280716

Petit rappel

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030616

L’Observation de soi, par Gérard Tiry

Lorsque les activités extérieures stimulent nos sens, que se passe-t-il au niveau de ces derniers ? Prenons l’exemple de la vision : si je suis en présence d’une rose rouge, il existe une certaine activité au niveau de la rose qui donne naissance à des ondes ou particules qui atteignent l’œil et y décomposent une substance qui donne la sensation de rouge.

Les théories de la vision sont du type photochimique, les ondes ou particules sont décomposées par une substance photosensible située dans l’œil ; de sorte que le rouge se forme dans la rétine mais n’existe pas dans la nature. La rétine est le lieu où se transforme l’énergie vibratoire des photons lumineux, qui ne pourraient être perçus directement, en énergie électrique, langage du système nerveux ; elle remplit une fonction d’appareil transducteur, dispositif dont le rôle consiste à transformer une information ou un signal d’une catégorie en une information ou un signal d’une autre catégorie. La notion de couleur est donc purement subjective et il n’existe aucun équivalent physique en dehors de la fréquence des ondes électromagnétiques.

L’oreille distingue des vibrations sur une échelle d’environ 9 octaves, soit de 30 à 20.000 vibrations par seconde. Elle remplit également la fonction d’un organe transducteur. En effet, la hauteur d’un son, caractérisée par une note, n’a d’autre équivalent physique que la fréquence d’une onde de compression se propageant dans un milieu. Cette onde de compression ne deviendra bruit que si elle est traduite par un système auditif présent. Il n’existe donc pas de bruit dans la nature, et en particulier, pour reprendre un exemple connu, lorsqu’un arbre tombe dans une forêt où il n’y a personne.

 L’odorat et le toucher sont dus au rôle transducteur de récepteurs cutanés.

Par conséquent, les sens transforment une forme d’énergie qui se trouve dans la nature et qui ne peut être directement appréhendée par l’homme en une autre forme qui sera utilisée par l’organisme, l’énergie électrique qui circule dans le système nerveux.

La seconde raison pour laquelle nos sensations ne nous donnent pas une copie conforme de ce qui nous entoure est la suivante : nos sensations représentent un premier niveau d’abstraction. Les organes des sens sont très limités et ne captent qu’une partie infime des messages. Nous avons évoqué la multitude de systèmes récepteurs que l’homme a inventé pour transformer des stimulations directement irrecevables par les sens, en source d’information ; à l’aide d’instruments de plus en plus perfectionnés, l’homme découvre constamment de nouvelles activités ; mais ceux-ci sont encore bien faibles. Il est impossible de concevoir le nombre d’activités que renferme la pièce où nous sommes.

Si nos sens nous rendaient une image du monde tel qu’il est, ce serait extrêmement curieux et très impressionnant, nous verrions des milliards de « particules » mues par une énergie, sans distinguer des objets, qui ne sont en définitive que des représentations mentales. 

Notre vie spirituelle est donc nourrie par nos sensations, nous réalisons mieux l’importance de celles-ci en prenant conscience qu’elles sont également sentiments. Un aspect de la réponse que le stimulus provoque chez nous est l’émotion, parfois appelée sentiment. Il est facile, quoique nous y prêtions souvent peu d’attention, d’observer l’aspect émotionnel de la sensation. Il n’est pas possible de regarder un coucher de soleil par un soir calme sans se rendre compte que la sensation est également émotion. Le fait est plus facile à observer lorsque l’agent extérieur est violent, par exemple : un bruit soudain ; mais il se manifeste aussi de façon plus subtile, c’est alors qu’on le nomme sentiment : lorsque deux personnes se rencontrent pour la première fois, il existe, avant que la réaction ne soit troublée par une intervention de l’intellect, sous forme par exemple, de considérations sur le temps, l’indication d’affinités ou de répulsions instinctives. Le premier contact avec un événement inhabituel est riche de sensations-sentiments facilement observables : entrer seul dans un restaurant, y chercher une place etc… Les sensations-sentiments sont le meilleur contact que nous puissions établir avec l’événement.

Nous venons d’examiner rapidement le plan non-mental où se manifeste l’essence de l’individu et à travers celle-ci sa compréhension, nous allons maintenant observer les manifestations du plan mental où se développe la personnalité à travers les connaissances.

Le plan mental est le plan de la mémoire, notre cerveau est une sorte de bibliothèque où tout est enregistré, classé, etc… Le cerveau, par exemple, classe suivant des ensembles, comme le bibliothécaire classe d’un côté les romans et de l’autre les livres d’histoire et, parmi les livres d’histoire, établit une distinction suivant les époques ou les civilisations. Le cerveau crée également des structures que l’on peut définir comme un ensemble de relations dans un ensemble d’objets. Cette notion de structure qui met en relation plusieurs dimensions dans la connaissance, constitue la création mentale la plus évoluée.

Il est intéressant pour bien comprendre le rôle du mental, d’examiner le phénomène de l’objectivation. Nous avons vu que les sens étaient des organes récepteurs, ils ne se projettent pas vers l’extérieur, c’est au contraire le monde extérieur qui vient « frapper » à leur porte. Il n’est pas inutile de rappeler cette réalité, car nous avons des façons de nous exprimer pour le moins curieuses puisque nous parlons de : « jeter un coup d’œil », ce qui ne signifie rien, aucune substance ne sortant de l’œil de l’individu pour aller capter au loin, l’événement. Nous parlons également de « tendre l’oreille », c’est une expression assez curieuse ; si nous tentons de faire jouer les muscles de l’oreille, nous ne pouvons espérer qu’un résultat médiocre. Nous parlons aussi de « toucher » un objet, alors que nous sommes touchés par celui-ci : ce sont en effet les activités chimiques au niveau de l’objet qui impressionnent notre organe du toucher. Par conséquent, lorsque nous faisons attention au monde extérieur ce ne peut être qu’en nous. Nous sommes enfermés dans notre monde subjectif et nous ne pouvons prendre connaissance du monde extérieur qu’à travers nos sensations-sentiments ; la compréhension ne peut donc apparaître qu’à la suite d’un effort d’intériorisation, il s’agit là d’une expérience qui n’a aucun rapport avec la connaissance intellectuelle.

