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 « Ceci étant, cela est »

 

Bouddha

 

 

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Découvrez la porte vers l’éveil et le bonheur

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ZaChoeje Rinpoché est un Lama Tibétain enseignant aux Etats-Unis et en Nouvelle-Zélande. Dans la vidéo dont est extrait ce passage il présente un livre qu’il a co-écrit, « The Backdoor to Enlightment » (« La porte arrière vers l’éveil »).

Question : 
Cela va être un peu difficile d’expliquer tout cela avec des mots. Est-ce que vous pourriez parler un petit peu de comment trouver des repères intérieurs, des façons de juger ce qu’est l’éveil. Une fonction principale du mental est de nous empêcher de réaliser que nous sommes déjà éveillés. Personnellement, je médite régulièrement et je suis des pratiques Bouddhistes depuis quelques années. Plus je mets d’efforts dans ma pratique, plus j’ai des aperçus de ce qu’est l’éveil. Par contre quand j’arrête, je m’épuise avec l’impression que c’est impossible de rester éveillé. Je suis près de me laisser totalement conscient au moment présent, de vivre ce qu’il se passe au lieu de juger ce qui se passe. Est-ce que vous pourriez parler un petit peu de comment de votre expérience personnelle vous faites pour reconnaitre l’éveil, pour être parfaitement dans le moment présent ?

