210915

Rencontre avec Jean-Marc Mantel

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270615

Veiller est tout

La clef qui nous rendra maître de la nature intérieure est rouillée depuis le déluge. 
Elle s'appelle: veiller. 
Veiller est tout. l'homme est fermement convaincu qu'il veille; mais en réalité, il est pris dans un filet de sommeil et de rêve qu'il a tissé lui-même. Plus ce filet est serré, plus puissant règne le sommeil. 
Ceux qui sont accrochés dans ses mailles sont les dormeurs qui marchent à travers la vie comme des troupeaux de bestiaux menés à l'abattoir, indifférents et sans pensée. 
Les rêveurs voient à travers les mailles un monde grillagé, ils n'aperçoivent que des ouvertures trompeuses, agissent en conséquence et ne savent pas que ces tableaux sont simplement les débris insensés d'un tout énorme. 
Ces rêveurs ne sont pas, comme tu le crois peut-être, les fantasques et les poètes; ce sont les travailleurs, les sans-repos du monde, ceux qui ronge la folie d'agir. Ils ressemblent à de vilains scarabées laborieux qui grimpent le long d'un tuyau lisse pour s'y engouffrer une fois en haut. Ils disent qu'ils veillent, mais ce qu'ils croient une vie n'est en réalité qu'un rêve déterminé à l'avance jusque dans ses détails et soustrait à l'influence de leur volonté. 
Il y a eu et il y a encore quelques hommes qui ont bien su qu'ils rêvaient, les pionniers qui se sont avancés jusqu'aux bastions derrière lesquels se cache le moi éternellement éveillé, des voyants comme Descartes, Schopenhauer, et Kant. 
Mais ils ne possédaient pas les armes nécessaires à la prise de la forteresse et leur appels au combat n'a pas éveillé les dormeurs. 
Veiller est tout. 
Le premier pas vers ce but est si simple que chaque enfant le peut faire. Seul celui qui a l'esprit faussé a oublié comment on marche et reste paralysé sur ses deux pieds, parce qu'il ne veut pas se passer des béquilles qu'il a hérité de ses prédécesseurs. 
Veiller est tout. 
Veille dans tout ce que tu fais! Ne te crois pas déjà éveillé. Non, tu dors et rêves. 
Rassemble toutes tes forces et fais ruisseler un instant dans ton corps ce sentiment: à présent je veille! 
Si cela te réussit, tu reconnaîtras aussitôt que l'état dans lequel tu te trouvais apparaît alors comme un assoupissement et un sommeil. 
C'est le premier pas hésitant du long, long voyage qui mène de la servitude à la toute-puissance. 
De cette façon avance d'éveil en éveil. 
Il n'existe pas de pensée tourmentante qu'ainsi tu ne puisses bannir. Elle reste en arrière et ne peut plus t'atteindre. Tu t'étends au-dessus d'elle comme la couronne d'un arbre s'élève au-dessus des branches sèches. 
Les douleurs s'éloignent de toi comme des feuilles mortes lorsque cette veille saisit également ton corps. 
Les bains glacés des Brahmanes, les nuits de veille des disciples de Bouddha et des ascètes chrétiens, les supplices des fakirs hindous ne sont pas autre chose que les rites figés indiquant que là s'élevait jadis le temple de ceux qui s'efforçaient de veiller. 
Lis les Ecritures saintes de tous les peuples de la terre. A travers chacune d'elles passe comme un fil rouge la science cachée de la veille. Elle est l'échelle de Jacob, qui combat toute la "nuit" avec l'ange du Seigneur, jusqu'à ce que le "jour" vienne et qu'il obtienne la victoire. 
Tu dois monter d'un échelon à l'autre du réveil, si tu veux vaincre la mort. 
L'échelon inférieur, déjà, s'appelle : génie. 
Comment devons-nous nommer les degrés supérieurs? 
Ils restent inconnus de la foule et sont tenus pour les légendes. 
L'histoire de Troie fut tenue pour une légende, jusqu'à ce qu'enfin un homme trouvât le courage de fouiller lui-même. 
