120217

Expérience

Question : Je suis fasciné par la découverte de ce que tout, dans mon expérience, est fait du sentir et du percevoir ; qu'il n'existe pas, en fait, d'objets réels en tant que tels, mais seulement l'expérience.

RS : Oui, nous ne connaissons du mental que le penser, nous ne connaissons du corps que le sentir et nous ne connaissons du monde que le percevoir - c'est à dire voir, entendre, toucher, goûter, sentir. Ou encore, nous pourrions dire plus simplement que nous ne connaissons que "faire l'exprérience" et celui-ci est fait de notre Soi, Présence consciente.

A présent, prenez le monde, généralement considéré comme loin de nous et constitué d'autre chose que nous. Par exemple, prenez un objet dans le monde, tel qu'une montagne au loin. Quelle distance sépare la montagne de "faire l'expérience" ? Manifestement, aucune.

Maintenant, examinons : quelle distance sépare notre Soi, c'est-à-dire la Présence consciente, de "faire l'expérience" ? Aucune, manifestement.

Donc, si nous avons clairement observé qu'il n'existe aucune distance entre la montagne et "faire l'expérience" et que "faire l'expérience" n'est pas distant de la Conscience-Présence, alors il est clair que, dans notre expérience réelle, la montagne ne se trouve pas loin de nous.

Maintenant, recommençons et demandons-nous : quelle substance est présente dans la montagne autre que "faire l'expérience" ? A l'évidence, aucune autre, car nous n'avons aucune connaissance d'un monde qui soit en dehors de l'expérience que nous en faisons.

A présent, demandons nous : quelle substance est présente dans "faire l'expérience", autre que notre Soi, Conscience-Présence ? A l'évidence, aucune autre.

Ainsi, notre expérience directe et intime nous révèle que la montagne (et tout le reste) se trouve dans notre Soi, Conscience-Présence, et en être constitué.

Or, nous pouvons nous demander maintenant ce qu'est cette "montagne". Nous avons déjà découvert qu'elle n'est autre que notre Soi, Conscience-Présence. Alors pourquoi parler de "montagne" ? "Montagne" est juste l'un des noms et des formes que peut prendre notre Soi. Il n'y a que notre Soi. Non pas notre Soi en tant que montagne, mais juste notre Soi, point à la ligne.

 

Rupert Spira "Présence", L'Essence de la Non-Dualité (Editions Accarias L'ORIGINEL)


270515

Méditation avec Eckhart Tolle

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ici

 