Si nous devons admettre que nous vivons dans un monde subjectif, il est cependant intéressant de comprendre comment et pourquoi nous objectivons ; comment nous vient la certitude que ce qui se manifeste intérieurement soit extérieur à nous. Lorsque je vous vois, je vous ressens intérieurement mais je vous vois extérieurs à moi. Comment se fait-il, par conséquent, que mes sensations soient rejetées à l’extérieur et que partant d’expériences subjectives, j’en arrive à objectiver un monde extérieur. C’est là un phénomène qui a toujours un peu étonné les philosophes. L’explication la plus honnête me semble être la suivante : les très jeunes enfants vivent un monde intérieur, la conscience à cet âge est globale, elle est vécue extatiquement, les activités sont ressenties comme internes aussi bien dans leur origine que dans leurs manifestations. Il semble que la distinction entre un monde intérieur et un monde extérieur s’établisse à la suite d’insatisfactions telles que : les contacts douloureux, le froid, la faim, etc… C’est à partir de ces expériences que le mental objective un monde extérieur. Il s’agit là, en quelque sorte, d’un processus de rejet, l’être déplace une partie de lui-même en l’extériorisant ; il déplace souvent même la totalité.

L’une des manifestations les plus étonnantes de cette distinction entre le moi et le non-moi est celle qui nous permet de traiter notre corps, siège de nos sensations-sentiments, comme un objet extérieur. Nous pouvons parler de notre main, de notre jambe, en les considérant comme des objets étrangers comme des concepts alors qu’ils se trouvent à l’intérieur d’une peau qui devrait constituer la séparation entre le monde intérieur et le monde extérieur.

Suivant des lois qui lui sont propres, le cerveau décode les activités neuro-électriques qui lui sont transmises en partant des sens, par le système nerveux, il groupe ces activités en unités simples relativement constantes, représentant des éléments maniables d’information, ce qui permet de considérer qu’un objet est une hypothèse mentale.

Dans la perspective de l’observation de soi, nous voyons où git le problème : nous sommes divisés. Il existe ce monde intérieur qui est celui de la compréhension et nous objectivons un monde extérieur qui est notre création et qui ne peut être considéré indépendamment de nous. Lorsque nous parlons de perception unifiée ou de compréhension unifiée ; il s’agit bien de la réunification de la personne qui a été séparée en deux et l’observation est obligatoirement une observation intérieure.

Le mental est un outil merveilleux qui nous joue des tours parce que nous l’utilisons en dépit du bon sens. Lorsque nous condamnons, interprétons, évaluons, nous sommes dans un état comparatif dans lequel la situation présente fait jaillir de notre mémoire un schéma, antérieur, autrement dit, une idée préconçue.

Quoique les événements ne soient jamais identiques, nous recherchons toujours les ressemblances, jamais les différences ; nous avons des modèles de connaissance qui nous empêchent d’apprendre. Nous exprimons cet état comparatif en disant que nous sommes « affreusement déçus » ou « heureusement surpris », incapables que nous sommes de nous débarrasser de nos préoccupations.

En fait, nous utilisons notre mémoire par paresse, pour éviter de vivre le moment présent. Notre mental est incapable d’aborder l’événement sans son bagage d’idées préconçues. L’observation ne consiste pas à les nier, à tenter de les éviter, mais à en prendre conscience ; chacun de nous a son style propre d’idées préconçues par lesquelles il est prêt à juger à tout moment la situation présente. Nous n’irions pas au théâtre si nous ne pensions que la pièce est « intéressante » si nous n’avions pas un schéma de ce qui nous attend ; de tout ce que nous entreprenons, nous escomptons un résultat.

En fait, notre cerveau est trop rapide, il accapare l’événement extérieur sans nous laisser le temps d’en prendre le goût à travers nos sensations-sentiments. Comme il est agi par la mémoire et que celle-ci intervient par automatisme, notre pensée est automatique, comme il se nourrit d’abstractions très pauvres, notre pensée est pauvre. Il ne faut pas oublier, en effet, que la mémoire opère une abstraction sur les sensations et que son registre est étroit, nous possédons peu d’images par rapport à la foule des événements que nous avons vécus depuis notre naissance.

Le phénomène de la mémoire permet au mental d’effectuer une autre opération importante : celle de créer le temps, en d’autres termes de créer l’histoire, c’est-à-dire d’établir un lien logique entre des événements vécus et des événements futurs tels qu’ils sont imaginés. Nous sommes là encore divisés, il s’agit avec la création du temps d’un autre aspect de l’éparpillement de notre individu ; si une réunification doit intervenir, ce sera dans le vécu du moment présent.

 A ce niveau de notre recherche, il est très important de comprendre comment nous pouvons être présents : alors que notre mental vit dans le temps, seul notre corps est ancré dans le présent, il ne vit pas avec ses cellules d’hier, ni celles qui doivent apparaître demain mais avec celles qui sont « ici-maintenant » ; il vit un éternel présent. Nous ne pouvons, par conséquent être présent spirituellement, qu’à travers la sensation de notre corps. Lorsque nous ne vivons pas la sensation de notre corps, nous pouvons être certains d’être pris par un état mental ; par contre, lorsque cette sensation est présente, nous sommes situés dans l’espace et le temps : ici-maintenant. Cette sensation du corps est en fait une présence aux sensations-sentiments qui s’y manifestent ; seule l’expérience peut nous la révéler ; Montaigne parlant du contact avec son intériorité écrivait : « moi, je me goûte ».

Nous pouvons dire que ceci est une causerie, nous en avons entendu des centaines au cours de notre vie. En fait, le moment que nous vivons « ici-maintenant » est unique, non pas parce que c’est moi qui m’exprime ce soir. Depuis le début de cette causerie nous n’avons vécu que des moments uniques. Étant suffisamment attentifs à nos sensations-sentiments nous pouvons avoir pris conscience que leur qualité était différente à chaque instant, que nous sommes branchés sur un monde qui n’est pas statique mais où le mouvement est la règle. Sentez-vous à quel point nous sommes statiques et lourds, comme nous manquons d’agilité pour chevaucher ce mouvement de la vie ? J’emploie ce terme « causerie » qui est tellement général, en fait, ce mot apparaît bien pauvre en regard de l’événement que nous avons vécu, événement qui est d’une richesse inépuisable.

 Il est trop tard pour parler du monde verbal. Sachons observer cependant que le monde mental est entièrement soumis au monde verbal : nous ne pensons qu’avec des mots. Observez-le chez vous ; lorsque vous êtes seuls vous vous parlez avec des mots ; lorsque vous faites des projets, c’est avec des mots ; lorsque vous rêvez c’est encore avec des mots. Nos idées préconçues, ce sont des séries de mots enchaînés les uns aux autres. Chaque langage est une certaine façon de penser, nous sommes tous conditionnés par le langage de notre enfance. Or, les mots sont des symboles, c’est-à-dire qu’ils sont mis à la place des choses, ils ont un contenu émotif et imaginatif qui leur est propre, qui ne correspond pas forcément aux événements qu’ils suggèrent, de sorte que les émotions et les images que les mots déclenchent en nous ne sont pas identiques à celles qui sont déclenchées par les événements vécus correspondants.