Sur ce chemin de l'éveil, le premier ennemi que tu trouveras sera ton propre corps. Il luttera avec toi jusqu'au premier chant du coq. Mais si tu aperçois le jour de la veille éternelle qui t'éloigne des somnambules qui croient être des hommes et qui ignorent qu'ils sont des dieux endormis, alors le sommeil de ton corps disparaîtra aussi et l'univers te sera assujetti. 
Alors tu pourras opérer des miracles, si tu le veux, et tu ne seras plus astreint comme un humble esclave à attendre qu'un cruel faux dieu soit assez aimable pour te combler de présents ou te couper la tête. 
Naturellement le bonheur du bon chien fidèle - servir un maître - n'existera plus pour toi, mais sois franc envers toi-même : voudrais-tu, même maintenant, changer avec ton chien? 
Ne te laisse pas effrayer par la peur de ne pas atteindre le but dans cette vie. Celui qui a trouvé ce chemin revient toujours au monde avec une maturité intérieure qui lui rend possible la continuation de son travail. Il naît comme "génie". 
Le sentier que je te montre est semé d'événements étranges : des morts que tu a connus se lèveront et te parleront ! Ce ne sont que des images ! Des silhouettes lumineuses t'apparaîtront et te béniront. Ce ne sont que des images, des formes exaltées par ton corps qui, sous l'influence de ta volonté transformée, mourra d'une mort magique et deviendra esprit, comme la glace, atteinte par le feu, ce dissout en vapeur. 
Quand tu auras dépouillé en toi le cadavre alors seulement tu pourras dire : à présent le sommeil s'est éloigné de moi pour toujours. Alors sera accompli le miracle auquel les hommes ne peuvent croire, parce que, trompés par leurs sens, ils ne comprennent pas que matière et force sont la même chose, ni ce miracle que, même si on t'enterre, il n'y aura pas de cadavre dans le cercueil. 
Alors seulement tu pourras différencier ce qui est réalité ou apparence. Celui que tu rencontreras ne pourra être que l'un de ceux qui ont suivi le chemin avant toi. 
Tous les autres sont des ombres. 
Jusque-là tu ne sais pas si tu es la créature la plus heureuse ou la plus malheureuse. Mais ne crains rien. Pas un de ceux qui a pris le sentier de la veille, même s'il s'égara, n'a été abandonné par ses guides. 
Je veux te donner un signe auquel tu pourras reconnaître si une apparition est réalité ou bien image : si elle s'approche de toi, si ta conscience se trouble, si les choses du monde extérieur sont vagues ou disparaissent, méfie-toi. 
Sois sur tes gardes ! L'apparition n'est qu'une partie de toi-même. Si tu ne la comprends pas, c'est un spectre seulement, sans consistance, un voleur qui consomme une part de ta vie. 
Les voleurs qui prennent la force de l'âme sont plus mauvais que les voleurs du monde. Ils t'attirent comme des feux follets dans les marais d'une espérance trompeuse pour te laisser seul dans les ténèbres et disparaître à jamais. 
Ne te laisse aveugler par aucun miracle qu'ils paraissent faire pour toi, par aucun nom sacré qu'ils se donnent, par aucune prophétie qu'ils expriment, pas même si elle se réalise. Ils sont tes ennemis mortels, chassés de l'enfer de ton propre corps, et avec lesquels tu luttes pour la domination. 
Sache que les force merveilleuses qu'ils possèdent sont les tiennes propres détournées par eux pour te tenir dans l'esclavage. Ils ne peuvent pas vivre en dehors de ta vie, mais si tu les vaincs ils s'effondreront, outils muets et dociles que tu pourras employer selon tes besoins. 
Innombrables sont les victimes qu'ils ont faites parmi les hommes. Lis l'histoire des visionnaires et des sectaires et tu apprendras que le sentier que tu suis est jonché de crânes. 
Inconsciemment l'hummanité a dressé contre eux un mur : le matérialisme. Ce mur est une défense infaillible, elle est une image du corps mais elle est aussi un mur de prison qui masque la vue. 