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140515

Ce qui est

Nous semblons ne pas voir, tandis que nous nous hâtons vers la prochaine apogée spirituelle escomptée, que le trésor que nous cherchons est à découvrir non là où nous allons, mais dans la simple nature des pas que nous faisons. Dans notre ruée vers une meilleure situation dans le temps, nous foulons la fleur de l'être qui s'offre en chaque instant.
Il me semble que notre attachement aux buts est né du besoin de nous prouver quelque chose à nous-mêmes. Mais la vie est simplement la vie et elle n'essaie pas de prouver quoi que ce soit. Ce printemps-ci ne tentera pas d'être mieux que le printemps dernier, ni le frêne de devenir un chêne.
En abandonnant notre fascination pour l'extraordinaire et le spectaculaire, nous nous autorisons à reconnaître la merveille simple qui repose dans l'ordinaire. Car la vie est à elle-même son propre but et n'a pas besoin de raison d'être. C'est là sa beauté.
Quand il n'y a pas de moi illusoire, séparé, le fond omniprésent de l'amour inconditionnel est pleinement perçu. C'est ce qui est toujours ouvert et à notre disposition. Il n'y a rien qui existe en dehors du fond de cette unité naturelle. Le "secret" c'est qu'il n'y a pas de séparation, mais cela demeure un secret aussi longtemps que nous croyons être quelqu'un.
Que vous soyez unique ici et maintenant, c'est le secret. Cet instant-ci ne s'est jamais produit auparavant, le voyez-vous ? Il est unique, surgissant et retournant ensuite dans l'infini, pour ne jamais être revu. C'est ce que vous êtes. Vous êtes l'expression infinie qui se déploie et se rétracte sans cesse. Vous ne pouvez arrêter ce qui est ; c'est une danse incessante et éternelle - aussi lâchez prise et permettez à cela d'être. Il ne peut y avoir de processus pour devenir ce qui déjà est, et ainsi il n'y a bien sûr, nulle part où aller et rien à faire. Aucune condition n'a besoin d'être remplie. L'infini n'est pas quelque part attendant que nous nous en rendions dignes.
Quand le moi n'est plus, il y a simplement un abandon en l'aimé. Le jeu se poursuit et il y a une réponse à ce jeu. Et le jeu et la réponse sont l'expression du divin. Tout et chaque chose est vu, entendu, senti, comme étant le bien-aimé.
Si vous êtes complètement submergé par la peur ou la souffrance et avez le sentiment de ne rien pouvoir faire, alors c'est "ce qui est" et il n'y a rien à faire que d'être submergé. C'est aussi une expression de l'infini. Mais il faut dire qu'à l'aube d'une nouvelle lumière, d'une perception différente, il peut très souvent y avoir exacerbation de nos peurs les plus profondes.
Vous vous agrippez à votre existence apparente. Toute votre vie vous avez été conditionné à survivre, à proroger l'espèce, à prolonger une apparente lignée. Voyez le grand message des médias qui vous enjoint de travailler à réussir votre vie... Hypnotisé par la croyance que vous êtes un individu séparé, vous imaginez de ce fait devoir négocier avec l'existence. Ce qui est tout à fait effrayant.
Ce que vous êtes est au-delà de ce que vous avez jamais cru. Vous êtes simplement en train d'être vécu par l'infini pour découvrir que vous êtes l'infini.... Vous êtes la vie et c'est tout ce que vous êtes. Laissez tomber les pourquoi et soyez simplement, totalement immergés dans le miracle merveilleux de la vie juste telle qu'elle est, ici même, en l'instant même...
Quand l'éveil se produit, il est vu que tout est unité. Tout et chaque chose émane du silence et de l'amour inconditionnel. Il y a donc une transformation de la perception. D'un coup, il n'y a plus de personne séparée ici, rien qu'unité. Dès que cela est vu, le fond de l'être, l'amour inconditionnel, est reconnu en tout ce qui est. C'est comme si, instantanément, tout recelait une présence d'amour, de bienveillance universelle.
Il y a aussi, bien sûr, la vision constante que tout est l'aimé. Ainsi il n'y a jamais le sentiment d'être perdu. Il n'y a plus de questions, nulle part où se rendre, rien de plus à devenir. C'est chez soi.
La vie est le seul gourou. Tout ce qui est arrivé jusqu'ici est votre enseignement et est absolument approprié à votre éveil. Vous n'avez besoin de rien sauf de ce que vous avez. N'est-ce-pas merveilleux ? Donc ne vous tracassez pas à propos de ce dont vous avez besoin ou pas. Tout est fourni. Lâchez prise et reposez-vous en ce qui est et vous ferez certainement la rencontre de l'aimé et redécouvrirez votre nature originelle.
Tout mène à l'éveil. Même ce que votre esprit peut considérer comme nuisible vous rappelle l'existence d'une autre possibilité. Abandonnez simplement votre attachement et votre fascination envers l'histoire personnelle et laissez la vie voir lieu. 
Laissez à ce que vous êtes le loisir d'émerger. Chaque fois que vous laissez tomber la pensée et êtes avec ce qui est, vous arrosez le sol, et la graine continue à croître. Chaque fois que vous prenez conscience de la nature illusoire de votre conditionnement, il se crée un espace où peut fleurir la compréhension. 
L'éveil à notre nature véritable nous place face à la merveille de l'immédiat qui est la seule vraie sécurité. Il est possible alors que vos yeux s'ouvrent et qu'un vaste sentiment de gratitude vous emplisse.
Dans l'éveil on ne voit rien de différent, mais ce qui est vu est désencombré. C'est simplement "ce qui est". Cependant dans ce qui est vu il y a aussi l'essence de l'amour inconditionnel, le fondement de l'être. C'est vu en toute choses que ce soit un coucher de soleil ou une poubelle pleine d'ordures. Chaque chose existe dans la lumière et émane du silence de la source. Il n'y a absolument rien que ne génère ce fond de l'être. Tout est sacré, et nous marchons, parlons et passons notre temps dans ce qui n'est rien moins que le paradis. 
Ici, ici même est le siège de tout ce que vous désirerez jamais. C'est simple, ordinaire et magnifique. Voyez-vous, vous êtes déjà chez vous.