La pensée occidentale repose sur l’objectivation, comment pouvons-nous vivre cette pensée et rester conscients de ses limites ? Je pense que la conscience à ce niveau existe si nous parvenons à diviser notre attention, c’est-à-dire, à ne pas nous identifier à notre mental et à nos constructions : objectiver tout en conservant la conscience d’objectiver.

Les scientifiques émettent des théories, c’est-à-dire qu’ils structurent le monde suivant la structure de leur cerveau, cependant ils savent parfaitement que leurs théories ne sont que des théories et il reste en arrière-plan un observateur conscient de leur relativité. Cette division de l’attention me semble s’apparenter à l’humour. Bachelard écrivait : « On ne peut objectiver sans ironiser ».

Mais notre but ultime n’est-il pas de rechercher la réunification de l’être ? Je voudrais pour illustrer ce but vous raconter en quelques mots la parabole suivante extraite de la littérature orientale : Un fiacre circule dans la ville de façon désordonnée, la voiture, heurte les trottoirs et s’abime, les chevaux se bousculent et le coche, va de taverne en taverne, s’enivrant. Vous avez compris que voiture signifie le corps, les chevaux, les émotions et le cocher, mental. Mais le Maître arrive, il donne des ordres et indique direction, aussitôt le cocher reprend son siège et ajuste les rênes les chevaux retrouvent leur place et avec une force tranquille mettent en mouvement la voiture. Il en est de même chez nous, lorsque le maître est là, la conscience est unifiée, ce qui chez nous est dissocié est de nouveau associé.

 

Gérard TIRY

Revue Être Libre. Numéro 249, Octobre-Décembre 1971
source : revue 3e Millénaire

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260216

5 choses qui font de vous une chimère

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251014

Danse de l'Araignée Paon

 