Aujourd'hui ils sont dispersés et le phénix de la vie intérieure ressuscite de la cendre dans laquelle il a été couché longtemps comme mort, mais les vautours d'un autre monde commencent aussi à battre des ailes. C'est pourquoi prends garde. La balance sur laquelle tu poseras ta conscience te montrera quand tu peux avoir confiance en ces apparitions. Plus elle est éveillée, plus elle s'abaissera en ta faveur. 
Si un guide, un frère d'un autre monde spirituel, veut t'apparaître, il doit pouvoir le faire sans dépouiller ta conscience. Tu peux poser ta main sur son côté comme Thomas l'incrédule. 
Il serait facile d'éviter les apparitions et leurs dangers. Tu n'as qu'à te conduire comme un homme ordinaire. Mais qu'as-tu gagné par là ? Tu restes un prisonnier dans la geôle de ton corps jusqu'à ce que le bourreau "Mort" te conduise à l'échafaud. 
Le désir des mortels de voir les êtres surnaturels est un cri qui réveille même les fantômes des enfers parce qu'un tel désir n'est pas pur ; parce qu'il est avidité plutôt que désir, parce qu'il veut "prendre" d'une façon quelconque au lieu de crier pour apprendre à "donner". 
Tous ceux qui considèrent la terre comme une prison, tous les gens pieux qui implorent la délivrance, évoquent sans s'en rendre compte le monde des spectres. Fais-le aussi toi-même. Mais consciemment. 
Pour ceux qui le font inconsciemment, existe-t-il une main invisible qui puisse les sortir du marais dans lequel ils s'embourbent ? Moi, je ne le crois pas. 
Lorsque sur ta route de l'éveil tu traverseras le royaume des spectres tu reconnaîtras peu à peu qu'ils sont simplement des pensées que tu peux tout à coup voir de tes yeux. C'est pourquoi ils te sont étrangers et semblent être des créatures, car ce langage des formes est différent de celui du cerveau. 
Alors le moment est arrivé où la transformation s'accomplit : les hommes qui t'entourent deviendront des spectres. Tous ceux que tu as aimés seront tout à coup des larves. Même ton propre corps. 
On ne peut imaginer de plus terrible solitude que celle du pèlerin au désert, et qui ne sait pas y trouver la source vive meurt de soif. 
Tout ce que je te dis ici se trouve dans les livres des hommes pieux de tous les peuples: la venue d'un nouveau royaume, la veille, la victoire sur le corps et la solitude. 
Et cependant un abîme infranchissable nous sépare de ces gens pieux: ils croient que le jour approche où les bons entreront au paradis et les méchants seront jetés dans l'enfer. Nous savons qu'un temps viendra où beaucoup se réveilleront et seront séparés des dormeurs qui ne peuvent comprendre ce que signifie le mot veille. Nous savons qu'il n'existe pas le bon et le mauvais mais seulement le juste et le faux. Ils croient que veiller signifie garder ses sens lucides et ses yeux ouverts pendant la nuit, de façon que l'homme puisse faire ses prières. Nous savons que la veille est l'éveil du moi immortel et que l'insomnie du corps en est une conséquence naturelle. Ils croient que le corps devrait être négligé et méprisé parce qu'il est pécheur. Nous savons qu'il n'y a pas de péché; le corps est le commencement de notre oeuvre et nous sommes descendus sur terre pour le transformer en esprit. Ils croient que nous devrions vivre dans la solitude avec notre corps pour purifier l'esprit. Nous savons que notre esprit doit aller d'abord dans la solitude pour transfigurer le corps. 
A toi seul reste le choix du chemin à prendre : ou le nôtre ou le leur. Tu dois agir selon ta propre volonté. 
Je n'ai pas le droit de te conseiller. Il est plus salutaire de cueillir selon ta propre décision un fruit amer sur un arbre que de voir pendre un fruit doux conseillé par autrui. 
Mais ne fais pas comme beaucoup qui savent qu'il est écrit : examinez tout et ne conservez que le meilleur. Il faut aller, ne rien examiner et retenir la première chose venue. 