ZaChoeje Rinpoché :
Bouddha a dit : « vous ne pouvez pas créer l’éveil ». Il a également dit : « vous ne pouvez pas produire l’éveil ». Vous pouvez créer une idée de ce qu’est l’éveil, une construction mentale, une conception sur ce que serait l’éveil. Bouddha a également dit quelque chose qui va vous aider à comprendre : « Il n’y aucun chemin vers le bonheur, le bonheur en lui-même est le chemin. » Pensez à cela.
L’éveil est l’état ultime. Il n’y a aucun chemin vers lui, l’éveil en lui-même est le chemin. Vous pouvez être heureux sans aucune raison particulière mais le mental va créer cette idée de bonheur. Et c’est cette idée qu’on va poursuivre toute notre vie. Chaque fois que nous arrivons à être heureux, alors cela ne correspond pas à notre idée de ce qu’est le bonheur. Et nous voila reparti vers quelque chose d’autre.
Pour notre mental, l’herbe a toujours l’air plus verte chez le voisin. Quand on « poursuit » le bonheur, qu’on est à sa recherche, on le remet toujours entre les mains du futur ou alors du passé. On se dit : « Ce jour là, j’avais été si heureux et peut-être que dans le futur je serais à nouveau si heureux ». En faisant ainsi, on ne voit jamais le bonheur dans le moment présent tel que : « Suis-je heureux maintenant ? Est ce que je peux juste être heureux maintenant en ce moment précis ? »
Vous savez quelle est la réponse. Pouvez-vous être heureux juste maintenant. Je pense que la réponse est OUI, nous pouvons être heureux juste maintenant.
Et c’est là que notre mental donne des raisons, se demande pourquoi nous pouvons être heureux. On va faire une recherche intérieure pour cette raison et on obtiendra 1101 réponses nous trouvant pleins de raisons de ne pas être heureux juste maintenant. Et c’est juste notre mental qui le dit.
Le bonheur, l’éveil est quelque chose que l’on ressent sans aucune raison. Le bonheur que l’on vit sans aucune raison particulière est un bonheur pur et authentique. Le bonheur venant avec une raison, venant avec certaines conditions particulières n’est en fait pas le véritable bonheur.
Nous ne devrions pas attendre d’être heureux, nous devrions juste être heureux maintenant. C’est exactement comme le dit la publicité de Nike « just do it ! » (Fais-le !). Soyez juste heureux. Qui vous empêche d’être simplement heureux maintenant. Vous vous empêchez vous-même d’être heureux.
Nous passons toute notre vie à essayer d’être heureux et quand nous essayons d’être heureux, nous ne sommes jamais heureux. Voici un simple petit exemple, vous êtes assis en ce moment. Essayez de vous levez. Quand vous essayez de vous lever, vous êtes en fait toujours assis et non pas debout.
Quand vous essayez d’être heureux, vous n’êtes pas heureux. N’essayez pas d’être heureux, soyez juste simplement heureux. C’est la même chose concernant l’éveil, n’essayez pas d’atteindre l’éveil. Quand vous essayez, dans le fait d’essayer cela crée une tension, une lutte et ainsi vous n’êtes pas heureux. C’est pour cela que le bonheur n’est pas quelque chose que vous pouvez essayer, tout comme l’éveil. Libérez-vous simplement du fait d’essayer et laissez-vous expérimenter, ressentir l’éveil.
Je vais conclure cette question avec une petite histoire. Cette histoire vous aidera peut-être. 
Il y avait un homme dans un petit village, il servit les villageois, fit son travail et pensa alors qu’il voulait maintenant faire quelque chose pour lui. Il a alors pensé à la méditation et à dédier sa vie à la spiritualité. C’est alors qu’un maître est arrivé dans le village.
Il alla alors voir le maître pour lui expliquer qu’il a choisi de dédier sa vie à la spiritualité. Il lui demanda des instructions pour devenir un être éveillé, pour obtenir une réalisation spirituelle. Le maître fut ravi et lui donna des instructions, des techniques, des enseignements…..
L’homme était très heureux et alla dans une grotte pour pratiquer comme le maître le lui a expliqué. Et il essayait ainsi d’obtenir une réalisation spirituelle.
20 ans s’écoulèrent et rien ne se passa……
Il avait l’impression que tout était pareil depuis ses débuts. Il songea à arrêter un peu découragé puis le même maître qu’il avait rencontré 20 ans plus tôt apparu de nouveau dans son village. Il alla le voir. Il demanda au maître s’il se souvenait de lui. Le maître ne se souvenant plus très bien, il lui expliqua son histoire et leur rencontre 20 ans plus tôt quand il était venu lui demander des instructions. 
Il demanda alors au maitre : « j’ai pratiqué pendant 20 ans, j’ai utilisé vos instructions, vos techniques. Je suis toujours au même point. Est-ce que je fais quelques choses de façon incorrecte ?»
Le maître lui demanda de lui expliquer à nouveau les instructions pour lui rafraîchir la mémoire. Une fois que l’homme lui expliqua, le maître secoua la tête pour lui dire que les instructions sont complètement fausses.
L’homme fut naturellement déçu après avoir passé 20 ans à pratiquer avec des instructions fausses. Il repartit en réfléchissant à d’autres options pour sa vie puis comme il avait passé 20 ans à faire la même chose encore et encore, il n’avait pas vraiment d’autre choix que de continuer à faire encore la même chose.
Il retourna à sa grotte pour méditer. Il fit alors la même chose mais cette fois sans aucune attente particulière. A sa grande surprise, le jour suivant il atteignit l’état d’éveil.
Il alla voir le maître et lui dit « vos instructions n’étaient pas fausses, pourquoi m’avez-vous dit qu’elles étaient fausses ? »
Le maître lui répondit : « Parce que tu avais de grandes attentes pour devenir éveillé. Quand tu appliques mes techniques, tu crées une tension, une lutte. Tu fais cela avec un fort attachement. Quand je t’ai dit que tout était faux, tu l’as juste fais parce que tu aimais le faire, pas parce que tu voulais obtenir quelque chose de particulier. »
Voila le truc.

