n’étaient pas fausses, pourquoi m’avez-vous dit qu’elles étaient fausses ? »
Le maître lui répondit : « Parce que tu avais de grandes attentes pour devenir éveillé. Quand tu appliques mes techniques, tu crées une tension, une lutte. Tu fais cela avec un fort attachement. Quand je t’ai dit que tout était faux, tu l’as juste fais parce que tu aimais le faire, pas parce que tu voulais obtenir quelque chose de particulier. »
Voila le truc.

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Pourquoi « la porte arrière vers l’éveil » ? 
Parce que chacun peut atteindre l’éveil. Chacun peut vivre sa vie en utilisant tout son potentiel. Mais au travers de l’histoire, au travers des siècles, l’éveil fut interprété comme une sorte de récompense, d’accomplissement, une sorte de prix que vous pourriez obtenir seulement en faisant de nombreuses choses.
La porte principale vers l’éveil est pleine de barrières, pleine de règles et il y a de nombreuses listes de choses à faire. La métaphore utilisée avec le titre du livre « la porte arrière vers l’éveil » par rapport à « la porte principale vers l’éveil » est de dire que vous n’avez en fait pas à faire toutes ces choses. L’éveil est seulement quelque chose que vous pouvez réaliser. La réalisation joue un rôle très important. Par exemple, quand Bouddha a atteint l’état d’éveil, la première chose qu’il ait fait est de sourire, de rigoler. Plus tard ces disciples lui demanderont : « Pourquoi as-tu souri, pourquoi as-tu rigolé ? quand tu as atteint l’état d’éveil ? ».
Bouddha répondit : « J’ai cherché l’état d’éveil tout au long de cette vie et j’ai réalisé que tout était déjà là, j’étais assis dessus quand je l’ai enfin trouvé. » C’est comme réaliser ce que vous êtes.
C’est la même situation que nous avons par exemple dans notre vie quotidienne quand nous avons nos lunettes sur notre visage. Nous cherchons partout où elles sont. Nous cherchons alors dans tous les coins de la maison et puis par accident nos mains touchent les lunettes sur le visage. C’est toute l’histoire derrière l’éveil. Nous avons tous cet état d’éveil en nous. D’un point de vue Bouddhiste, nous appelons cela la nature de Bouddha. Cela signifie que nous avons ce potentiel pour devenir éveillé et nous n’avons pas à faire toutes ces choses. C’est comme être assis dans une pièce pleine de lumière en pensant que c’est sombre parce que vous avez fermé vos yeux. La seule chose que vous avez à faire est d’ouvrir vos yeux. Vous n’avez pas besoin de créer de la lumière dans cette pièce. Vous n’avez qu’à ouvrir vos yeux et voilà vous y êtes, vous êtes éveillé.
Ceci est la métaphore utilisé « la porte arrière de l’éveil ». Quand j’ai démarré ce livre avec ma co-auteure Ashley, c’est intéressant comme le livre a commencé par une question. La question est venue d’Ashley: « Si Bouddha a dit que tous les êtres vivants ont la nature de Bouddha alors pourquoi Bouddha a donné une longue liste de choses à faire pour atteindre l’éveil ? »
Je suis un moine Bouddhiste qui a étudié et grandi dans un monastère. Au début, cette question était un peu comme questionner ma foi dans le Bouddhisme tibétain. Nous avons tellement de choses à faire. Par exemple pour devenir éveillé, il ne suffit pas d’attendre seulement dans cette vie, mais des milliers de vies, parfois un nombre infini. Vous devez faire 100000 prosternations, vous devez réciter 100000 mantras « vajrasattva » où vous devez aller faire une retraite, pas seulement pour 3 trois ans, peut-être même 3 fois 3 ans.
Donc quand Ashley m’a posé cette question, si nous sommes tous éveillés par nature, pourquoi avoir toute cette liste de choses à faire pour atteindre l’éveil, c’est ainsi que l’on a démarré le livre et j’ai réfléchi à cette question. J’ai réalisé que du point de vue Bouddhiste, nous avons la nature du Bouddha et que l’éveil n’est pas un accomplissement, c’est une réalisation. Vous réalisez seulement ce que vous êtes et qui vous êtes. Quand vous réalisez cela, il n’y a plus besoin de faire quoi que ce soit d’autre.

(...)

Il y a différentes vertus de l’éveil d’un point de vue Bouddhiste. Il y a 6 vertus ou qualités de l’éveil qui vont dans ce sens d’un point de vue traditionnel :
La générosité, la moralité, la patience, la diligence (ou l’effort joyeux), la concentration et la sagesse.
Ces 6 vertus qui sont les qualités de l’éveil sont interprétées à la fois au niveau du chemin qui mène à l’éveil et au niveau du résultat.
J’ai fais des recherches par rapport à ce que j’avais étudié au monastère. J’interprète les 6 vertus d’un point de vue basique. Elles vont alors ainsi :
- La vertu de l’impermanence, c’est la générosité,
- La vertu de la liberté, c’est la moralité,
- La vertu de la causalité, c’est la patience,
- La vertu de l’intention, c’est la diligence,
- La vertu d’être, c’est la concentration,
- La vertu d’unité, c’est la sagesse.