Gustav Meyrink

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010414

L'ange dans l'arbre

Tout ce qui apparaît dans la conscience n’est rien d’autre que conscience, vos collègues de bureau, les clients, vos supérieurs, absolument tout, y compris les locaux, les meubles et le matériel. Comprenez-le d’abord intellectuellement, et vérifiez ensuite qu’il en est bien ainsi. 
Il vient un moment où ce sentiment d’intimité, cet espace de bienveillance autour de vous ne vous quitte plus ; vous vous trouvez partout chez vous, même dans la salle d’attente bondée d’une gare. Vous ne le quittez que lorsque vous allez dans le passé ou dans le futur. 
Ne restez pas dans la hutte (Francis fait référence à une question précédente dans laquelle il avait comparé la perception d’un corps limité dans lequel nous croyons être à « rester dans une hutte misérable »), cette immensité vous attend ici-même, en cet instant même. Informé de sa présence et ayant goûté déjà une fois à l’harmonie sous-jacente des choses, laissez les perceptions du monde extérieur et vos sensations corporelles se déployer librement dans votre attention bienveillante jusqu’au moment où l’arrière-plan de plénitude se révèle spontanément.

Ce renversement de perspective est analogue à celui qui permet de reconnaître soudainement une figure angélique dans l’arbre d’une de ces gravures qui faisaient la joie des enfants du début du XXème siècle.
D’abord, nous ne voyons que l’arbre, puis, informé par un message au bas de l’image qu’un ange s’y cache, nous procédons à un examen minutieux du feuillage, jusqu’au moment où nous voyons enfin l’ange qui avait toujours été devant nos yeux.
L’important est de savoir qu’il y a un ange, où il se cache, et d’avoir expérimenté au moins une fois le processus au cours duquel l’arbre se désobjectivise progressivement jusqu’au moment où les lignes de la gravure qui en constituaient la substance apparaissent en tant que telles et se recomposent pour nous livrer le secret de l’image.
La voie ayant été frayée, les renversements ultérieurs de perspective sont de plus en plus aisés jusqu’au moment où nous voyons pour ainsi dire simultanément l’arbre et l’ange.

De manière similaire, une fois notre nature profonde re-connue, les distinctions résiduelles entre ignorance et éveil s’estompent progressivement pour céder la place à l’ainséité (caractère de ce qui est ainsi, tel qu’il est, en réalité) fondamentale de l’être.

Bien que ce changement puisse paraître minime au début, c’est une révolution aux conséquences insoupçonnables et infinies.
Si vous acceptez honnêtement la possibilité que l’arbre soit en fait un ange, l’ange se révèlera à vous et votre vie deviendra magique.

Francis Lucille - Extrait de « Le sens des choses »

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210114

Illuminer le quotidien

Quoi que vous fassiez, faites-le avec une profonde vigilance ; alors même les petites chose deviennent sacrées.
Faire la cuisine ou nettoyer devient sacrés ; cela devient une adoration. L'important n'est pas ce que vous faites, mais comment vous le faites.
Vous pouvez nettoyer le sol comme un robot, mécaniquement ; vous devez le nettoyer, alors vous le faites. Mais vous passez à côté de quelque chose de très beau. Vous gaspillez ces instants en vous contentant de le nettoyer. Nettoyer le sol aurait pu être une grande expérience ; vous êtes passé à côté. Le sol est nettoyé mais quelque chose qui aurait pu se passer en vous ne s'est pas passé. Si vous aviez été conscient, non seulement le sol aurait été nettoyé, mais vous auriez ressenti une profonde purification. Nettoyez le sol en pleine conscience, lumineux de conscience.
Travaillez, restez assis, ou marchez, mais maintenez ce fil continu : faites que des moments de votre vie de plus en plus nombreux deviennent lumineux de conscience. Que la flamme de la conscience brûle à chaque instant, dans chaque acte.
L'illumination, c'est leur effet cumulatif. Tous ces moments mis ensemble, toutes ces petites flammes rassemblées, deviennent une grande source de lumière.