Tony Parsons (Ce qui est)

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290415

Les micropratiques

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110315

Comment confirmons-nous l'existence de la conscience ?

Question – Ma question se rapporte à la confirmation de la conscience. Si vous considérez le monde, le monde de la forme, comme complètement illusoire et impermanent, et nous pouvons le confirmer en étant témoin de son changement constant ou l'impermanence constante durant les cycles qu'elle traverse. Et néanmoins la réalité véritable est la conscience, l’arrière-plan ou le substrat de toute l’existence véritable. Comment confirmons-nous que la conscience est là, qu’elle est immuable et qu’il n’y a pas le choix ? Merci.

Eckart Tollé – Merci. J’ai le sentiment étrange que, d’une manière ou d’une autre, vous connaissez la réponse en votre for intérieur. Êtes-vous consciente dans l’instant ? Oui. La perception se produit. Or, si je vous demande comment vous savez que vous êtes consciente, je ne pense pas que vous soyez capable de répondre à la question, parce que vous savez juste que vous êtes consciente. La façon de savoir n’est pas impliquée, c’est une connaissance directe et c’est une sorte de connaissance très différente de la façon dont vous connaissez les choses du monde extérieur, de la connaissance sujet/objet.

Est-ce que vous savez que vous êtes vivante ? En votre for intérieur, il y a la vie. Il y a là quelque chose, même si le monde entier est un rêve... Vous pouvez dire que c’est un rêve ou que ce n’est pas un rêve, ce qui ne fait aucun doute, c’est que le monde perçu par les sens a beaucoup de choses en commun avec l’état onirique dans le sens où il se dissipe assez rapidement. Les formes vont et viennent. Même le déjeuner d’hier, était-ce un rêve ou l’avezvous réellement pris ? Ce n’est pas vraiment différent, entre rêver que vous avez pris le déjeuner et l’avoir réellement pris. Cela s’est dissout dans ce que nous appelons le passé. Ce n’est plus là.

C’est pourquoi beaucoup de philosophes ont comparé l’existence ordinaire avec un rêve... à cause de l’impermanence. Tout se dissout si vite, tout changeant continuellement. Nous n’avons pas besoin d’en arriver à une conclusion quant à savoir si cette réalité est effectivement réelle ou irréelle, parce que ce n’est qu’une position mentale. Ce n’est qu’un concept qui fait dire à certains : « Pour moi, c’est irréel ».Vous pouvez également lire des philosophes indiens qui parlent à partir d'une très profonde connexion à quelque chose d’absolument vivant et qui déclarent alors : « Ce monde est irréel ». Certains lisent ce qu’ils ont dit et ils en font une croyance. Vous dites « OK » et la prochaine fois où vous parlez à vos amis, vous leur dites : « Vous savez quoi ? Tout est irréel ! » Vos amis répondent alors : « Tu plaisantes ! » Et vous vous mettez à vous disputer : « Je vous dis que c’est irréel ». C’est si irréel que vous vous mettez en colère.

Donc, quand des gens ont déclaré que le monde était irréel, cela provenait d’une réalisation profonde d’un endroit qui est ressenti comme de loin absolument plus vivant que le phénomène de ce monde et en dehors de cela, le monde semble effectivement irréel. On aurait pu utiliser d’autres mots. On aurait pu dire que le monde était onirique. On aurait pu dire que toutes les formes étaient éphémères. Et certains l’ont d’ailleurs dit.

Si c’est un rêve, qu’il soit onirique ou irréel, le fait est qu’il y a quelque chose ou quelqu’un là à quoi, à qui ce rêve apparaît. Autrement, le rêve ne pourrait pas exister. Son existence dépend de l’être. L’existence est la forme et l’être est le sans-forme. Pour que toute chose existe... Disons que c’est un rêve. OK, qui rêve ? Je... rêve. Il doit y avoir une conscience dans laquelle le rêve apparaît. Autrement, il n’y aurait pas de rêve. Tout peut être irréel, sauf la chose qui vit le rêve et ce n’est pas une chose. Le rêve apparaît dans cet espace que vous êtes. Et cet espace pourrait être mis sur le même pied que le moment présent.