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Pourquoi « la porte arrière vers l’éveil » ? 
Parce que chacun peut atteindre l’éveil. Chacun peut vivre sa vie en utilisant tout son potentiel. Mais au travers de l’histoire, au travers des siècles, l’éveil fut interprété comme une sorte de récompense, d’accomplissement, une sorte de prix que vous pourriez obtenir seulement en faisant de nombreuses choses.
La porte principale vers l’éveil est pleine de barrières, pleine de règles et il y a de nombreuses listes de choses à faire. La métaphore utilisée avec le titre du livre « la porte arrière vers l’éveil » par rapport à « la porte principale vers l’éveil » est de dire que vous n’avez en fait pas à faire toutes ces choses. L’éveil est seulement quelque chose que vous pouvez réaliser. La réalisation joue un rôle très important. Par exemple, quand Bouddha a atteint l’état d’éveil, la première chose qu’il ait fait est de sourire, de rigoler. Plus tard ces disciples lui demanderont : « Pourquoi as-tu souri, pourquoi as-tu rigolé ? quand tu as atteint l’état d’éveil ? ».
Bouddha répondit : « J’ai cherché l’état d’éveil tout au long de cette vie et j’ai réalisé que tout était déjà là, j’étais assis dessus quand je l’ai enfin trouvé. » C’est comme réaliser ce que vous êtes.
C’est la même situation que nous avons par exemple dans notre vie quotidienne quand nous avons nos lunettes sur notre visage. Nous cherchons partout où elles sont. Nous cherchons alors dans tous les coins de la maison et puis par accident nos mains touchent les lunettes sur le visage. C’est toute l’histoire derrière l’éveil. Nous avons tous cet état d’éveil en nous. D’un point de vue Bouddhiste, nous appelons cela la nature de Bouddha. Cela signifie que nous avons ce potentiel pour devenir éveillé et nous n’avons pas à faire toutes ces choses. C’est comme être assis dans une pièce pleine de lumière en pensant que c’est sombre parce que vous avez fermé vos yeux. La seule chose que vous avez à faire est d’ouvrir vos yeux. Vous n’avez pas besoin de créer de la lumière dans cette pièce. Vous n’avez qu’à ouvrir vos yeux et voilà vous y êtes, vous êtes éveillé.
Ceci est la métaphore utilisé « la porte arrière de l’éveil ». Quand j’ai démarré ce livre avec ma co-auteure Ashley, c’est intéressant comme le livre a commencé par une question. La question est venue d’Ashley: « Si Bouddha a dit que tous les êtres vivants ont la nature de Bouddha alors pourquoi Bouddha a donné une longue liste de choses à faire pour atteindre l’éveil ? »
Je suis un moine Bouddhiste qui a étudié et grandi dans un monastère. Au début, cette question était un peu comme questionner ma foi dans le Bouddhisme tibétain. Nous avons tellement de choses à faire. Par exemple pour devenir éveillé, il ne suffit pas d’attendre seulement dans cette vie, mais des milliers de vies, parfois un nombre infini. Vous devez faire 100000 prosternations, vous devez réciter 100000 mantras « vajrasattva » où vous devez aller faire une retraite, pas seulement pour 3 trois ans, peut-être même 3 fois 3 ans.
Donc quand Ashley m’a posé cette question, si nous sommes tous éveillés par nature, pourquoi avoir toute cette liste de choses à faire pour atteindre l’éveil, c’est ainsi que l’on a démarré le livre et j’ai réfléchi à cette question. J’ai réalisé que du point de vue Bouddhiste, nous avons la nature du Bouddha et que l’éveil n’est pas un accomplissement, c’est une réalisation. Vous réalisez seulement ce que vous êtes et qui vous êtes. Quand vous réalisez cela, il n’y a plus besoin de faire quoi que ce soit d’autre.

(...)

Il y a différentes vertus de l’éveil d’un point de vue Bouddhiste. Il y a 6 vertus ou qualités de l’éveil qui vont dans ce sens d’un point de vue traditionnel :
La générosité, la moralité, la patience, la diligence (ou l’effort joyeux), la concentration et la sagesse.
Ces 6 vertus qui sont les qualités de l’éveil sont interprétées à la fois au niveau du chemin qui mène à l’éveil et au niveau du résultat.
J’ai fais des recherches par rapport à ce que j’avais étudié au monastère. J’interprète les 6 vertus d’un point de vue basique. Elles vont alors ainsi :
- La vertu de l’impermanence, c’est la générosité,
- La vertu de la liberté, c’est la moralité,
- La vertu de la causalité, c’est la patience,
- La vertu de l’intention, c’est la diligence,
- La vertu d’être, c’est la concentration,
- La vertu d’unité, c’est la sagesse.