Osho (" Qu’est-ce que la méditation ? ")

 

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190114

Soyez la présence qui perçoit

(...)
Soyez la présence qui perçoit plutôt que la personne qui perçoit. Par exemple, vous pourriez regarder dans cette pièce, si vous êtes un praticien avancé de la conscience, vous pourriez regarder dans cette pièce, la saisir entièrement, sentir la présence qui rend possible la perception, sans rien nommer mentalement. Il n’y a que la conscience spacieuse, des perceptions à travers la conscience spacieuse. C’est une pratique spirituelle étonnante : des perceptions à travers la conscience spacieuse plutôt que le voile des jugements mentaux. "Bon ou mauvais", ce sont toujours des jugements mentaux. Cela en soi est une pratique.
Vous pouvez le faire continuellement où que vous soyez. Vous avez un moment, pourquoi ne pas pratiquer la perception à travers la conscience spacieuse. Ce pourrait être une perception auditive. La perception visuelle est bien sûr la perception principale pour la plupart des humains. Donc, vous pouvez sentir une présence ou une conscience et il y a la perception sensorielle. La conscience est la lumière, non pas la lumière visuelle, la lumière de la conscience qui rend possible la perception.
Sans la conscience qui perçoit cette pièce, cette pièce ne serait qu’atomes et molécules flottant dans l’espace, parce que ce n’est rien d’autre. Ce ne serait pas un théâtre merveilleux du XIXe siècle. Ce seraient des atomes et des molécules en train de flotter, mais il y a ici une lumière de… - Le monde est créé par cette perception consciente. . . . Et c’est une pratique magnifique qui vous libère aussi continuellement du fait d’être enfermés dans la petite personnalité.
Donc, au lieu de fonctionner continuellement en tant que petite personnalité, toujours reliée aux choses à travers les yeux de la petite personnalité conditionnée, vous percevez les choses à travers la dimension transcendante de la conscience et vous devenez la lumière du monde, ce qui est bien sûr essentiellement le sans-forme qui regarde les formes qu’il a créées lui-même. Je recommande donc vivement cette pratique de perception à travers la conscience spacieuse. Cela requiert bien sûr une certaine vigilance et cette vigilance est ce qu’elle est déjà.
Soit vous êtes vraiment capables de regarder dans la pièce pendant une ou deux minutes sans l’ingérence des pensées, soit vous pouvez ne regarder que trois ou quatre secondes, c’est très bien, ça n’a pas d’importance. C’est intemporel dans tous les cas. C’est la dimension intemporelle de la conscience. Donc, trois ou quatre secondes, c’est excellent, ça suffit. Et à mesure que vous pratiquez pendant des temps plus longs, vous pouvez être la conscience. Et un jour, vous pouvez entrer dans un magasin, regarder le vendeur et pendant cinq secondes, il n’y a pas la moindre pensée et vous dites ce que vous avez à dire, puis vous retournez simplement à la conscience.
En étant en relation avec toute personne, en rencontrant les autres, soyez la conscience plutôt que la personne. Vous êtes donc deux, pourrait-on dire, l’identité en tant que forme avec le mental qui est conditionnée par le passé et la dimension intemporelle de la conscience. Et parfois, il ne s’agit pas nécessairement d’être l’une ou l’autre bien que cela arrive aussi. La plupart des gens ne sont toujours que la personne, inconscients de la conscience. Il peut aussi arriver que vous passiez du temps dans la conscience au lieu de penser ou avec peu de pensées. Mais les deux arrivent principalement ensemble de sorte que quand vous vous mettez à penser, l’espace demeure. Même en pensant, il y a toujours le sentiment de la présence à l’arrière-plan.
(...)

Eckhart Tolle
(l'intégralité de la conférence ici)

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160114

Sortir du stress par l’attention

 