C’est pourquoi vous pouvez regarder votre vie rétrospectivement : tout ce qui s’est jamais produit dans votre vie, tout ce que vous avez jamais vécu dans votre vie est arrivé dans l’espace du moment présent. Ce fut toujours « maintenant ». C’est toujours maintenant. Même dire que c’était maintenant, c’est paradoxal d’une certaine façon. Il n’y a pas de « était », la vie est toujours maintenant. Pour que toute chose soit vécue, soit pensée, soit ressentie, cela ne peut arriver que dans le moment présent, dans l’espace du moment présent. Et l’espace du moment présent ne change pas. Pourquoi pas ? Parce qu’il est sans contenu. C’est l’espace, l’état spacieux lui-même. Il ne peut pas changer, parce que s’il ne se trouve rien en lui, il n’y a pas de changement, tout comme pour l’espace dans cette pièce.

L’espace extérieur est une extériorisation de l’espace intérieur de la conscience. Nous la percevons comme l’espace extérieur. Et l’espace dans cette pièce ne peut pas changer. Vous pouvez lui faire tout ce que vous voulez. Vous pouvez crier et lui donner des coups de poing. Il n’y a rien à cogner, mais il vous permet de fonctionner ainsi. L’espace extérieur est donc immuable et bien sûr, il n’existe pas en lui-même à l’extérieur. C’est une projection de quelque chose d’autre à l’intérieur de nous. Ce sont vraiment des choses mystérieuses que l’espace et le mouvement !

Imaginez que vous voyagez comme un point de conscience à travers l’espace infini de l’univers à la vitesse de la lumière multipliée par dix (si une telle chose était possible, Einstein disait que cela ne l’était pas) et vous voyez toutes les planètes, tous les soleils comme vous les voyez dans le film "Star Trek, Next Generation", vous voyez les éclairs des planètes filer. Vous savez qu’il y a une vitesse colossale et disons que d’un seul coup, tout disparaît dans l’univers. Miraculeusement, tous les soleils, planètes et galaxies se dissolvent.

Quelle est votre vitesse à présent ? Et quelle est la taille de l’univers ? Il n’y a que le néant. Tout à coup, il n’y a plus de vitesse. Il n’y en a jamais eu. Vous n’êtes allés nulle part. Ce n’était qu’une illusion. Donc, personne ne va jamais nulle part. Je crois que c’est le philosophe grec, Parménide, qui avait déjà eu cette compréhension. Finalement, rien ne bouge jamais. Toutes ces choses ne sont que des illusions, mais c’est bien ainsi. En essence, vous êtes l’espace pour tout cela. C’est tout ce que vous avez besoin de savoir. Une approche possible pour cela consiste à dire que vous êtes le moment présent. C’est une façon de voir, parce que le moment présent est l’espace.

Le moment présent n’est pas ce qui arrive ; le moment présent est habituellement confondu par les gens avec ce qui arrive dans le moment présent, mais le moment présent est toujours l’espace dans lequel toute chose se produit. Autrement, il y aurait beaucoup de moments présents. Si vous mettez effectivement le moment présent sur le même pied que ce qui se passe dans le moment présent, il y a alors beaucoup de moments chaque jour et chaque heure. Or, si vous savez que votre vie est toujours le moment présent et que tout ce qui y apparaît, apparaît dans cet espace immuable, vous êtes plus proches de qui vous êtes, parce que vous êtes le moment présent.

Cette compréhension ne m’était pas encore venue quand j’ai écrit « Le pouvoir du moment présent ». En fait, je n’avais jamais écrit que l’on est le moment présent. Quelques années plus tard, je donnais une causerie et j’ai dit tout à coup : « Vous êtes le moment présent ». Mais oui, bien sûr ! C’est même une approche qui est mieux que n’importe quoi d’autre : vous rendre compte que vous êtes cela. Parfois, ça prend un temps avant que la compréhension intérieure arrive aux niveaux extérieurs pour être verbalisée en tant qu’enseignement.

Le fait même que vous soyez capables de voir la nature impermanente de toutes les formes implique qu’il y ait quelque chose à partir de quoi la nature impermanente de toutes les formes peut être reconnue. Si tout l’univers était peint en vert ou en bleu, il n’y aurait ni vert ni bleu. Vous ne seriez pas en mesure de le reconnaître. Il y a donc quelque chose à partir de quoi la nature continuellement changeante des choses est perçue. Or, il y a ce qui ne change pas et c’est qui vous êtes. C’est le moment présent, c’est l’espace, l’espace intérieur. C’est la conscience. Il n’y a plus à aller au-delà !