Dans le livre, je consacre un chapitre à chacune de ces vertus mais avant cela il y a un chapitre que j’ai intitulé « ouvrir la porte arrière ». Comment pouvons-nous ouvrir cette porte ? Il s’agit de comprendre que notre vie est pleine de luttes, pleine de changements. La vie est ainsi et c’est le message que Bouddha nous a donné.
Après que Bouddha se soit éveillé, il n’a pas enseigné pendant 7 semaines. Après cela, il a commencé à enseigner à Vanarasi. Il avait 5 disciples, il allait donner ses profonds enseignements et dire qu’il avait atteint l’éveil. Et que maintenant il veut dire quelque chose au monde qui peut apporter des transformations, des changements et des réalisations spirituelles chez les autres. Ces enseignements sont appelés « les 4 nobles vérités ». Dans ces enseignements, les gens traduisent habituellement la première noble vérité comme la vérité de la souffrance.
Je ne la traduis pas comme la « vérité de la souffrance ». Ma traduction personnelle est « la vérité de la lutte, du changement ». En la traduisant ainsi, cela rend le message du Bouddha plus profond. Il disait c’est la vérité du changement?
Quand il a dit ça, qu’est qu’il voulait dire par là ?
La vie est pleine de changements, parfois nous interprétons l’éveil comme quelque chose : « être libre, séparé du changement, de tout ce qui arrive ». Mais en réalité l’éveil n’est pas devenir libre de tout ce qui peut arriver.
Ce que Bouddha voulait dire, c’est que la vie est pleine de luttes. La seule chose que vous pouvez faire est d’apprendre à rester en paix avec tous ces changements, toutes ces luttes. C’était le message de Bouddha.
Sa première phrase et la suite des enseignements qu’il a donné pendant plus de 40 ans était de rendre ce message clair.
Pensez à cela, la vie est pleines de luttes, de changements et aussi longtemps que vous serez en vie, vous ne pourrez pas vous libérer de cet état de fait même si vous devenez éveillé. J’utilise une phrase qui peut vous guider à la fin de mon livre : « Avant l’éveil, paye les factures, prépare le dîner. Après l’éveil, paye les factures, prépare le dîner. » C’est exactement comme le dit un dicton zen : « Avant l’éveil, coupe le bois et transporte l’eau. Après l’éveil, coupe le bois et transporte l’eau. »
Quand vous devenez éveillé, vous n’êtes pas libre d’engagements. Ce que vous êtes, c’est que vous apprenez comment rester en paix dans toutes les situations. C’est cela que Bouddha a trouvé. C’est ce qu’il a trouvé dans l’éveil, c’est sa réalisation.
Quand nous savons, quand nous restons totalement en paix dans un monde de changements, de luttes. En faite, nous sommes alors éveillés.
Donc qui lutte, qui se mets en travers du changement, en travers de ce qui. C’est nous qui luttons. C’est le premier chapitre du livre qui est intitulé « ouvrir la porte arrière ». Pour ouvrir cette porte, vous le faites en acceptant que la vie est le changement, que tout peut arriver. Peu importe ce que nous allons faire, cela sera toujours ainsi.
Par exemple quand nous avons faim, nous voulons manger, c’est une lutte. Quand nous avons soif, nous voulons de l’eau, c’est une lutte. Même quand vous êtes assis en ce moment, votre corps lutte, vos sentiments luttent, votre mental lutte. Chaque partie de votre être lutte. Si vous regardez les choses d’un point de vue plus élargit, notre planète bouge en permanence d’un espace vers un autre espace, c’est une lutte. Si vous regardez notre univers, il lutte.
Donc l’éveil est quand nous apprenons et que nous acceptons que tout lutte et que nous pouvons vivre avec cela. C’est la première étape, identifier les luttes dans notre vie. Quand nous faisons cela, qu’est ce qui se passe ?
En faisant ainsi, nous n’allons plus fantasmer sur l’éveil d’une façon irréaliste. Nous pouvons faire de l’éveil quelque chose de réel, pas quelque chose telle qu’un Comte de fée libre de « difficultés ». Nous avons souvent cette idée quand on pense à l’éveil. Certaines personnes vont même dire: « Je ne veux pas devenir éveillé parce que j’ai une famille, j’ai ceci, j’ai cela, etc. »
Nous pensons que l’éveil est une sorte de libération des luttent, que vous ignorez tout ce qui se passe dans le monde. Ce n’est pas cela l’éveil. Quand vous devenez éveillé, vous êtes en faite plus connecté avec le monde. C’est cela ouvrir la « porte arrière vers l’éveil ».
Après ce chapitre, j’ai écris le chapitre intitulé « la vertu de l’impermanence ». Quand nous pensons à l’impermanence, à quoi pensons-nous ?
Nous souhaitons en général ne pas penser à l’impermanence. Nous voulons éviter les moments de grand changement car notre mental va vers l’idée de la mort. Nous ne voulons pas y penser. En fait, il y a une vertu dans l’impermanence. Quand nous regardons notre vie, elle est pleine de complexité, elle est intéressante, elle est pleine de richesse, elle est pleine d’abondance PARCE QUE notre vie est impermanente.
Quand nous comprenons la nature impermanente de notre vie, nous savons alors combien notre vie est parfaite. Quand je conduisais pour venir ici, j’ai vu quelqu’un avec un gros autocollant sur sa voiture qui disait : « la vie est belle ». J’ai pensé à cela « la vie est belle ». C’est un peu comme dire que la vie est parfaite, c’est beau car c’est impermanent, ça change en permanence. Par exemple, à chaque instant tout notre être se transforme. Nous avons un nombre énorme d’expérience. Parfois c’est agréable, parfois c’est désagréable, parfois c’est neutre. Mais toutes ces expérience en regardant les choses d’un angle plus large, ce sont les vôtres.
Par exemple en ce moment même, vous ressentez quelque chose d’agréable, de désagréable. Peut-être que cela vous ennui de penser à l’éveil ! Ces expériences si vous les regardez vraiment de près sont les vôtres. Si vous ne les appréciez pas, si vous ne les ressentez pas. Alors cela sera perdu.
Les expériences que nous vivons, l’expérience que vous avez en ce moment même est en fait la première et la dernière expérience. Vous n’avez jamais vécu cela avant et vous ne le revivrez jamais à nouveau. Quelque soit l’expérience que nous avons en ce moment, c’est nouveau, c’est frais, c’est beau. Chaque instant est nouveau si on pense d’un point de vue de l’impermanence. Si vous comprenez la nature impermanente de la vie, regardez votre vie et voyez si la vie est belle ou non.
Vous allez voir votre vie comme très belle car elle est pleine de nouveautés, car tout change. Si nous vivons en ayant compris cela, alors nous n’avons pas à éviter l’impermanence, le changement et la mort. Quand nous arriverons à la fin de notre vie, nous nous dirons que nous avons bien profité de notre vie.
Nous pourrons nous dire : « J’ai vécu tellement d’expériences dans cette vie, j’étais conscient de cela donc qu’ai-je besoin de plus que cela ? » C’est la vertu de l’impermanence qui correspond au deuxième chapitre du livre.