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200413

UN SCIENTIFIQUE EN REBELLION

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La voix posée, le regard clair et rieur, Rupert Sheldrake navigue avec aisance dans ses souvenirs. Le biologiste va sur ses soixante-dix ans, il en paraît quinze de moins et sa mémoire restitue les événements les plus lointains avec une précision toute scientifique, épicée d’humour britannique. Au premier étage de sa maison londonienne, les murs sont tapissés de livres : sciences, philosophie, religion, histoire… L’ambiance cosy du lieu et le flegme de notre hôte feraient presque oublier son statut d’« hérétique » récidiviste. Il le doit à des idées qu’il défend sans relâche depuis trente ans : la nature est vivante, consciente, l’homme en fait partie intégrante, et la science matérialiste se trompe sur la nature de son objet. En 1991, il écrivait : « Reconnaître que la nature est vivante exige une révolution dans la manière dont nous menons nos existences. Et il n’y a pas de temps à perdre. » Signe des temps, les premières copies de son dernier livre The Science Delusion (qu’on pourrait traduire par « la science aveuglée »), paru au début de l’année, se sont vendues en quatre jours.
Très jeune, il a lui-même découvert, puis entretenu, une « connexion consciente » avec la nature. L’un de ses premiers souvenirs marquants remonte à l’âge de 4-5 ans. ll se trouvait chez sa grand-mère, elle-même issue d’une famille de producteurs d’osier des environs de Newark-on-Trent. Tout près de la maison, il y avait une rangée de saules d’où pendaient des câbles rouillés. Il demanda à un oncle pourquoi ces arbres se trouvaient là : « Il m’expliqua que c’était autrefois une palissade faite de pieux qui avaient repris vie et étaient redevenus des saules. J’étais émerveillé. »
Cet émerveillement précoce se mue en passion. La propriété familiale de Newark est transformée en parc zoologique, où le jeune Sheldrake héberge, entre autres, des pigeons, un choucas, un chien, des tortues, des chenilles, un lapin et des poissons. Il est encouragé par son père, « un naturaliste à l’ancienne », chimiste, herboriste et fin connaisseur des plantes médicinales, premier inspirateur du futur biologiste. Il lui fait non seulement découvrir toutes sortes de plantes et d’animaux, mais aussi nombre de sites anciens et sacrés. S’il y a à la maison un laboratoire avec un microscope, le père Sheldrake est convaincu que « tout ne se réduit pas aux molécules ». Une leçon que son fils n’oubliera jamais. Pour Rupert Sheldrake, la nature c’est la vie, et la biologie une vocation qui coule de source. Dans la pratique, les choses ne sont pas si simples. A 17 ans, il termine ses études secondaires. Ayant quelques mois devant lui avant d’entrer à Cambridge, il trouve un emploi de technicien dans le laboratoire d’une entreprise pharmaceutique. Ce qu’il ne sait pas en acceptant le job, c’est qu’il s’agit d’un laboratoire de vivisection. « Chaque semaine, on voyait arriver des centaines de rats, de souris, six chats, parfois un chien. On pratiquait sur eux des expérimentations, on les empoisonnait, et c’était mon travail de tuer ceux qui survivaient aux tests. » Une tâche qu’il déteste : « Il y avait une énorme tension entre ce que je ressentais pour ces animaux et le fait de devoir les traiter comme des objets, à jeter une fois utilisés. » Il fait part de ses doutes à ses collègues, qui le rabrouent : « C’est pour le bien de l’humanité que nous faisons cela. Vous ne devriez pas vous attacher à ces animaux. L’émotion n’a pas sa place en science. »
Cette réponse n’apaise pas ses doutes, ses études à Cambridge non plus. Son diplôme de biochimie en poche, il obtient une bourse pour aller étudier la philosophie des sciences à Harvard durant un an. « J’essayais de comprendre pourquoi la science était ce qu’elle était. Si elle ne pouvait pas être différente, je n’étais pas sûr de vouloir continuer. » Mais il persévère en étudiant les plantes, avec un succès grandissant. Ses découvertes sur l’auxine, une hormone de croissance végétale, « font aujourd’hui partie intégrante du corpus de la biologie moléculaire ». Ses travaux sur la régénérescence des cellules sont publiés en 1974 dans Nature, la grande revue scientifique.
(...)
Mais une autre histoire est en train de s’écrire en marge de cette carrière brillante et conventionnelle. Car Rupert Sheldrake n’est pas un rat de laboratoire uniquement préoccupé par ses tubes à essai. Dès que l’occasion se présente, il explore de nouveaux horizons. En 1968, il passe un an à l’université de Malaya, en Malaisie. Il en profite pour aller en Inde, où il découvre « un monde totalement différent de tout ce que j’avais pu connaître jusqu’alors ». Il rencontre des yogis et des saints à Bénarès, la ville sacrée sur le Gange. Dans la foulée, il se rend au Sri Lanka où il visite des monastères bouddhistes.
Le vent de la contre-culture qui souffle au début des années 70 attise sa curiosité. De retour en Angleterre, il s’intéresse aux psychédéliques. Sa première balade sous LSD dans les jardins de Cambridge lui laisse un souvenir inoubliable. « J’ai vu les plantes d’une manière totalement nouvelle, des champs et des flux d’énergie dont je n’aurais pas en temps normal soupçonné l’existence. » Ne s’agit-il pas d’hallucinations sans signification ? « J’ai pensé que cela révélait quelque chose de réel sur la nature de la conscience et de l’esprit en général.» Amateur de philosophie, il se plonge dans les concepts hindouistes et pratique la méditation transcendantale à partir de 1971. « La conscience était bien plus vaste que tout ce que mon éducation scientifique m’en avait laissé entrevoir », conclut-il de cette période.
Décidément attiré par l’Inde, il accepte un poste dans un institut de recherche à Hyderabad, où il travaille à améliorer le rendement des cultures de pois. A la croisée entre Inde du Nord et du Sud, Hyderabad est un lieu d’histoires et de légendes. Plutôt que de s’installer dans une villa moderne, Sheldrake préfère louer l’aile vide d’un palais décati, propriété d’un rajah, situé en haut d’une colline. Les terrasses sont cassées, les fontaines sans eau tombent en ruine, mais la vue sur le lac est splendide. Cerise sur le gâteau, il déniche chez un loueur de piano du temps de la colonisation anglaise un instrument en état de marche. Chaque jour, les accords de Bach et de Scarlatti résonnent dans le palais, réveillant le souvenir d’anciennes splendeurs.
C’est dans cette ambiance inspirante que ses théories prennent peu à peu forme. Qu’est-ce que la mémoire ? Comment se transmet l’information dans une espèce ? Deux auteurs français catalysent sa réflexion : Marcel Proust dont il dévore la traduction anglaise d’A la recherche du temps perdu, et le philosophe Henri Bergson dont les ouvrages Matière et mémoire et L’évolution créatrice lui paraissent pénétrants, « en particulier son idée que la mémoire n’est pas stockée dans le cerveau mais qu’elle est transférée à travers le temps ». L’idée de la résonance morphique, centrale dans la pensée de Sheldrake, découle de ces lectures.
Nous sommes en 1978. Il est prêt à écrire son premier livre. Reste à trouver un coin tranquille. Le père Bede Griffiths lui offre l’hospitalité de son ashram bénédictin. Les prières, les repas, les chants et les méditations rythment le travail d’écriture. La pierre angulaire de la théorie est l’hypothèse du champ morphique. Le champ morphique, du grec morphé qui signifie « forme », est un champ d’information qui relie entre eux les membres d’une même communauté. « Qu’il s’agisse de poissons dans un banc ou d’une meute de loups, il y a un champ qui les relie. Quand ils se séparent, le champ s’étend à la manière d’un élastique et continue de les lier », explique Rupert Sheldrake. Ce champ d’information serait donc un « lieu » de connexion instantanée entre ses membres, quelle que soit la distance qui les sépare. Pour Sheldrake, « chaque espèce, y compris l’espèce humaine, a un champ. »
Dans le champ d’une même espèce, l’information est transmise par un mécanisme de « résonance morphique », qui suppose un passage d’information sans support matériel. Plusieurs phénomènes confortent cette hypothèse, par exemple les changements de comportements au sein d’une espèce dispersée sur plusieurs continents ou encore le vol de nuées d’oiseaux qui tous changent simultanément de direction. La théorie de Sheldrake conteste le rôle central de l’ADN, qui n’est que la matière première de la construction du vivant. Le plan des espèces, en perpétuelle évolution, est dans le champ. De génération en génération sont transmis des gènes, qui sont matériels, et des champs morphiques, non matériels, lieu d’une transaction continuelle entre héritage du passé et créativité.
(...)
Le livre intitulé A New science of Life paraît en 1981. Durant les trois premiers mois, il suscite de l’intérêt et fait l’objet de discussions sérieuses. Jusqu’à cet éditorial incendiaire publié en une de Nature : A book for burning (« un livre à brûler ») Le rédacteur en chef de la revue Sir John Maddox estime que « Sheldrake mérite d’être condamné dans les mêmes termes et pour les mêmes raisons qui poussèrent le pape à condamner Galilée : c’est de l’hérésie ».
Rupert Sheldrake savait que la publication de son livre représenterait « un pas irréversible ». Biologiste reconnu, à peine âgé de quarante ans, il aurait pu envisager une confortable carrière d’expert international, ou encore poursuivre ses travaux à Cambridge et briguer la direction d’un institut. Avec l’article de Nature, l’alternative s’impose radicalement : à moins de renoncer à ses idées, le biologiste sera excommunié.
En faisant l’hypothèse que l’esprit n’est pas contenu dans le cerveau et que la mémoire n’est pas stockée sous forme de traces matérielles, Sheldrake contredit deux dogmes de la science matérialiste, jamais prouvés mais implicites. Certains physiciens sont plus ouverts à ces thèses que les biologistes. Et pour cause : depuis plusieurs décennies, la physique quantique a détruit l’illusion d’une matière solide et inerte, existant indépendamment de son observateur. Quant à la théorie de la relativité, elle a définitivement changé l’approche du temps et de l’espace. En 1982, David Bohm, physicien réputé, dialogue avec Sheldrake sur les convergences entre la théorie des champs morphiques et ses propres conceptions du temps et de la conscience. Mais l’entrée officielle de la physique quantique en biologie n’aura lieu que trois décennies plus tard.
En attendant, « je suis devenu quelqu’un de dangereux à fréquenter » s’amuse Sheldrake. Il ne perd ni ses amis scientifiques, ni son poste à Cambridge. Mais la mise au ban est bien réelle. « Il fallait pas mal de courage pour m’inviter à donner une conférence, car il se trouvait toujours quelqu’un pour dire que ma venue allait discréditer l’institution. » Ses projets de recherche ne trouvent plus de financement. Il constate aussi une forme de schizophrénie chez des scientifiques intéressés par ses idées en privé, mais qui ne le soutiennent pas en public.
(...)
La controverse n’effraie pas Rupert Sheldrake. « Le soir au dîner, il n’aimait rien tant qu’un bon débat sur une théorie avec laquelle il était en désaccord », se souvient un anthropologue hébergé chez lui il y a quelques années. Loin de faire machine arrière, Sheldrake endosse le costume d’hérétique, et s’en fait une armure. Irréductible, l’enfant chéri de Cambridge et du prestigieux Clare College décide d’appuyer sur « les points d’acuponcture de la science ».
S’aventurant hors des champs morphiques, il s’intéresse à la télépathie chez l’homme et l’animal. Dans son livre Ces chiens qui attendent leur maître, paru en 2000, il relate ses études sur des animaux qui semblent pressentir le retour de leur propriétaire à plusieurs kilomètres de distance. Le livre, « qui correspond à l’expérience des gens », rencontre son public. Le biologiste s’intéresse également à la télépathie chez l’être humain, et met au point des expériences simples et peu coûteuses qui permettent d’appréhender le phénomène.
Pour la communauté scientifique, Sheldrake est définitivement perdu. Ce dernier défend son approche : « Pour le monde académique, la télépathie est un tabou et les sceptiques se font un devoir de jouer les sentinelles pour écarter toute découverte positive à ce sujet, expliquait-il lors d’une conférence. Mes recherches sur les animaux montrent que la télépathie est naturelle, et non pas surnaturelle. Mais les gens ont peur parce qu’ils pensent que si la télépathie existe, il faudra croire en Dieu et que le pape va débarquer par le prochain avion. »
Après le tsunami de décembre 2004, lorsqu’une équipe de recherche internationale se met en place pour étudier les moyens de prévenir de telles catastrophes, il suggère au représentant britannique de consacrer une petite part du budget – moins de 1 % – au comportement animal. Les médias internationaux ont en effet rapporté que des animaux de plusieurs espèces s’étaient mis à l’abri bien avant la déferlante. « Ils m’ont répondu que ce n’était pas de la science, mais du folklore. Leur programme visait à essayer de donner des avertissements en cas d’imminence de tsunami. « Et vous n’accordez aucune attention aux animaux qui donnent ce type d’avertissement, préférant vous concentrer sur des solutions technologiques onéreuses. » Pour moi, c’est de l’aveuglement, voire de la stupidité ! »
Dans son dernier livre, il réitère sa proposition d’étude des prémonitions animales. Quand Sheldrake pense qu’une idée est valable, il persiste. « Sinon, dit-il, je sais qu’il ne se passera rien. » Pour lui, l’enjeu va bien au-delà d’une controverse entre scientifiques. « Lorsque j’ai publié mon livre en 1981, le combat était alors essentiellement théorique. Mais je me suis vite rendu compte que la façon mécaniste de penser la nature était en train de s’étendre à l’ensemble du monde, et de créer la crise environnementale que nous affrontons aujourd’hui. » Penser le monde comme un organisme vivant, nous reconnecter aux expériences intuitives vécues en lien avec la nature, approfondir notre conception de l’humain... A ses yeux, ce type d’évolution pourrait être salutaire.

