110313

...

Lorsque le pouvoir de l'amour surpassera

l'amour du pouvoir,

le monde connaîtra la paix.

Sri Chinmoy Ghose

 

Les anciens appels au chauvinisme racial, sexuel et religieux,

jusqu'à la ferveur nationaliste enragée, commencent à ne plus fonctionner.

Il se développe une nouvelle conscience qui voit la Terre comme

un organisme unique et qui reconnaît qu'un organisme

en guerre contre lui-même est condamné.

Carl Sagan

 

(Zeitgeist - Le film)

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251212

Un petit point bleu pâle

voyager

Cette image est une de celles que Voyager 1 a renvoyé en 1990. C'est celle de la Terre à 6,4 milliards de kilomètres. Carl Sagan l'avait prise comme point de départ pour une conférence à L'Université Cornell et qu'il avait commencé ainsi :

"C'est ici. C'est chez nous. C'est nous.
Sur ce point, tout ceux dont vous avez un jour entendu parler, chaque être humain qui a vécu, y a vécu toute sa vie.
La somme de toutes nos joies et de nos souffrances, des milliers de religions exclusivement véridiques, toutes les doctrines idéologiques et économiques, tous les chasseurs et les cueilleurs, tous les héros et les lâches, tous les créateurs et tous les destructeurs de civilisations, tous les rois et tous les paysans, tous les amoureux, tous les enfants, toutes les mères et tous les pères, tous les inventeurs, explorateurs, enseignants, tous les politiciens, qu'ils soient corrompus ou non, toutes les vedettes, tous les dirigeants suprêmes, tous les saints et tous les pécheurs de l'histoire de notre espèce, ont vécu là, sur un grain de poussière suspendu à un rayon de soleil.
La Terre est un tout petit théâtre dans la vaste fresque cosmique.
Pensez à toutes ces rivières de sang versées par ces généraux et ces empereurs afin que dans la gloire et le triomphe, ils deviennent pendant un instant les maîtres d'une fraction de ce grain de poussière.
Pensez aux cruautés sans fins infligées par les habitants d'un coin de ce point aux habitants d'un autre coin. Combien fréquent est l'incompréhension, combien sommes-nous désireux de nous entre-tuer, combien fervente est notre haine. Notre arrogance, l'importance que nous nous accordons, l'illusion que nous avons une place privilégiée dans l'univers sont confrontés à ce pâle point de lumière.
Notre planète est un point isolé dans la grande noirceur cosmique.
Dans cette obscurité - aussi vaste qu'elle soit - rien ne nous indique que nous obtiendrons une quelconque aide de l'extérieur pour nous sauver de nous-mêmes. Ceci nous appartient, et à nous seuls. Il a été dit que l'astronomie rend humble et j'ajoute qu'elle forme aussi le caractère.
En ce qui me concerne, il n'y a probablement pas de meilleure démonstration de la folie de l'humain que cette distante image de notre minuscule monde. Pour moi, cette image souligne notre responsabilité de traiter avec plus de gentillesse et plus de compassion chacun de nous et de préserver et chérir ce pâle point bleu, la seule demeure que nous ayons jamais eu."

Posté par Sator à 17:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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010611

Cosmos

Lorsqu'ils discutent de la structure à grande échelle du Cosmos, les astronomes aiment à dire que l'espace est courbe ou que le cosmos n'a pas de centre, ou que l'univers est fini mais sans limite. Qu'entendent-ils donc par là ?
Imaginons que nous vivions dans une étrange contrée où tous les habitants seraient parfaitement plats : le Flatland. là, certains d'entre nous sont des carrés, d'autres des triangles, d'autres ont des formes plus complexes. Nous entrons et sortons de nos maisons plates, préoccupés par nos affaires et nos idylles également bidimensionnelles. Chacun, dans le Flatland a une longueur et une largeur, mais pas de hauteur. Nous savons reconnaître la droite de la gauche, ce qui est devant et ce qui est derrière, mais nous n'avons pas la moindre idée de ce que peuvent signifier "en haut" et "en bas". les mathématiciens (plats) essaient bien de nous expliquer: "Ecoutez, c'est pourtant facile. Imaginez: droite, gauche, en avant, en arrière. Tout va bien jusqu'ici ? Bon, alors imaginez une autre dimension qui coupe à angle droit les deux autres."
Et nous répondons: "Mais de quoi êtes-vous en train de parler? A angle droit par rapport aux deux autres? Il n'existe que deux dimensions. Montrez-nous donc la troisième. Où se trouvent-elle ? " A ce point les mathématiciens démoralisés abandonnent la partie. Personne n'écoute les mathémati­ciens.(...)
Un jour, une créature à 3 dimensions – mettons qu’elle ait la forme d’une pomme -  arrive dans le Flatland, planant au dessus de ce qui l'entoure. Ayant remarqué un carré particulièrement sympathi­que qui entrait dans sa maison plate, la pomme décide, en un geste d'amitié interdimensionnelle, de le saluer.
"Comment allez-vous? demande le nouveau venu. Je suis un visiteur de la troisième dimension." Le pauvre carré fait le tour de sa maison fermée et ne voit personne. Pis encore, il a l'impression que ces salutations, qui pourtant lui viennent d'en haut, émanent de son propre corps (plat), comme une voix intérieure. Il fait preuve de cran, se rappelant peut-être qu'il y a un petit grain de folie héréditaire dans sa famille.
Exaspérée qu'on la prenne pour une aberration mentale, la pomme pénètre dans le Flatland, prouvant qu'une créature tridimensionnelle peut y exister, du moins partiellement, car on ne peut en voir qu'une section : les points de contact avec la surface plane du Flatland. Une pomme s'insérant dans le Flatland apparaîtrait tout d'abord comme un point s'agrandissant progressivement en une tranche à peu près circulaire. Le carré voit apparaître ce point dans une chambre fermée de son monde à deux dimensions, un point qui grossit lentement jusqu'à former une sorte de cercle. Une créature de forme étrange et changeante a surgi de nulle part.
Mortifiée, mécontente de trouver ces gens plats aussi obtus, la pomme envoie d'une pichenette le carré voleter et tournoyer en l'air, dans cette mystérieuse troisième dimension. Pour commencer, le carré ne comprend pas ce qui lui arrive et qui est sans commune mesure avec l'expérience qu'il peut avoir. Puis il finit par se rendre compte qu'il a du Flatland une vision privilégiée : plongeante. Il peut voir à l'intérieur des chambres fermées, à l'intérieur de ses concitoyens. Il contemple son univers d'un point de vue unique, incroyable... Du point de vue des autres habitants du Flatland, il a disparu, sans qu'on sache comment, d'une chambre fermée, et puis s'est matérialisé à partir de nulle part.
(...)
Si une créature quadridimensionnelle existait elle pourrait, dans notre univers tridimensionnel, se matérialiser et disparaître à volonté, changer considérablement de forme, nous arracher hors d'une pièce fermée à clef et nous faire ressurgir de nulle part. Elle pourrait aussi nous retourner comme un gant. Pour cela, différents moyens sont possibles. Le moins agréable aurait pour résultat d'exposer à l'extérieur nos viscères, tandis que le cosmos tout entier - galaxies, planètes, vraiment tout - serait au dedans de nous. Je ne suis pas sûr que cette idée me plaise.


Carl Sagan "Cosmos"

Posté par Sator à 20:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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