Le prochain chapitre parle de la vertu de la liberté, c’est à dire de se libérer de toutes les constructions mentales que nous avons créé. Par exemple, l’idée de qui nous sommes. Nous sommes emportés par cette idée. Nous pensons être ce que nous pensons. Mais en faites, sommes-nous vraiment ce que nous pensons ? Sommes-nous juste l’idée que nous avons de nous-mêmes ?
Si vous vous mettez du point de vue de ce que vous êtes par rapport à l’idée de ce que vous êtes, l’idée appartient à ce que vous êtes, elle est en vous. Cela signifie que l’idée que vous avez de vous même n’est pas vraiment vous. C’est pour cela que lorsque vous comprenez que toutes les constructions mentales ne sont que des créations, vous êtes alors libre.
Nous avons construit l’idée de bien et de mal. En n’étant plus piégé dans ces constructions mentales, nous tendons vers la vertu de la liberté. Quand je parle de cette vertu, je la combine avec la vertu traditionnelle de la moralité.
Vous vous demandez peut-être quel est le lien entre moralité et liberté. Il y a en faite une grosse connexion entre les 2. Quand Bouddha a parlé pour la première fois de moralité, il a fais le vœu de la libération individuelle.
Vous libérer de quoi ? Vous libérer des constructions mentales. Par exemple, tuer est une activité nuisible. Avec l’idée habituelle de la moralité, ce que nous faisons est de nous retenir de tuer.
Le niveau de moralité ici n’est pas de se retenir, mais de se libérer de l’idée de tuer.
Quelle est la différence ici entre se libérer de l’idée de tuer et se retenir de tuer ? Quand vous êtes libre de l’idée de tuer, vous n’y pensez plus, vous n’avez pas à vous retenir. Vous ne pensez pas c’est bien ou c’est mal, vous n’êtes pas collé dans l’idée de bien ou de mal, vous êtes au delà de tout ça. C’est ce que signifie la vertu de la moralité.

Vu sur méditer pour être heureux.com 

070712

Albert a dit

Un être humain fait partie du tout que nous appelons "l'univers", une partie limitée dans le temps et dans l'espace. Il se perçoit, avec ses pensées et ses sentiments, comme quelque chose de distinct du reste, un genre d'illusion d'optique de la conscience. Cette illusion est une sorte de prison pour nous, car elle nous limite à nos désirs personnels et à ne chérir que quelques personnes qui nous sont proches. Notre tâche doit consister à nous libérer de cette prison en élargissant notre cercle de compassion de façon à y inclure toutes les créatures vivantes et toute la nature dans sa beauté.