Selon lui, il est temps que la science s’affranchisse du matérialisme, une idéologie élaborée au cours des quatre derniers siècles, dont les présupposés, trop souvent présentés comme scientifiques, sont en réalité au service d’une vision du monde qui montre aujourd’hui ses limites. A adhérer aveuglément au mythe du surhomme scientifique épris de vérité et au-dessus de toutes les passions, nos sociétés laissent en fait des intérêts divers, idéologiques et financiers, restreindre le champ de la science, et orienter les choix et les décisions. Dans le domaine de la médecine par exemple, les compagnies pharmaceutiques ont breveté de nombreux médicaments à l’efficacité douteuse, parfois nocifs, qu’elles ont sur- vendus à grand renfort de publicité, en manipulant la caution scientifique.
Contrairement aux précédents, The Science Delusion, qui développe ces thèmes, a été plutôt bien accueilli par la critique. S’il fait aussi l’objet de commentaires acerbes, certains indices suggèrent que le vent est en train de tourner. Suite à la parution du livre, le magazine britannique The Architectural Review a publié un article de Sheldrake dans sa rubrique The Big Rethink, consacrée aux visions novatrices. Lors d’un séminaire de psychologie à Cambridge, plusieurs étudiants ont été enthousiasmés par ses idées, au point que la discussion s’est poursuivie au pub.
Pour Sheldrake « cette ouverture fondamentalement nouvelle » est d’abord liée à l’essoufflement d’une vague d’athéisme militant, dont la figure de proue est le biologiste Richard Dawkins, auteur de l’essai Pour en finir avec Dieu. « Les attaques ont été extrêmement agressives envers tout ce qui ne cadrait pas avec cette conception limitée de la science et de la raison » estime Sheldrake, et « le public a pris conscience du dogmatisme de certains scientifiques ». Ensuite, l’effondrement des certitudes dans les domaines politique et économique a révélé le besoin « d’une nouvelle façon de penser ».

S’agit-il pour autant de ramener Dieu au coeur de l’équation ? « Je suis un scientifique et j’aime la science » martèle Sheldrake. Lui-même adhère à une spiritualité hors des dogmes, une sorte de panpsychisme, et rejette la notion de surnaturel. « Ma propre vision s’apparente à du naturalisme, une doctrine selon laquelle tout est naturel. Je pense qu’il y a de la conscience dans le soleil, le système solaire et la galaxie, comme il y en a dans un proton, un électron, un atome, ou en nous-mêmes. Il s’agit de différents types de conscience bien sûr ; et il y a aussi dans l’univers un esprit cosmique ». Cet esprit cosmique est-il Dieu ? Ce serait alors « un dieu naturel », qui peut être expérimenté par la conscience. D’ailleurs, conclut le biologiste, « un dieu d’une autre sorte n’aurait aucun intérêt ».

Source INREES - Vu sur Portail vers l'éveil

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060413

L’univers superlumineux

Les physiciens Régis Dutheil et Bohm et plusieurs autres postulent l’idée qu’il existe un univers parallèle au nôtre dans lequel les particules vont plus vite que la lumière. Il faut savoir que les yeux physiques ne peuvent apercevoir des particules allant plus vite que la lumière. Ils émettent l’hypothèse que dans cet univers s’accumule sans cesse l’information et qu’il n’existerait pas d’espace-temps. Ceci signifie que dans cet univers, il est possible d’accéder à toutes les informations et de voyager simultanément dans le passé, présent et futur.

Il est intéressant de constater que l’intuitif expérimente un voyage semblable lorsqu’il se met en relation avec son champ d’énergie ou celui d’une personne. Dans le champ d’énergie s’accumule les expériences passées, présentes et futures d’un individu. L’intuitif peut ainsi voyager dans le passé pour comprendre les blessures de l’enfance ou encore retrouver des mémoires provenant d’autres vies. Il peut également interagir avec ces mémoires pour les harmoniser et amener un changement de perception en lui ou chez la personne soignée.

En modifiant cette perception, il se permet d’accéder à des potentiels futurs qui ne pourraient exister sans ce travail d’harmonisation. C’est comme si dans cet univers, l’intuitif pouvait mettre de l’ordre dans son propre regard ou encore dans celui de la personne aidée.