Eckart Tolle - texte intégral ici

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010315

Perfection et globalité

A terme, la seule chose dont il faut se rendre compte est que la vie est perfection exactement telle qu’elle est. Il existe une harmonie suprême sous-jacente qui infuse l’ensemble de la création. Il n’y aucun doute sur ce point.(...) Les dissonances surgissent lorsqu’on envisage les parties sans percevoir la globalité. Pour ainsi dire, les dissonances résultent d’une vision tunnellaire du monde.

Voyons ce qui se passerait si on vous donnait un rouleau de papier toilette vide, que vous l’ameniez devant un oeil et que vous approchiez l’autre extrémité du rouleau à quelques centimètres d’un tableau dans une exposition. Imaginons encore qu’à cet instant, vous écoutiez les commentaires d’un autre visiteur qui, lui, se tiendrait à quelques mètres de vous et regarderait le tableau avec les deux yeux. Comparez votre impression à celle de l’autre visiteur. La voix teintée d’émotion, celui-ci décrit de superbes montagnes bleutées, des forêts vertes et luxuriantes, des rais de lumière transperçant de gros nuages sombres et gorgés de pluie et une prairie dorée, parsemée de taches de lumière. Ce tableau est d’une telle beauté qu’il se sent submergé, dit-il. Lorsqu’on vous demande à votre tour ce que vous voyez et ce que cela vous fait, vous répondez : « Je vois une tache marron avec une traînée de gris en travers. J’ai l’impression d’avoir raté quelque chose. » Peu importe vos efforts, vous serez dans l’impossibilité de vois la beauté ou de ressentir la joie décrite par l’autre visiteur. Votre point de vue est limité. Ceci dit, vous pourriez dire : « Je n’aime pas le marron est le gris et je vais changer de perspective.» Vous déplaceriez le rouleau de papier toilette vide vers un autre endroit du tableau. Là, vous voyez un aune doré et du bleu. Ces couleurs vous plaisent davantage et vous dites : « Oui, à présent je connais la joie dont vous avez parlé. Je préfère de beaucoup le doré et le bleu au marron et au gris. » Mais ce que vous croyez est fondé sur une perspective limitée. Le bleu et le doré perdent rapidement leur charme et vous déplacez de nouveau le tube, puis une nouvelle fois. Vous croyez que si vous faites le tour du tableau en déplaçant le tube à chaque fois, vous parviendrez à assembler toutes ces vues en une seul finalement, à obtenir une vue de l’ensemble du tableau. Mais, votre croyance chevillée au corps, vous continuerez d’amasser des morceaux de visions jusqu’à la fermeture du musée.

Franck Kinslow (Eufeeling - l’art de la paix intérieure)

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171114

Méditation

 

jason-decaires

 

Question d'un disciple :
Quel type de méditation pourrait m'être utile ?

Ramana Maharshi :
Les méditations sur des objets ne servent à rien.
Vous devez apprendre à voir que sujet et objet ne font qu'un. En méditant sur un objet, concret ou abstrait, vous détruisez l'impression d'unité et créez la dualité.
Méditez sur ce que vous êtes en réalité... vous découvrirez...

Le disciple :
Quoi ?

Ramana Maharshi :
C'est à vous de le découvrir. Cela se révélera.
Accrochez-vous à cette révélation.
Tournez votre attention vers le sujet qui perçoit.
Il est la source de votre "je".
Réalisez cela, c'est la tâche qu'il faut accomplir.
Découvrez la réalité que représente ce mot "je".
Découvrez l'entité qui est la source du mot "je".
C'est le Soi, le Soi de tous les soi."
Ne fixez pas votre attention sur toutes ces choses de la vie qui ne cessent de changer, ni sur la mort et les phénomènes.
Ne pensez même pas à l'acte de voir qui vous fait percevoir ces choses, mais seulement à cela qui voit toutes ces choses, cela à qui l'on doit toutes ces choses.
Au début, cela semblera presque impossible, mais les résultats se feront sentir progressivement.
Cela demande des années de pratique quotidienne, mais c'est ainsi que l'on devient un maître.
Chaque jour, pendant un quart d'heure les yeux ouverts, essayez de garder l'esprit fixé sur Cela qui voit.
Il est en vous.
Ne vous attendez pas à ce que "Cela" soit quelque chose de bien précis sur lequel le mental peut se fixer facilement.
Il faut des années pour trouver ce "Cela", mais les résultats de cette concentration seront apparents en l'espace de quatre à cinq mois : paix de l'esprit, pouvoir de faire face aux ennuis, clairvoyance inconsciente.
Je vous ai donné cet enseignement comme les Maîtres le donnent à leurs disciples intimes.
A partir de maintenant, pendant la méditation, concentrez votre pensée non pas sur l'acte de voir ni sur ce que vous voyez, mais sur Cela qui voit.