Albert Einstein

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190512

Histoire de cellules

La cellule moyenne vit rarement plus d'un mois, mais il y a des exceptions notables. Les cellules du foie peuvent survivre des années, bien que leurs compo­sants puissent se renouveler toutes les semaines. Les cellules cérébrales durent aussi longtemps que vous. Vous en avez une centaine de milliards à la naissance et vous n'en aurez jamais davantage. On a estimé que vous en perdez 500 à l'heure, de sorte que si vous avez à réfle­chir sérieusement, il n'y a pas une seconde à perdre. La bonne nouvelle, c'est que tous les composants de vos cellules cérébrales sont constamment renouvelés, de sorte que, comme les cellules du foie, aucune d'elles ne risque d'avoir plus d'un mois. On dit parfois qu'il n'y a pas un fragment de nous - pas une seule molécule - qui ait fait partie de nous voici neuf ans. Cela n'y paraît pas, mais au niveau cellulaire, nous sommes tous des gamins.

Bill Bryson "Une histoire de tout, ou presque..."

220412

L'infini dans la paume de la main

Matthieu Ricard :
Le mot interdépendance est une traduction du mot sanskrit pratitya samutpada qui signifie « être par co-emergence» et peut s'interpréter de deux façons complementaires. La premiere est « ceci surgit parce que cela est », ce qui revient à dire que les choses existent d'une certaine façon mais que rien n'existe en soi. La deuxieme est « ceci, ayant été produit, produit cela », ce qui signifie que rien ne peut être sa propre cause. En d'autres termes, tout est d'une façon ou d'une autre interdépendant avec le monde.
Une chose ne peut surgir que parce qu'elle est reliée, conditionnée et conditionnante, co-presente et co-opérante, et en transformation continuelle. L'interdépen­dance est intimement liée à l'impermanence des phénomenes et fournit un modèle de transformation qui n'implique pas l'intervention d'une entité organisa­trice. L'interdépendance explique aussi ce que le boud­dhisme entend par la vacuité des phénomènes, une vacuité qui signifie absence de « réalité » intrinsèque.
(...)
Une autre façon de définir l'idée d'interdépendance est résumée par le mot « tantra », qui indique une notion de continuité et « le fait que tout soit lié en un ensemble, tel que rien ne puisse venir séparement».

Ironiquement, bien que l'idée d'interdépendance mine la notion de réalité autonome, c'est également elle qui permet la manifestation des phénomènes. Con­sidérons la notion d'une entité qui existerait indépen­damment de toutes les autres. Immuable et autonome, cette entité ne pourrait agir sur rien et rien ne pourrait agir sur elle. L'interdépendance est nécessaire a la manifestation des phénomènes.
Cet argument réfute tout aussi bien la notion de par­ticules autonomes qui construiraient la matière, que celle d'une entité créatrice qui n'aurait aucune autre cause qu'elle-même. De plus, cette interdépendance inclut naturellement la conscience : un objet dépend d'un sujet pour être objet. Schroedinger avait remarqué ce probleme lorsqu'il écrivait : « Sans en être cons­cients, nous excluons le Sujet de la Connaissance du domaine de la nature que nous entreprenons de com­prendre. Entrainant la personne que nous sommes avec nous, nous reculons d'un pas pour endosser le role d'un spectateur n'appartenant pas au monde, lequel par là même devient un monde objectifé. »
L'interdépendance, c'est encore celle des relations entre les parties et le tout : les parties participent du tout, et le tout est présent dans les parties.
(...)
La notion d'interdépendance nous pousse à remettre
fondamentalement en cause notre perception du monde et à avoir continuellement recours à cette nouvelle per­ception pour réduire nos attachements, nos peurs et nos aversions. La compréhension de l'interdépendance doit mettre à bas le mur illusoire que notre esprit a dressé entre « moi » et « autrui ». Elle rend absurdes l'orgueil, la jalousie, l'avidité, la malveillance. Si non seulement toutes les choses inertes, mais tous les êtres sont reliés, nous devons nous sentir intimement concernés par le bonheur et la souffrance des autres. Vouloir construire son bonheur sur la souffrance d'autrui est non seule­ment amoral, mais irréaliste. Les sentiments d'amour universel (défini dans le bouddhisme comme le désir que tous les êtres connaissent le bonheur et les causes du bonheur) et de compassion (le désir que tous les êtres soient délivrés de la souffrance et des causes de la souffrance) sont des conséquences directes de l'in­terdépendance. Prendre conscience de l'interdépen­dance engendre ainsi un processus de transformation intérieure qui se poursuivra tout au long du chemin de l'Eveil spirituel. Sinon, ne pas mettre nos connaissan­ces en pratique, c'est ressembler à un musicien sourd ou au nageur qui meurt de soif par crainte de se noyer en buvant.