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Arrêter la chasse aux pensées
Le tigre est aux aguets. Ses muscles se tendent. Son attention se resserre. Il guette ses proies. Il choisit une gazelle qui semble plus faible que les autres, et se focalise sur elle uniquement, reléguant le reste du troupeau à l’arrière-plan. Lorsque la chasse commence, il ne court plus qu’après ce seul animal, oubliant tout le reste. Une fois son but atteint, l’attention du tigre repu se relâche et les animaux qui passent à sa portée non pas plus d’importance pour lui que le paysage qui l’environne. Nous empruntons ce détour par une scène de la vie animale pour parler aujourd’hui d’un problème de santé publique dans les sociétés occidentales : le stress. Le stress est un état de tension intérieure, qui prend une forme aussi bien physique que mentale et se manifeste par toutes sortes de désagréments, agitation, douleurs chroniques, anxiété généralisée, troubles du sommeil, de l’alimentation, et surtout troubles des capacités d’attention. Ce tableau clinique, bien connu des médecins et des psychologues, mais aussi de monsieur tout-le-monde car il en souffre directement, n’est pas une fatalité. Le monde moderne va en ce sens, et nous bombarde d’informations, de stimuli en tout genre, et nous contraint à suivre une vitesse croissante dans le traitement de ces informations. Certains peuvent le déplorer, mais le ressort de cet état de fait collectif est le plaisir que l’on peut ressentir à être ainsi soumis à une pression grandissante, sommé de réagir, dans une tension certes douloureuse mais qui fait se sentir vivant, « au taquet » dit-on. Nous adorons sentir notre esprit comme un tigre en chasse… Mais l’animal, parfois plus sage que l’homme, sait quand il faut s’arrêter et une fois son objectif à court terme rempli, il passe à un autre mode attentionnel. Cela, les hommes ne savent plus le faire. Ils courent sans cesse après leurs pensées, leurs préoccupations, leurs obligations professionnelles ou sociales, entre le téléphone mobile et internet, entre la télévision et les divertissements, comme autant de stimulations accaparantes. Nous en sommes venus au point d’être des handicapés de l’attention, prisonniers du stress, qui fait des ravages, causant un grand nombre de maladies et de dépressions réactionnelles. Mais en sortir est possible : par l’attention.

L’attention n’est pas la concentration
D’abord, qu’est-ce que l’attention ? La méditation, au premier chef, nous l’apprend. Il s’agit d’y développer un sens de pleine présence, d’ouverture consciente. Ce n’est pas l’attention coincée du « fais attention ! » mais une présence d’esprit plus large et précise à la fois. L’attention est le vrai secret de la pratique de la méditation par où la vie change, les choses s’ouvrent. Ce secret est connu des pratiquants bouddhistes, mais commence à trouver écho hors de la sphère de la spiritualité. La médecine occidentale commence à s’en nourrir. En France, la vague arrive, pour preuve le Nouvel Observateur a fait sa une de couverture sur la méditation comme nouvelle forme thérapeutique. L’approche mindfulness développée par Jon Kabat-Zinn en est un exemple éminent, de même que l’Open-Focus du psychologue américain Les Fehmi.
Ce dernier explore dans son livre La pleine conscience (Belfond, 2010) une découverte simple mais féconde : l’attention, et surtout la manière que nous avons de prêter attention est au cœur de notre esprit et de notre manière d’être au monde. « La maîtrise de l’attention conduit à des changements (…) sur la totalité du système nerveux, sur les muscles, le corps, la force morale et l’esprit dans son ensemble » Nous ne connaissons encore qu’imparfaitement les ressources de l’esprit, et nous restons fixés sur une dimension étroite de l’attention, comparable à la concentration, à la focalisation (focus) sur un objectif unique, au détriment d’autres dimensions plus ouvertes et intégratives. Fehmi recense les richesses qui sont nôtres à ce niveau et distingue quatre formes d’attention : étroite, diffuse, objective et immergée.
Pour Les Fehmi, de nombreux problèmes peuvent être résolus en changeant simplement de mode d’attention. Il s’agit d’équilibrer entre les quatre types et retrouver une balance plus juste. L’esprit n’a pas à se limiter ainsi, obnubilé par la performance de ce qui est à faire sur l’instant, mais il connaît souplesse et plasticité, permettant de faire rentrer dans le champ de la conscience toutes les nuances de l’expérience qu’une visée étroite exclue pour plus d’efficacité. La visée ouverte préconisée par la méthode Open-Focus est un mode d’attention qui admet à la fois la visée étroite (concentration) et la visée diffuse (perception élargie), les invitant à cohabiter pour une attention plus pleine et une vie plus unifiée.