Dans le livre, je consacre un chapitre à chacune de ces vertus mais avant cela il y a un chapitre que j’ai intitulé « ouvrir la porte arrière ». Comment pouvons-nous ouvrir cette porte ? Il s’agit de comprendre que notre vie est pleine de luttes, pleine de changements. La vie est ainsi et c’est le message que Bouddha nous a donné.
Après que Bouddha se soit éveillé, il n’a pas enseigné pendant 7 semaines. Après cela, il a commencé à enseigner à Vanarasi. Il avait 5 disciples, il allait donner ses profonds enseignements et dire qu’il avait atteint l’éveil. Et que maintenant il veut dire quelque chose au monde qui peut apporter des transformations, des changements et des réalisations spirituelles chez les autres. Ces enseignements sont appelés « les 4 nobles vérités ». Dans ces enseignements, les gens traduisent habituellement la première noble vérité comme la vérité de la souffrance.
Je ne la traduis pas comme la « vérité de la souffrance ». Ma traduction personnelle est « la vérité de la lutte, du changement ». En la traduisant ainsi, cela rend le message du Bouddha plus profond. Il disait c’est la vérité du changement?
Quand il a dit ça, qu’est qu’il voulait dire par là ?
La vie est pleine de changements, parfois nous interprétons l’éveil comme quelque chose : « être libre, séparé du changement, de tout ce qui arrive ». Mais en réalité l’éveil n’est pas devenir libre de tout ce qui peut arriver.
Ce que Bouddha voulait dire, c’est que la vie est pleine de luttes. La seule chose que vous pouvez faire est d’apprendre à rester en paix avec tous ces changements, toutes ces luttes. C’était le message de Bouddha.
Sa première phrase et la suite des enseignements qu’il a donné pendant plus de 40 ans était de rendre ce message clair.
Pensez à cela, la vie est pleines de luttes, de changements et aussi longtemps que vous serez en vie, vous ne pourrez pas vous libérer de cet état de fait même si vous devenez éveillé. J’utilise une phrase qui peut vous guider à la fin de mon livre : « Avant l’éveil, paye les factures, prépare le dîner. Après l’éveil, paye les factures, prépare le dîner. » C’est exactement comme le dit un dicton zen : « Avant l’éveil, coupe le bois et transporte l’eau. Après l’éveil, coupe le bois et transporte l’eau. »
Quand vous devenez éveillé, vous n’êtes pas libre d’engagements. Ce que vous êtes, c’est que vous apprenez comment rester en paix dans toutes les situations. C’est cela que Bouddha a trouvé. C’est ce qu’il a trouvé dans l’éveil, c’est sa réalisation.
Quand nous savons, quand nous restons totalement en paix dans un monde de changements, de luttes. En faite, nous sommes alors éveillés.
Donc qui lutte, qui se mets en travers du changement, en travers de ce qui. C’est nous qui luttons. C’est le premier chapitre du livre qui est intitulé « ouvrir la porte arrière ». Pour ouvrir cette porte, vous le faites en acceptant que la vie est le changement, que tout peut arriver. Peu importe ce que nous allons faire, cela sera toujours ainsi.
Par exemple quand nous avons faim, nous voulons manger, c’est une lutte. Quand nous avons soif, nous voulons de l’eau, c’est une lutte. Même quand vous êtes assis en ce moment, votre corps lutte, vos sentiments luttent, votre mental lutte. Chaque partie de votre être lutte. Si vous regardez les choses d’un point de vue plus élargit, notre planète bouge en permanence d’un espace vers un autre espace, c’est une lutte. Si vous regardez notre univers, il lutte.
Donc l’éveil est quand nous apprenons et que nous acceptons que tout lutte et que nous pouvons vivre avec cela. C’est la première étape, identifier les luttes dans notre vie. Quand nous faisons cela, qu’est ce qui se passe ?
En faisant ainsi, nous n’allons plus fantasmer sur l’éveil d’une façon irréaliste. Nous pouvons faire de l’éveil quelque chose de réel, pas quelque chose telle qu’un Comte de fée libre de « difficultés ». Nous avons souvent cette idée quand on pense à l’éveil. Certaines personnes vont même dire: « Je ne veux pas devenir éveillé parce que j’ai une famille, j’ai ceci, j’ai cela, etc. »
Nous pensons que l’éveil est une sorte de libération des luttent, que vous ignorez tout ce qui se passe dans le monde. Ce n’est pas cela l’éveil. Quand vous devenez éveillé, vous êtes en faite plus connecté avec le monde. C’est cela ouvrir la « porte arrière vers l’éveil ».
Après ce chapitre, j’ai écris le chapitre intitulé « la vertu de l’impermanence ». Quand nous pensons à l’impermanence, à quoi pensons-nous ?
Nous souhaitons en général ne pas penser à l’impermanence. Nous voulons éviter les moments de grand changement car notre mental va vers l’idée de la mort. Nous ne voulons pas y penser. En fait, il y a une vertu dans l’impermanence. Quand nous regardons notre vie, elle est pleine de complexité, elle est intéressante, elle est pleine de richesse, elle est pleine d’abondance PARCE QUE notre vie est impermanente.
Quand nous comprenons la nature impermanente de notre vie, nous savons alors combien notre vie est parfaite. Quand je conduisais pour venir ici, j’ai vu quelqu’un avec un gros autocollant sur sa voiture qui disait : « la vie est belle ». J’ai pensé à cela « la vie est belle ». C’est un peu comme dire que la vie est parfaite, c’est beau car c’est impermanent, ça change en permanence. Par exemple, à chaque instant tout notre être se transforme. Nous avons un nombre énorme d’expérience. Parfois c’est agréable, parfois c’est désagréable, parfois c’est neutre. Mais toutes ces expérience en regardant les choses d’un angle plus large, ce sont les vôtres.
Par exemple en ce moment même, vous ressentez quelque chose d’agréable, de désagréable. Peut-être que cela vous ennui de penser à l’éveil ! Ces expériences si vous les regardez vraiment de près sont les vôtres. Si vous ne les appréciez pas, si vous ne les ressentez pas. Alors cela sera perdu.
Les expériences que nous vivons, l’expérience que vous avez en ce moment même est en fait la première et la dernière expérience. Vous n’avez jamais vécu cela avant et vous ne le revivrez jamais à nouveau. Quelque soit l’expérience que nous avons en ce moment, c’est nouveau, c’est frais, c’est beau. Chaque instant est nouveau si on pense d’un point de vue de l’impermanence. Si vous comprenez la nature impermanente de la vie, regardez votre vie et voyez si la vie est belle ou non.
Vous allez voir votre vie comme très belle car elle est pleine de nouveautés, car tout change. Si nous vivons en ayant compris cela, alors nous n’avons pas à éviter l’impermanence, le changement et la mort. Quand nous arriverons à la fin de notre vie, nous nous dirons que nous avons bien profité de notre vie.
Nous pourrons nous dire : « J’ai vécu tellement d’expériences dans cette vie, j’étais conscient de cela donc qu’ai-je besoin de plus que cela ? » C’est la vertu de l’impermanence qui correspond au deuxième chapitre du livre.