Trinh Xuan Thuan :
Interdépendance des phénomènes = responsabilité universelle. Quelle belle équation ! Elle fait echo à
ces paroles d'Einstein : « L'être humain est une partie du tout que nous appelons univers, une partie limitée par le temps et l'espace. II fait l'experience de lui­ même, de ses pensées et de ses sentiments comme des événements séparés du reste, c'est là une sorte d'illu­sion d'optique de sa conscience. Cette illusion est une forme de prison pour nous, car elle nous restreint à nos désirs personnels et nous contraint à réserver notre affection aux quelques personnes qui sont les plus proches de nous. Notre tâche devrait consister à nous libérer de cette prison en élargissant notre cercle de compassion de manière à y inclure toutes les créatures vivantes et toute la nature dans sa beauté. »

M.R. :
Un point important que nous devons garder à l'esprit concernant l'interdépendance est qu'elle n'est pas une

simple interaction entre les phénomènes, mais la condition même de leur manifestation.

T.X.T. :
Heisenberg rejoint cette notion lorsqu'il écrit :
« Le monde apparait donc comme un tissu complexe d'événements, dans lequel des relations de diverses sortes alternent, se superposent ou se combinent, déter­minant par là la trame de l'ensemble. » Que l'interde­pendance soit la loi fondamentale, je ne peux qu'etre d'accord. Mais la science ne sait pas encore la décrire.
Mais même si les scientifiques ont du mal a saisir toute l'ampleur de l'interdépendance, ils n'ont pas de mal à constater toutes sortes d'interconnections dans notre monde. L'interconnection cosmique du big bang par exemple. Nous sommes tous faits des produits de l'explosion primordiale. Les atomes d'hydrogène et d'hélium qui constituent 98 % de la masse totale de la matière ordinaire dans l'univers ont été fabriqués pen­dant les trois premières minutes de son existence. Les atomes d'hydrogène de l'eau des océans ou de notre corps proviennent tous de cette soupe primordiale. Nous partageons donc tous la même généalogie. Quant aux élements lourds qui sont essentiels à la complexite et à l'emergence de la vie et constituent les 2 % res­tants de la matière de l'univers, ils sont le produit de l'alchimie nucléaire au coeur des étoiles, et de l'explo­sion des supernovae.
Nous sommes tous faits de poussière d'étoiles. Frères des bètes sauvages et cousins des fleurs des champs, nous portons tous en nous l'histoire cos­mique. Le simple acte de respirer nous relie à tous les êtres qui ont vécu sur le globe. Par exemple, nous inha­lons encore aujourd'hui des millions de noyaux d'ato­mes partis en fumée lors du supplice de Jeanne d'Arc en 1431, et quelques molécules provenant du dernier souffle de Jules César. Quand un organisme vivant meurt et se décompose, ses atomes sont libérés dans l' environnement, puis intégrés dans d'autres organis­mes. Nos corps contiennent environ un milliard d'ato­mes qui ont appartenu à l'arbre sous lequel le Bouddha a atteint l'Eveil.

Matthieu Ricard et Trinh Xuan Thuan : "L'infini dans la paume de la main".

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180412

impermanence

"Toutes ces joies, toutes ces peines sont comme de continuels dessins sur l'eau. Pourquoi courir après elles ? S'il vous faut absolument penser à quelque chose, examinez de quelle manière tout ce qui est réuni se disperse et tout ce qui est accompli se défait".