Ceci signifie que l’être humain est en constant mouvement et que rien n’est figé. Cette idée remet en question l’idée du karma qui affirme que nous venons sur terre pour libérer certaines expériences de vies passées. Selon le biologiste Rupert Sheldrake, le champ d’énergie d’un individu résonne avec l’histoire de l’humanité toute entière. Selon son propre bagage émotionnel, il va résonner avec des mémoires d’autres vies tant qu’il n’aura pas modifié sa relation avec ce passé. Mes observations me permettent de constater que les mémoires du passé peuvent être modifiés favorisant ainsi des résonances avec d’autres mémoires qui seront plus en harmonie avec la conscience du champ d’énergie.

Ces modifications libèrent la conscience figée et limitée qui résonnait avec une mémoire précise pour créer une voie de transformation. La conscience humaine serait donc en perpétuel mouvement et elle communiquerait avec une somme infinie d’information créant de multiples possibilités. On peut certainement imaginer que chacun de nous est en communication avec une toile d’information nous reliant à la somme de notre histoire et celle de l’humanité. Par un entraînement, il est possible de voyager dans ces univers afin de se dégager des charges émotionnelles permettant de renouer contact avec notre essence profonde.

(...)

"Intuition et Thérapie Quantique" par Sylvain Bélanger

 

200313

La science bute sur trois énigmes majeures

Misha Gromov est un des plus grands mathématiciens du siècle. Âgé de 69 ans, il a quitté l'URSS en 1974 et travaille actuellement entre la France (à l'Institut des hautes études scientifiques de Bures-sur-Yvette) et les États-Unis (New York). Titulaire de nombreux prix, notamment du prix Abel en 2009, l'équivalent du Nobel des maths, ce savant franco-russe touche-à-tout porte un regard curieux sur l'état des sciences, des maths à la physique en passant par la biologie.
(...)

Quelles sont les trois principales énigmes de la science actuelle?
En premier, le mystère de l'univers, puis en deuxième le mystère de la vie. Comment est-elle survenue? Qu'est-ce qui l'a créée? Quand on regarde tous les paramètres, à l'évidence, les probabilités sont extrêmement basses qu'elle survienne. Elle n'aurait pas dû arriver et pourtant elle est survenue. Les mécanismes de la vie se structurent de manière si compliquée que nous ne les comprenons pas. Très honnêtement, la manière dont une cellule fonctionne, on ne le sait pas… C'est fantastiquement compliqué. Et puis, le troisième mystère, c'est l'esprit humain. On n'a pas le début d'une piste pour comprendre comment cela fonctionne! Nous ne savons pas comment nous pensons. Si vous deviez mettre à plat les informations reçues par le cerveau d'un enfant de 2 ans, cela semble totalement démesuré. On est très loin de pouvoir comprendre les interactions. Il est juste possible de voir l'esprit humain à l'œuvre dans le langage, mais on ne peut pas le voir directement. Pour prendre une métaphore, c'est comme la télévision : c'est une machine très compliquée qui, au bout du compte, vous montre des soap operas ou des sitcoms. Mais quand vous regardez la télé, vous ne savez pas comment elle fonctionne, vous voyez simplement les images. C'est pareil pour l'esprit humain, vous entendez les paroles…

Vous dites aussi que la réalité n'existe pas, que c'est une formule mathématique, au fond de notre œil, qui nous reconstruit un ensemble de vide et d'atomes…
C'est les deux à la fois. La réalité existe et n'existe pas à la fois. Les gens veulent penser qu'ils "existent" mais il faudrait s'entendre sur le mot "existence". Ce que nous percevons du monde n'est pas le réel ! La réalité, telle que nous la connaissons, n'est que notre réalité interne. C'est notre cerveau qui la "fabrique". Ce qu'il nous faut comprendre, c'est comment notre cerveau fabrique cette réalité interne. Et ça, on est loin de pouvoir le reconstituer. De la même manière, pour la "réalité externe", celle de la physique, on comprend mieux ce qui se passe dans les étoiles ou à la surface du Soleil qu'à 2 km de nos pieds, sous la croûte terrestre. De la même façon, on ne comprend pas ce qui se passe dans notre tête. Quand vous parlez, on sait quelle partie de votre cerveau fonctionne, quelle zone est stimulée, mais cela n'explique pas comment votre esprit travaille. Il doit y avoir un langage intermédiaire. Et la structure de ce langage nous reste inimaginable. Il faudrait pouvoir comprendre ce langage intermédiaire. Lavoisier disait que pour faire de la science, il faut créer de nouveaux langages…

Selon vous, combien d'univers existent-ils?
On ne sait pas! On peut même se demander si cela fait sens de se demander s'il y a un nombre d'univers! On ne sait pas non plus si cela fait sens d'essayer de les dénombrer. Certains disent de 10 à 500! Mais ce ne sont que des modèles. En fait, il y a de nombreuses raisons de penser qu'il y a de nombreux univers. Je pense même de très, très nombreux.

L'histoire de la vie est, selon vous, l'histoire d'une succession de catastrophes…
Oui, les catastrophes ont façonné ce que nous sommes. Dans l'histoire du monde, il y a eu de grands moments d'extinction, de disparition. Bien avant les dinosaures, il y a eu, pendant 200 ou 300 millions d'années, une grande période d'intenses activités volcaniques. La concentration d'oxygène a été divisée par deux ou trois. Ce furent des conditions horribles où quasiment tout est mort et ceux qui ont survécu étaient ceux qui avaient des poumons puissants. Avec ces poumons puissants sont venus les vertébrés et les oiseaux. Nous sommes aussi le produit de tout cela, puisque nous sommes parvenus à passer par ce goulot d'étranglement. Cet accident nous a créés, car sans lui, plusieurs types de vertébrés ne seraient pas là… Et encore, à la sortie de ce goulot, nous n'étions pas les plus aptes : les lézards et les grenouilles sont plus adaptés que nous : ils n'ont à se nourrir qu'une fois par mois, et n'ont pas à produire autant d'efforts parce qu'ils ont des métabolismes très lents.

Ce qui semble vertigineux avec vous, c'est la faible probabilité de l'apparition de la vie…
Oui, la vie a rencontré des problèmes partout. On se rend compte que si on change un paramètre, la vie devient impossible. Et il y a énormément de paramètres! Par exemple, on sait que si les atomes étaient plus petits que leur taille actuelle, ça serait trop compliqué de faire un être vivant. On sait aussi que les êtres vivants actuels ont besoin d'énormément de bactéries. Dans votre intestin, il y en a un nombre considérable!