(Vu sur eveilimpersonnel.blogspot.fr)

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210114

Illuminer le quotidien

Quoi que vous fassiez, faites-le avec une profonde vigilance ; alors même les petites chose deviennent sacrées.
Faire la cuisine ou nettoyer devient sacrés ; cela devient une adoration. L'important n'est pas ce que vous faites, mais comment vous le faites.
Vous pouvez nettoyer le sol comme un robot, mécaniquement ; vous devez le nettoyer, alors vous le faites. Mais vous passez à côté de quelque chose de très beau. Vous gaspillez ces instants en vous contentant de le nettoyer. Nettoyer le sol aurait pu être une grande expérience ; vous êtes passé à côté. Le sol est nettoyé mais quelque chose qui aurait pu se passer en vous ne s'est pas passé. Si vous aviez été conscient, non seulement le sol aurait été nettoyé, mais vous auriez ressenti une profonde purification. Nettoyez le sol en pleine conscience, lumineux de conscience.
Travaillez, restez assis, ou marchez, mais maintenez ce fil continu : faites que des moments de votre vie de plus en plus nombreux deviennent lumineux de conscience. Que la flamme de la conscience brûle à chaque instant, dans chaque acte.
L'illumination, c'est leur effet cumulatif. Tous ces moments mis ensemble, toutes ces petites flammes rassemblées, deviennent une grande source de lumière.

Osho (" Qu’est-ce que la méditation ? ")

 

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190114

Soyez la présence qui perçoit

(...)
Soyez la présence qui perçoit plutôt que la personne qui perçoit. Par exemple, vous pourriez regarder dans cette pièce, si vous êtes un praticien avancé de la conscience, vous pourriez regarder dans cette pièce, la saisir entièrement, sentir la présence qui rend possible la perception, sans rien nommer mentalement. Il n’y a que la conscience spacieuse, des perceptions à travers la conscience spacieuse. C’est une pratique spirituelle étonnante : des perceptions à travers la conscience spacieuse plutôt que le voile des jugements mentaux. "Bon ou mauvais", ce sont toujours des jugements mentaux. Cela en soi est une pratique.
Vous pouvez le faire continuellement où que vous soyez. Vous avez un moment, pourquoi ne pas pratiquer la perception à travers la conscience spacieuse. Ce pourrait être une perception auditive. La perception visuelle est bien sûr la perception principale pour la plupart des humains. Donc, vous pouvez sentir une présence ou une conscience et il y a la perception sensorielle. La conscience est la lumière, non pas la lumière visuelle, la lumière de la conscience qui rend possible la perception.
Sans la conscience qui perçoit cette pièce, cette pièce ne serait qu’atomes et molécules flottant dans l’espace, parce que ce n’est rien d’autre. Ce ne serait pas un théâtre merveilleux du XIXe siècle. Ce seraient des atomes et des molécules en train de flotter, mais il y a ici une lumière de… - Le monde est créé par cette perception consciente. . . . Et c’est une pratique magnifique qui vous libère aussi continuellement du fait d’être enfermés dans la petite personnalité.
Donc, au lieu de fonctionner continuellement en tant que petite personnalité, toujours reliée aux choses à travers les yeux de la petite personnalité conditionnée, vous percevez les choses à travers la dimension transcendante de la conscience et vous devenez la lumière du monde, ce qui est bien sûr essentiellement le sans-forme qui regarde les formes qu’il a créées lui-même. Je recommande donc vivement cette pratique de perception à travers la conscience spacieuse. Cela requiert bien sûr une certaine vigilance et cette vigilance est ce qu’elle est déjà.
Soit vous êtes vraiment capables de regarder dans la pièce pendant une ou deux minutes sans l’ingérence des pensées, soit vous pouvez ne regarder que trois ou quatre secondes, c’est très bien, ça n’a pas d’importance. C’est intemporel dans tous les cas. C’est la dimension intemporelle de la conscience. Donc, trois ou quatre secondes, c’est excellent, ça suffit. Et à mesure que vous pratiquez pendant des temps plus longs, vous pouvez être la conscience. Et un jour, vous pouvez entrer dans un magasin, regarder le vendeur et pendant cinq secondes, il n’y a pas la moindre pensée et vous dites ce que vous avez à dire, puis vous retournez simplement à la conscience.
En étant en relation avec toute personne, en rencontrant les autres, soyez la conscience plutôt que la personne. Vous êtes donc deux, pourrait-on dire, l’identité en tant que forme avec le mental qui est conditionnée par le passé et la dimension intemporelle de la conscience. Et parfois, il ne s’agit pas nécessairement d’être l’une ou l’autre bien que cela arrive aussi. La plupart des gens ne sont toujours que la personne, inconscients de la conscience. Il peut aussi arriver que vous passiez du temps dans la conscience au lieu de penser ou avec peu de pensées. Mais les deux arrivent principalement ensemble de sorte que quand vous vous mettez à penser, l’espace demeure. Même en pensant, il y a toujours le sentiment de la présence à l’arrière-plan.
(...)