Guialtsé Thogmé Zangpo

170412

vacuité

Imaginons une vague à la surface de la mer. Vue sous un certain angle, elle semble avoir une existence distincte, un début et une fin, une naissance et une mort. Perçue sous un autre angle, la vague n'existe pas réellement en elle-même, elle est seulement le comportement de l'eau, "vide" d'une identité séparée mais "pleine" d'eau. Si nous réfléchissons sérieusement à la vague, nous en venons à réaliser que c'est un phénomène rendu temporairement possible par le vent et l'eau, qui dépend d'un ensemble de circonstances en constante fluctuation. Nous apercevons également que chaque vague est reliée à toutes les autres. Si nous y regardons de près, rien ne possède d'existence intrinsèque. C'est cette absence d'existence indépendante que nous appelons "vacuité".
En pratiquant dans le but de réaliser la vacuité, il faut faire attention à ne pas tomber dansl'éternalisme- rien n'existe alors je peux tout faire. Une compréhension de l'impermanence permet de ne pas tomber dans l'éternalisme.
Aussi, Il faut éviter le nihilisme et ne rien faire du tout - si rien n'existe alors pourquoi chercher. En soit, les objets qui se manifestent devant nous existent mais seulement dans notre mental, par le biais de nos sens. En finalité, ils n'ont pas d'existence, mais dans la réalité courante (celle de notre mental), ils existent. Nous ne sommes pas encore des bouddhas (êtres éveillés) et devons êtres soumis à notre mental.

http://www.renaissance65.fr/la_vacuite.html

040611

La force du Bouddhisme

L'interdépendance (...) a été enseignée par le Bouddha lui-même, plus particulièrement dans l'Avatamsaka-Sûtra. Impossible, nous dit ce Sûtra, de trouver un objet qui soit sans rapport avec tous les autres. Un maître contemporain du Zen, Tchich Nhat Hanh, dans un recueil de textes récents, prend comme exemple une feuille de papier. Sans même parler du stylo et de l'encre, tout a un rapport avec cette feuille de papier. Elle est faite d'éléments non-papier. Si nous renvoyons tous ces éléments à leur source, la fibre au bois, le bois à la forêt, la forêt au bûcheron, le bûcheron à son père et à sa mêre, et ainsi de suite, nous constatons qu'en réalité la feuille de papier est vide. Elle n'a pas de soi séparé. Elle est faite de tous les éléments non-soi, non-papier.
(...)
D'un autre côté les physiciens nous assurent que notre matière (c.a.d. les particules) ne meurt pas, ne peut pas mourir. Nos particules se recomposent en d'autres corps, végétaux, animaux et autres, qui à leur tour pourrons connaître ce que nous appelons la mort. Et le nombre de ces particules est si élevé - nous disent, et même nous démontrent les scientifiques - qu'à chaque respiration nous inspirons quelques particules de Socrate, de son vêtement, des oignons qu'il mangeait, et non seulement de Socrate et de Jules César, mais de tous les millions et millions d'anonymes qui ont marché sur cette Terre, composés de la même matière élémentaire qui passe inlassablement de l'un à l'autre...
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Nous disons que l'esprit s'illusionne lui-même, à chaque instant, dans la perception sommaire qu'il a du monde. Et que cette perception erronée doit nécessairement être corrigée, à moins de choisir de vivre dans l'erreur. Nous disons que notre agitation naturelle nous égare, qu'aucune relation véritable ne peut être établie avec le monde si nous ne parvenons pas à la paix de l'esprit.
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Las de leur existence médiocre et inutile, des oiseaux s'élancent à la recherche de leur roi mythique qui s'appelle Simorgh. La plupart, fatigués, déçus ou séduits par les surprises du voyages et les idoles qu'ils rencontrent, s'arrêtent en route. Un petit groupes d'oiseaux opiniâtres, conduit par la huppe, franchissent les déserts et les septs vallées d'émerveillement et de terreurs. Epuisés, les ailes brûlées, ils parviennent enfin en présence de l'oiseau roi.
Cent rideaux s'écartent, une vive lumière brille, mais ils ne voient rien qu'un miroir. Une voix leur dit que ce miroir est la seule vérité. Ce Simorgh qu'ils ont cherché, c'est eux-mêmes. Il ne faut rien attendre d'autre. La voix ajoute une phrase magnifique dont les échos retentirons longtemps dans la poésie persane : "Vous avez fait un long voyage pour arriver au voyageur."

J.C. Carrière et le Dalaï-Lama "La force du Bouddhisme"