Le prochain chapitre parle de la vertu de la liberté, c’est à dire de se libérer de toutes les constructions mentales que nous avons créé. Par exemple, l’idée de qui nous sommes. Nous sommes emportés par cette idée. Nous pensons être ce que nous pensons. Mais en faites, sommes-nous vraiment ce que nous pensons ? Sommes-nous juste l’idée que nous avons de nous-mêmes ?
Si vous vous mettez du point de vue de ce que vous êtes par rapport à l’idée de ce que vous êtes, l’idée appartient à ce que vous êtes, elle est en vous. Cela signifie que l’idée que vous avez de vous même n’est pas vraiment vous. C’est pour cela que lorsque vous comprenez que toutes les constructions mentales ne sont que des créations, vous êtes alors libre.
Nous avons construit l’idée de bien et de mal. En n’étant plus piégé dans ces constructions mentales, nous tendons vers la vertu de la liberté. Quand je parle de cette vertu, je la combine avec la vertu traditionnelle de la moralité.
Vous vous demandez peut-être quel est le lien entre moralité et liberté. Il y a en faite une grosse connexion entre les 2. Quand Bouddha a parlé pour la première fois de moralité, il a fais le vœu de la libération individuelle.
Vous libérer de quoi ? Vous libérer des constructions mentales. Par exemple, tuer est une activité nuisible. Avec l’idée habituelle de la moralité, ce que nous faisons est de nous retenir de tuer.
Le niveau de moralité ici n’est pas de se retenir, mais de se libérer de l’idée de tuer.
Quelle est la différence ici entre se libérer de l’idée de tuer et se retenir de tuer ? Quand vous êtes libre de l’idée de tuer, vous n’y pensez plus, vous n’avez pas à vous retenir. Vous ne pensez pas c’est bien ou c’est mal, vous n’êtes pas collé dans l’idée de bien ou de mal, vous êtes au delà de tout ça. C’est ce que signifie la vertu de la moralité.