Dans votre livre, le mot bactérie est un de ceux qui reviennent le plus souvent…
Les bactéries ont toujours été dominantes dans le monde, elles nous survivront probablement. Elles sont plus stables. À un moment, un événement, que nous ne comprenons toujours pas, a créé nos cellules, les cellules eucaryotes, des cellules plus complexes que les bactéries. Cet "événement" est d'autant plus surprenant qu'il va à l'encontre de la loi de la sélection naturelle, selon laquelle la vie va au plus simple et élimine ce qui est plus complexe car plus instable. Et pourtant nos cellules sont toujours là, alors que la condition naturelle d'une cellule, c'est de proliférer, sans contrôle, ce qui est la définition du cancer. Cela semble même un miracle, que nous n'ayons pas en permanence des cancers puisque le sort d'une cellule est de proliférer en grand nombre. Comment toute cette machinerie peut-elle contrôler les cellules et les empêcher de proliférer ? La manière dont la biologie avance est prodigieuse. Dans deux ou trois décennies notre vision du monde ne sera plus la même. La somme de données que les biologistes engrangent excède aujourd'hui la capacité de mémoire des ordinateurs. Actuellement, l'informatique est en retard sur la biologie, qui double ses besoins tous les six mois alors que la mémoire des ordinateurs double tous les huit mois. Quand tout sera analysé, nous serons dans un monde différent.

Vous pensez qu'à l'origine de toute vie, il y a une seule cellule?
D'abord, il y avait une bactérie, une cellule indépendante. Maintenant, grâce à l'étude du génome, on cherche un ancêtre commun à tous les organismes. Oui, on peut imaginer un ancêtre commun à toutes les formes de vie, même si la vie bactérienne et la nôtre sont très différentes. Tellement de choses nous échappent qu'on est loin de pouvoir comprendre. Aujourd'hui, aucun homme ne peut couvrir en totalité les connaissances en biologie. Il nous faut donc structurer le savoir autrement. C'est un énorme défi.

Vu sur le JDD - L'intégralité de l'interview ici

 

190113

Connecté à l'Univers

EbenAlexander

Le neurochirurgien Eben Alexander est devenu en quelques mois une personnalité incontournable aux états-Unis et au-delà... Après sept jours de coma causé par une méningite bactérienne, il a rapporté une EMI (expérience de mort imminente) d’une richesse exceptionnelle. Voici un aperçu de son témoignage en avant-première :

« Je n’avais pas de corps - pas dont j’avais conscience en tout cas. J’étais simplement... là, dans cet endroit où l’obscurité pulsait, martelait. J’aurais alors pu l’appeler «primordiale». Mais au moment où ça se produisait, je ne connaissais plus ce mot. Les mots utilisés ici sont venus bien plus tard, quand de retour dans ce monde, j’ai écrit mes souvenirs. Le langage, l’émotion, la logique : tout cela était parti, comme si j’avais régressé au niveau d’un être des tous premiers stades de la vie, peut-être aussi loin que la bactérie primitive qui, à mon insu, avait pris le contrôle de mon cerveau et l’avait éteint. Combien de temps suis-je resté dans ce monde ? Je n’en ai aune idée [...] Quand j’étais là, j’avais l’impression (quel que soit ce « je ») que j’avais toujours été là et que je continuerai toujours à l’être.»
[...] « J’ai découvert là-haut l’indescriptible immensité et complexité de l’Univers, et aussi que la conscience est la base de tout ce qui existe. J’étais tellement connecté à lui qu’il n’y avais souvent aucune véritable distinction entre « moi » et le monde dans lequel je me déplaçais. Si je devais résumer tout cela, je dirais d’abord que l’Univers est bien plus grand qu’il semble l’être si nous regardons seulement ses parties visibles. [...] Mais ce qui as rendu mon expérience inhabituelle est la brutale immédiateté avec laquelle j’ai éprouvé le rôle essentiel de la conscience, ou de l’esprit. Ce n’était pas de la théorie, quand j’ai appris cela là-haut, mais un fait aussi irrésistible et immédiat qu’un souffle de vent polaire en plein visage. En second lieu : chacun de nous est inextricablement connecté au plus vaste Univers. Il est notre véritable demeure, et penser que ce monde matériel est tout ce qui compte, c’est comme s’enfermer dans un petit placard et imaginer qu’il n’y  rien autour...»

Dr Eben Alexander
Magazine Nexus n°84 Janvier-Février 2013

 

" L'expérience de mort imminente du Dr Eben Alexander est l'histoire la plus fantastique que j'aie entendue depuis 40 ans que j'étudie ce phénomène. Cet homme est la preuve vivante de l'existence de l'après-vie."

Raymond A. Moody

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251012

Nos pensées et nos intentions influencent-elles la réalité ?

Et si nos pensées exerçaient une influence sur la réalitéphysique ? Et si la vigueur de nos intentions, focalisées sur ce que l’on souhaite vraiment, avait le pouvoir d’induire de véritables changements dans notre vie et de façonner le monde qui nous entoure ? Le Secret, best-seller de Rhonda Byrne, traduit en quarante-six langues, évoquait déjà en 2008 la loi de l’attraction de la pensée. Selon l’auteure, il suffit de visualiser l’objet de nos désirs et d’être convaincu qu’on l’aura pour qu’un message soit alors envoyé à l’Univers, qui se débrouillera pour réaliser notre souhait dans n’importe quel domaine : amour, santé, bonheur mais aussi pouvoir, argent, biens matériels, etc. Une recette simpliste, généreusement saupoudrée de « magie » et de « new age », un peu dure à avaler pour les plus cartésiens – qui taxèrent ce livre de « tissu de mensonges » -, et trop difficile à digérer pour les plus ouverts d’esprit– qui reprochèrent à l’auteure de mélanger ambitions matérialistes et spiritualité.

La même année pourtant, Lynne Mc Taggart, auteure à succès de réputation internationale, journaliste scientifique américaine primée et figure de proue parmi ceux qui se consacrent à l’étude de la conscience humaine, publie un ouvrage révolutionnaire, intitulé La Science de l’intention, dans lequel elle démontre, expériences et données scientifiques à l’appui, que la pensée dirigée ne serait pas une simple croyance et pourrait bien influencer la réalité.
A en croire différentes conclusions de recherches sur la conscience humaine dans le domaine de la physique quantique, menées par d’éminents scientifiques du monde entier -comme le physicien Fritz-Albert Popp de l’Institut international de biophysique ou le Dr Gary Schwartz, professeur de psychologie, de médecine et de neurologie à l’université de l’Arizona -, il semblerait, en effet, que ce potentiel sommeille en chacun de nous. « Les plus récentes études de l’effet de l’esprit sur la matière, précise la journaliste,semblent indiquer que l’intention a des effets variables qui dépendent de l’état du sujet, ainsi que du moment où il émet une pensée et de l’endroit où il se trouve. L’intention a déjà été employée dans maints domaines, notamment pour guérir les maladies, modifier des processus physiques et influencer des événements. Il ne s’agit pas d’un don spécial mais d’une compétence apprise et aisément enseignée. En réalité, nous utilisons tous déjà l’intention dans de nombreux aspects de notre vie quotidienne. » 

Concrètement, qu’est-ce qu’une pensée ?