Attention ouverte
« Attention veut dire "être à l’affût" et non regarder "quelque chose". Ce qui implique un processus de vivacité intelligente et non pas l’action mécanique d’observer bêtement ce qui arrive. » écrit Trungpa Rinpoché dans Le Cœur du sujet. Il ne renverse pas ici la perspective, car cela se réfère plutôt au tigre attentif, ouvert, avant qu’il n’engage sa course effrénée et manque toutes les possibilités qui s’offrent à lui. L’esprit ressemble alors plutôt à l’image traditionnelle du porc qui mange tout ce qui traîne sur son chemin et fonce droit devant sans discrimination, sans intelligence. Ce type de focalisation sur « quelque chose » n’est pas souhaitable, car cela nous fait perdre l’ouverture, la présence, ou ce que Thich Nhat Hanh nomme la pleine conscience. Il est crucial de voir comment l’attention fonctionne, et le travail de Les Fehmi peut y aider par sa précision scientifique qui sépare et analyse les modes attentionnels. Après tout, il n’y a pas à faire de l’attention une idole, quelque chose d’intouchable dans un domaine séparé de la vie, loin des préoccupations quotidiennes. Ce n’est rien de particulier, rien de plus naturel en un sens, si seulement nous ne l’avions oublié avec tant de force. La méditation ouvre des capacités présentes chez tout être humain, mais perdues. Ce n’est pas un exercice spirituel en tant que tel, mais il s’agit d’y ouvrir un rapport au monde que notre éducation nous a fait oublier.

Prêter attention transforme
Toutefois il ne faudrait pas confondre les domaines. La méditation est une révolution quant à notre être entier. Ce n’est pas un outil technique de développement personnel mais un nouveau rapport à l’entièreté de ce qui est. C’est l’appel de la liberté qu’apporte l’attention ouverte. Entendue ainsi, il n’y a pas de contradiction entre les approches psychologiques ou médicales de l’attention et la voie du Bouddha. L’enseignant bouddhiste Fabrice Midal en atteste : « Quelque chose œuvre en vous par la méditation, qui n’est pas de l’ordre de la pensée, la saisie y est impossible. La méditation vous transforme indépendamment de ce que vous voulez. Votre vie change, mais nous ne décidez pas dans quelle direction. Une sagesse plus grande œuvre en vous, par le fait même que vous portez attention. » Prêter attention transforme de soi-même. Les Fehmi va en ce sens lorsqu’il écrit « Chacun a la capacité de rééquilibrer et de guérir son système nerveux pour mettre fin à ses problèmes, soulager sa souffrance, ralentir son rythme de vie tout en accomplissant davantage de choses, vivre plus en profondeur, optimiser ses fonctions physiques et mentales et améliorer radicalement sa vie quotidienne. Comment ? La réponse est simple, elle est à la portée de tous. Il s’agit de changer sa façon de faire attention. »

Nicolas d'Inca
sur Psychologie et Méditation

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160713

Présent !

Lorsque vous vous sentez inquiets, pris par l'inquiétude, que faire ? Que faites-vous d'habitude lorsque l'inquiétude est là ? Vous essayez de la résoudre. Vous essayez des alternatives et vous vous y enfoncez de plus en plus. Vous créerez un plus grand désordre parce que l'inquiétude ne peut pas être résolue par la pensée. Elle ne peut pas être dissoute par la pensée parce que la pensée elle-même est une sorte d'inquiétude.

Cette technique dit : ne faites rien avec l'inquiétude. Soyez simplement vigilant ! Je vais vous raconter une vieille anecdote à propos de Bokuju, un autre maître Zen.
Il vivait seul dans une grotte, mais pendant la journée ou même pendant la nuit, il disait et parfois fort : "Bokuju !" (son propre nom) et il disait ensuite: "oui, je suis ici." Et personne d'autre n'était là. Alors ses disciples avaient coutume de lui demander : "Pourquoi appelez-vous "Bokuju", votre propre nom et ensuite énoncez: "Oui, je suis ici ?"

Il dit : "Chaque fois que je me mets à penser, je dois me rappeler d'être vigilant et donc j'appelle mon propre nom: "Bokuju". Au moment où j'appelle "Bokuju" et que je dis : "Oui, je suis ici," la pensée, l'inquiétude disparaît."
Puis vers la fin de sa vie, pendant deux ou trois ans, il n'a jamais plus appelé : "Bokuju" et n'a jamais plus répondu : "Oui, je suis ici."
Les disciples ont demandé: "Maître, maintenant vous ne le faites plus jamais."
Alors il a dit : "Mais maintenant Bokuju est toujours là. Il est toujours là et il n'y a plus besoin. Avant j'avais l'habitude de le manquer. Parfois l'inquiétude me prenait, m'enveloppait complètement et Bokuju n'était pas là. Aussi, je devais me rappeler: "Bokuju" et l'inquiétude disparaissait."