Eckhart Tolle
(l'intégralité de la conférence ici)

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160114

Sortir du stress par l’attention

 

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Arrêter la chasse aux pensées
Le tigre est aux aguets. Ses muscles se tendent. Son attention se resserre. Il guette ses proies. Il choisit une gazelle qui semble plus faible que les autres, et se focalise sur elle uniquement, reléguant le reste du troupeau à l’arrière-plan. Lorsque la chasse commence, il ne court plus qu’après ce seul animal, oubliant tout le reste. Une fois son but atteint, l’attention du tigre repu se relâche et les animaux qui passent à sa portée non pas plus d’importance pour lui que le paysage qui l’environne. Nous empruntons ce détour par une scène de la vie animale pour parler aujourd’hui d’un problème de santé publique dans les sociétés occidentales : le stress. Le stress est un état de tension intérieure, qui prend une forme aussi bien physique que mentale et se manifeste par toutes sortes de désagréments, agitation, douleurs chroniques, anxiété généralisée, troubles du sommeil, de l’alimentation, et surtout troubles des capacités d’attention. Ce tableau clinique, bien connu des médecins et des psychologues, mais aussi de monsieur tout-le-monde car il en souffre directement, n’est pas une fatalité. Le monde moderne va en ce sens, et nous bombarde d’informations, de stimuli en tout genre, et nous contraint à suivre une vitesse croissante dans le traitement de ces informations. Certains peuvent le déplorer, mais le ressort de cet état de fait collectif est le plaisir que l’on peut ressentir à être ainsi soumis à une pression grandissante, sommé de réagir, dans une tension certes douloureuse mais qui fait se sentir vivant, « au taquet » dit-on. Nous adorons sentir notre esprit comme un tigre en chasse… Mais l’animal, parfois plus sage que l’homme, sait quand il faut s’arrêter et une fois son objectif à court terme rempli, il passe à un autre mode attentionnel. Cela, les hommes ne savent plus le faire. Ils courent sans cesse après leurs pensées, leurs préoccupations, leurs obligations professionnelles ou sociales, entre le téléphone mobile et internet, entre la télévision et les divertissements, comme autant de stimulations accaparantes. Nous en sommes venus au point d’être des handicapés de l’attention, prisonniers du stress, qui fait des ravages, causant un grand nombre de maladies et de dépressions réactionnelles. Mais en sortir est possible : par l’attention.