De nombreuses expériences semblent indiquer que notre conscience n’est pas enfermée dans notre crâne, mais semble être une « substance » qui irradie hors des limites du corps physique. Une énergie ordonnée capable de traverser l’espace et le temps. « On sait aujourd’hui que les pensées sont une forme d’émission de biophotons – ces particules de lumière porteuses d’énergie émises par tous les organismes vivants : plantes, animaux, êtres humains. Elles créent une énergie qui émane de nous en permanence, explique la journaliste scientifique. Le fait d’orienter ses pensées vers un objectif précis – ce que les scientifiques appellent « l’intention » ou « l’intentionnalité » – semble produire une énergie assez puissante pour transformer la réalité physique. » 
Comment la pensée pourrait-elle influencer la réalité ? L’intention serait-elle une flèche d’information et d’énergie décochée par notre conscience et envoyée à l’Univers ?

« Cela suggère qu’il y a un moyen par lequel l’information est transférée et que le guérisseur, comme d’autres personnes d’ailleurs, est capable de se connecter à quelque chose de plus grand, quelque chose qui nous dépasse, qui va véhiculer la pensée », assure Marilyn Schlitz, chercheuse et présidente de l’Institut des Sciences Noétiques aux Etats-Unis. La physique quantique a, en effet, permis de mettre en évidence ce qu’on appelle le « champ du point zéro ». Un champ généré par les incessants mouvements d’énergie entre les milliards de particules subatomiques, composants de la matière de taille inférieure à celle d’un atome. Un champ auquel l’ensemble de la matière dans l’Univers est connectée grâce à de continuels échanges d’énergie. Lynne Mc Taggart présentait déjà dans son livre, Le Champ de la cohérence universelle, le concept d’un Univers interconnecté, étayé par des hypothèses scientifiques très sérieuses permettant de lever partiellement le voile sur certaines énigmes humaines passionnantes, allant de la médecine alternative – comme les thérapies énergétiques et l’acte de guérison à distance par exemple – aux perceptions extrasensorielles – comme l’intuition, la télépathie, les précognitions, etc. « L’acte de guérison à distance,explique Lynne Mc Taggart, est essentiellement un acte de pensée, une intention de guérir. Si c’est la jambe gauche qui doit être soignée, c’est vers elle que le guérisseur va envoyer l’intention en la dirigeant de manière précise. Comme beaucoup de physiciens quantiques, je suis convaincue que les guérisseurs, dans un « hyperétat » d’intense concentration sont capables d’exploiter ces pensées, pour en créer qui soient très cohérentes et énergisées, et de les projeter, peu importe la distance. Nous ne comprenons pas totalement ces mécanismes. Mais le modèle des biophotons nous permet de saisir que nous envoyons en permanence des instructions à l’Univers sous forme de rayonnements. Les guérisseurs, même à distance, sont, je pense, capables de rendre opérantes ces instructions en vue d’obtenir la guérison. »
Le magnétiseur Jean-Luc Bartoli confirme cette hypothèse : « L’intention au fond c’est quoi ? C’est de la compassion, c’est de l’amour que tu envoies à ton prochain. Moi, je dis tout le temps : ma main c’est le prolongement de mon cœur. Les passes magnétiques ne sont que de l’habillage technique dans le sens où l’intention pourrait suffire. Et pour moi, c’est exactement ce qui explique pourquoi cela marche à distance. » 

Le pouvoir de la pensée et de l’intention a déjà été observé dans de tout autres circonstances. Au cours d’une étude américaine appelée « Love Study », impliquant plusieurs couples, l’un des partenaires devait envoyer à distance des pensées de guérison et de compassion à son partenaire malade. Aussi incroyable que cela puisse paraître, on a constaté une corrélation significative entre l’activité physiologique de celui qui émettait ces pensées et l’activité physiologique de celui qui les recevait. Sans le savoir, ce dernier réagissait instantanément. On a même observé, entre les deux partenaires, plusieurs phénomènes de synchronie entre différentes parties de leur corps: leurs ondes cérébrales, leurs rythmes cardiaques, les réponses galvaniques de leur épiderme…
Ce que des siècles de vision mécaniste nous ont appris à considérer comme irrationnel serait en train de devenir parfaitement plausible dans le monde quantique ! Nous nagerions donc dans un gigantesque champ d’énergie, dont nous faisons partie intégrante, et par lequel nous pourrions recevoir et envoyer de l’information, comme l’intention de guérir ou d’être guéri.

« Scientifiquement, explique le Dr Thierry Janssen, ancien chirurgien aujourd’hui psychothérapeute, des études nous ont permis de mieux comprendre la matière dans ces états les plus subtils. Notamment que deux photons ou biophotons jumeaux séparés peuvent continuer de communiquer. Il est intéressant de se dire que la matière, depuis la création du monde, est un grand continuum et que ce sont ces liens qui créent le vivant. J’aime cette phrase du Professeur Linus Pauling, prix Nobel de chimie et Prix Nobel de la paix qui disait : « La vie, ce n’est pas les molécules mais les liens qui existent entre elles. » Si l’on explore cette voie-là, on comprend mieux pourquoi deux individus séparés peuvent communiquer au niveau de l’intention, obtenir des effets sur la santé de l’un et de l’autre… Ces phénomènes de guérison à distance posent d’ailleurs une question très dérangeante pour l’esprit occidental : quels sont ces liens qui nous relient les uns aux autres, et qui relient tous les éléments du vivant ? »

« En s’envoyant et en recevant de l’énergie, précise Lynne Mc Taggart, les particules subatomiques créent, le temps d’un battement de paupière, des particules virtuelles. Ce petit échange ne représente pas beaucoup d’énergie, environ un demi-watt. Mais lorsqu’on additionne toutes les particules subatomiques qui font cet échange d’énergie à travers tous les éléments de l’Univers, on arrive à une quantité d’énergie inimaginable. Ce champ d’énergie géant, nous y sommes tous connectés, même aux plus lointains confins de l’Univers. Nous devons nous concevoir nous-mêmes comme autre chose qu’un ensemble d’éléments solides. Je ne suis pas seulement un paquet de cellules différent du vôtre. A un niveau quantique, nous sommes, vous et moi, comme des petits nœuds sur la même corde, nous faisons partie d’un immense champ d’énergie auquel nous sommes tous reliés : c’est cela, la réalité qui nous englobe. Nous envoyons en permanence de l’information à ce champ. Et c’est aussi par ce moyen que nous pouvons recueillir de l’information. C’est un réseau géant. »

(Source : INREES)
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