Essayez avec votre nom. Lorsque vous sentez une angoisse, appelez simplement votre nom - ou n'importe quel autre nom, mais votre nom - et répondez-y ensuite, "Oui, je suis ici" et sentez la différence. L'inquiétude ne sera pas là.
Au moins pendant un petit moment, vous aurez une lueur au-delà du flou et cette lueur peut être approfondie.
Une fois que vous savez que si vous devenez alerte, l'inquiétude n'est plus là, elle disparaît ; vous êtes parvenu à une profonde connaissance de votre propre être et du mécanisme du travail intérieur.

Osho « The Book of Secrets »


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250213

Libérer l’action : la démarche du « rien que »

Libérons et densifions nos actes, pour leur permettre de n’être « rien que » ce qu’ils sont : rien que manger (sans lire ni écouter la radio), rien que marcher (sans téléphoner, sans anticiper, sans réfléchir), rien qu’écouter (sans préparer ses réponses ni juger ce qu’on nous a dit). Malgré les apparences, le «rien que» est suprêmement difficile : nous avons souvent la tentation de faire plusieurs choses en même temps. En vrai : manger en lisant, ou marcher en téléphonant. Ou dans notre tête : faire quelque chose en pensant à autre chose (prendre sa douche en pensant à sa journée de travail !) Du coup, on fait tout en pleine absence et non en pleine conscience.
La pleine conscience préconise une hygiène de l’action simple, non pas permanente mais régulière : elle recommande de prendre, chaque semaine, un repas en pleine conscience (en silence, sans lecture, ni radio, ni discussion). Ou de pratiquer souvent une marche en pleine conscience : tout doucement, tout lentement, marcher en sentant que notre corps marche, qu’il marche dans un environnement que nous accueillons en nous, dans un océan de sensations dont nous sentons le frottement sur notre être. Marcher pour marcher. Sans rouspéter, sans s’empresser, juste laver la vaisselle et sortir la poubelle : mais en pleine conscience...

« Méditer, jour après jour », de Christophe André

 

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050213

Méditer ou pas

La méditation est toujours reliée à votre attention. Diriger son attention, c’est le début et la partie essentielle de chaque méditation revient à savoir où se trouve votre attention. Maintenant, l’attention de la plupart des gens est continuellement absorbée dans l’activité mentale. C’est très habituel. C’est si envahissant pour beaucoup de gens que la méditation ne les intéresserait pas. Ils peuvent même n’en avoir jamais entendu parler. Cela ne fait pas partie de leur réalité. Ils sont tellement absorbés dans le flot des pensées qui jaillit continuellement que rien d’autre n’existe pour eux et qu’ils ne recherchent rien, parce qu’en dehors des pensées qui émergent sans cesse, ils ne savent pas, il n’y a rien d’autre. Ils sont tellement identifiés qu’à part les pensées, il n’y a personne là. Ils ne savent pas qu’il y a une dimension plus profonde. Elle est obscurcie, complètement obscurcie.
Nous pouvons dire que ces gens sont piégés dans leur ego, parce que l’ego veut dire l’identification complète avec le flot des pensées, ce qui investit le flot des pensées d’un sentiment de soi. Il en est ainsi parce que vous vous identifiez avec chaque pensée qui émerge et ce sentiment de soi est l’ego, le faux soi, le conditionnement humain normal. Et souvent, c’est seulement en vivant de cette façon qui crée de plus en plus de malheur qu’à un certain point, le malheur Ou le stress, soit vous rend malades, soit suffit en lui-même à créer tant de tension que quelque chose se produit, et c’est le bon côté de la souffrance ou du malheur. À un certain point, il y a alors un léger éveil. Il y a une petite fissure dans la densité égoïque, la coquille de l’ego.

Eckhart Tolle "Méditer ou pas"
transcription en entier sur 
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Posté par Sator à 11:31 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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