L’attention n’est pas la concentration
D’abord, qu’est-ce que l’attention ? La méditation, au premier chef, nous l’apprend. Il s’agit d’y développer un sens de pleine présence, d’ouverture consciente. Ce n’est pas l’attention coincée du « fais attention ! » mais une présence d’esprit plus large et précise à la fois. L’attention est le vrai secret de la pratique de la méditation par où la vie change, les choses s’ouvrent. Ce secret est connu des pratiquants bouddhistes, mais commence à trouver écho hors de la sphère de la spiritualité. La médecine occidentale commence à s’en nourrir. En France, la vague arrive, pour preuve le Nouvel Observateur a fait sa une de couverture sur la méditation comme nouvelle forme thérapeutique. L’approche mindfulness développée par Jon Kabat-Zinn en est un exemple éminent, de même que l’Open-Focus du psychologue américain Les Fehmi.
Ce dernier explore dans son livre La pleine conscience (Belfond, 2010) une découverte simple mais féconde : l’attention, et surtout la manière que nous avons de prêter attention est au cœur de notre esprit et de notre manière d’être au monde. « La maîtrise de l’attention conduit à des changements (…) sur la totalité du système nerveux, sur les muscles, le corps, la force morale et l’esprit dans son ensemble » Nous ne connaissons encore qu’imparfaitement les ressources de l’esprit, et nous restons fixés sur une dimension étroite de l’attention, comparable à la concentration, à la focalisation (focus) sur un objectif unique, au détriment d’autres dimensions plus ouvertes et intégratives. Fehmi recense les richesses qui sont nôtres à ce niveau et distingue quatre formes d’attention : étroite, diffuse, objective et immergée.
Pour Les Fehmi, de nombreux problèmes peuvent être résolus en changeant simplement de mode d’attention. Il s’agit d’équilibrer entre les quatre types et retrouver une balance plus juste. L’esprit n’a pas à se limiter ainsi, obnubilé par la performance de ce qui est à faire sur l’instant, mais il connaît souplesse et plasticité, permettant de faire rentrer dans le champ de la conscience toutes les nuances de l’expérience qu’une visée étroite exclue pour plus d’efficacité. La visée ouverte préconisée par la méthode Open-Focus est un mode d’attention qui admet à la fois la visée étroite (concentration) et la visée diffuse (perception élargie), les invitant à cohabiter pour une attention plus pleine et une vie plus unifiée.

Attention ouverte
« Attention veut dire "être à l’affût" et non regarder "quelque chose". Ce qui implique un processus de vivacité intelligente et non pas l’action mécanique d’observer bêtement ce qui arrive. » écrit Trungpa Rinpoché dans Le Cœur du sujet. Il ne renverse pas ici la perspective, car cela se réfère plutôt au tigre attentif, ouvert, avant qu’il n’engage sa course effrénée et manque toutes les possibilités qui s’offrent à lui. L’esprit ressemble alors plutôt à l’image traditionnelle du porc qui mange tout ce qui traîne sur son chemin et fonce droit devant sans discrimination, sans intelligence. Ce type de focalisation sur « quelque chose » n’est pas souhaitable, car cela nous fait perdre l’ouverture, la présence, ou ce que Thich Nhat Hanh nomme la pleine conscience. Il est crucial de voir comment l’attention fonctionne, et le travail de Les Fehmi peut y aider par sa précision scientifique qui sépare et analyse les modes attentionnels. Après tout, il n’y a pas à faire de l’attention une idole, quelque chose d’intouchable dans un domaine séparé de la vie, loin des préoccupations quotidiennes. Ce n’est rien de particulier, rien de plus naturel en un sens, si seulement nous ne l’avions oublié avec tant de force. La méditation ouvre des capacités présentes chez tout être humain, mais perdues. Ce n’est pas un exercice spirituel en tant que tel, mais il s’agit d’y ouvrir un rapport au monde que notre éducation nous a fait oublier.

Prêter attention transforme
Toutefois il ne faudrait pas confondre les domaines. La méditation est une révolution quant à notre être entier. Ce n’est pas un outil technique de développement personnel mais un nouveau rapport à l’entièreté de ce qui est. C’est l’appel de la liberté qu’apporte l’attention ouverte. Entendue ainsi, il n’y a pas de contradiction entre les approches psychologiques ou médicales de l’attention et la voie du Bouddha. L’enseignant bouddhiste Fabrice Midal en atteste : « Quelque chose œuvre en vous par la méditation, qui n’est pas de l’ordre de la pensée, la saisie y est impossible. La méditation vous transforme indépendamment de ce que vous voulez. Votre vie change, mais nous ne décidez pas dans quelle direction. Une sagesse plus grande œuvre en vous, par le fait même que vous portez attention. » Prêter attention transforme de soi-même. Les Fehmi va en ce sens lorsqu’il écrit « Chacun a la capacité de rééquilibrer et de guérir son système nerveux pour mettre fin à ses problèmes, soulager sa souffrance, ralentir son rythme de vie tout en accomplissant davantage de choses, vivre plus en profondeur, optimiser ses fonctions physiques et mentales et améliorer radicalement sa vie quotidienne. Comment ? La réponse est simple, elle est à la portée de tous. Il s’agit de changer sa façon de faire attention. »

Nicolas d'Inca
sur Psychologie et Méditation

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