Vu sur méditer pour être heureux.com 

180712

Tout ce qu'on veut, c'est rêver

La raison pour laquelle nous ne sommes pas des êtres éveillés est la paresse (Tendzin fit cette découverte dans sa grotte et elle y voit l'un des écueils principaux). Il n'y a pas d'autre raison. On ne se donne pas la peine de revenir au présent parce qu'on est trop fascinés par tous les jeux de l'esprit. Si l'on réfléchit réellement à ce que représente le renoncement, on constate que cela ne consiste pas seulement à renoncer aux choses extérieures comme l'argent, la maison, la famille. ça, c'est facile. Renoncer, c'est abandonner notre bavardage intérieur, c'est-à-dire ces chères pensées que nous aimons tant, tous ces souvenirs, espoirs, rêves et fantasmes. Renoncer à tout cela et demeurer nu dans le présent sont le vrai renoncement.
Le problème de fond, c'est qu'on veut et ne veut pas l'Éveil. De petites parcelles de nous désirent l'Éveil et ces petites parties ne sont rien d'autre que l'ego qui pense que ce serait si bien, si confortable et si agréable. Mais de là à tout laisser pour y aller carrément..! On peut le faire en un instant, mais on ne le fait pas, parce qu'on est trop paresseux. La peur et la léthargie nous arrêtent. La grande inertie de l'esprit. Et la pratique est là. Quiconque est engagé dans la voie bouddhiste sait cela. Alors pourquoi ne parvient-on pas à l'Éveil ? Nous ne devons nous en prendre qu'à nous-mêmes. Nous restons dans le samsara parce que nous trouvons toujours des prétextes. Il faudrait que nous nous réveillions vraiment ! Toute la voie bouddhiste consiste à s'éveiller. Mais le désir de continuer à dormir est si fort. En dépit de toutes nos allégations de vouloir parvenir à l'Éveil afin d'aider les êtres, on ne le veut pas vraiment. On aime surtout rêver.

Un ermitage dans la neige (vu chez Ipapy)

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100512

Quand je mange, je mange

Il y a bien longtemps, en Chine, un jeune moine demanda à son maître zen : « Qu’est-ce que l’éveil ? Comment est-ce pour vous ? » À quoi le maître répondit : Quand je mange, je mange. Quand je dors, je dors. »
On ne fait généralement guère attention à ce qu’on dit ou fait. On mange, sans vraiment manger ; on dort, sans vraiment dormir. Notre esprit est distrait, nos pensées partent dans tous les sens. On est souvent trop occupé à se lamenter sur le passé ou à s’y raccrocher, quand on n’est pas en train d’anticiper l’avenir ou de le redouter. Au lieu d’habiter pleinement son corps et de ressentir son vécu, on n’est qu’à demi conscients – dans les meilleurs cas. Pas complètement présents, à peine conscients. Pour preuve de ce triste état de choses, les bêtises et les aberrations qu’on commet en traversant l’existence comme en pilote automatique.
À force d’être si occupé et si pressé, on oublie de rester en contact avec ce qu’on est et ce qu’on fait. Si bien qu’on passe à côté de la beauté et de la tristesse, à côté de la réalité de sa vie, de sa texture particulière. On passe à côté de la vérité de ses expériences, d’instant en instant. Le manque de vigilance nous rend inattentif : on blesse les autres sans réfléchir, parfois même sans s’en apercevoir. Et l’on se fait soi-même du mal. On s’endort continuellement aux commandes de sa vie, risquant toutes sortes d’accidents physiques autant qu’affectifs.
Faute d’être pleinement conscients, on marche sur la fourmi, ou pire. On ne fait pas attention à son vécu dans l’immédiateté de l’instant présent et, quand enfin on lève le nez, on est déjà embarqué dans des relations personnelles désastreuses. Faute d’être attentif aux êtres qui nous sont chers, on se retrouve avec des enfants distants et des conjoints furieux. Le manque de vigilance et de conscience alerte a des répercussions dans tous les domaines, depuis les clés qu’on égare jusqu’aux vies qui dérapent. Conscience du présent et vigilance signifient savoir ce qu’on fait et ce qu’on dit. Contrairement aux apparences, il n’est pas facile de vivre pleinement le moment présent. Pas plus que de maintenir une conscience lucide et de rester vigilant.

Lama Surya Das, Éveillez le Bouddha qui est en vous

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010412

Zzzzzzzzz

Les hommes sont aussi négligents et inattentifs
dans leurs moments éveillés
de ce qui se passe autour d'eux
que pendant leur sommeil.
Les sots, bien qu'ils entendent,
sont comme des sourds ;
à eux l'adage suivant s'applique :
lorsqu'ils sont présents
ils sont absents.
Une personne ne devrait pas agir ou parler
comme si elle était endormie.
Les éveillés ont un monde en commun ;
ceux qui dorment ont chacun leur monde intime.

Héraclite

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