120817

Nada-yoga

Le Nada Yoga est une pratique de concentration connue de l'hindouisme aussi bien que du Bouddhisme qui consiste à fixer l'attention sur un son que l'on peut entendre à l'intérieur des oreilles et de la tête.
Ce qui caractérise ce son est qu'il augmente d'intensité en fonction du degré de concentration du méditant.
Dans le Shurangama Sutra, essentiel dans la tradition du Bouddhisme mahāyāna chinois, Avalokiteśvara déclare qu'il a atteint l'illumination grâce à la concentration sur le subtil son intérieur. Le Bouddha félicite alors Avalokiteshvara et déclare que ce moyen est la suprême voie de l'Éveil.
Ce son est également connu en Inde et a été utilisé largement par le mouvement des Radha Soami (en).
Il y est fait référence dans le traité sur le yoga intitulé Hatha Yoga Pradipika :
« Cette sonorité qui est le Son primordial d'où découle toute la Création est perçue comme une vibration sonore à l'intérieur du Sushumnâ. Pour l'écouter, il faut adopter une mudra spéciale. Les phases de l'écoute du son sont liées aux étapes de la remontée de la Kundalinî. »
En Occident, Edouard Salim Michael a consacré plusieurs chapitres de son premier ouvrage La voie de la vigilance intérieure au Nada Yoga. Ce support de concentration est également enseigné par le vénérable Ajahn Sumedho de la tradition des moines de la forêt du Bouddhisme theravāda qui y fait référence notamment dans son ouvrage The Sound of Silence.

(Wikipedia)

 

 

Extrait de " La voie de la vigilance intérieure " par Edouard Salim Michaël :

Quand le chercheur entendra pour la première fois ce son mystique au cours de sa méditation, il se peut que celui-ci soit très faible - suivant son ardeur et son niveau d'être. Et, même s'il l'a entendu et reconnu, ce son pourra quelques fois s'évanouir, puis se remanifester. Il jouera, pour ainsi dire, avec lui, mettant sans cesse sa persévérance à l'épreuve. Il se peut même qu'il disparaisse complètement et que l'aspirant ne le perçoive plus du tout pendant quelque temps. Il ne doit pas se décourager pour autant, mais le chercher encore et encore avec persistance, jusqu'à ce qu'il parvienne à l'entendre à nouveau.
L'importance de ce Nada (ce son sacré) ne peut être assez souligée. Il peut être comparé à un poteau indicateur divin qui montre avec compassion le chemin au chercheur qui lutte dans sa quête capitale.
En général, les pensées et les sentiments de l'être humain changent constamment. Toujours balloté par les vagues du flux incessant de son mental, il ne connais pas de continuité intérieure d'être. Sans but véritable, il est pareil à une feuille morte chassée passivement çà et là par les vents toujours changeants de ses humeurs, de ses pensées et de ses désirs. Et ses humeurs, ses pensées et ses désirs se trouvent sans cesse influencés par les conditions extérieures ainsi que par toutes sortes de forces invisibles qui agissent en lui.
Lorsque le chercheur aura reconnu ce Nada et qu'il se sera suffisamment familiarisé avec lui, il s'apercevra que, contrairement aux conditions intérieures et extérieures toujours changeantes auxquelles il était habitué jusqu'alors, ce son mystique possède une étrange continuité qui n'est pas de ce monde. En plus de la description qui en a été faite au chapitre précédent, on peut encore dire qu'il peut être comparé au doux murmure du vent et au bruissement continu des vagues de l'océan, auxquels s'ajoute un son strident et suraigu composé de toutes les harmoniques de l'univers. Dans les plus hautes sphères, ce Nada sacré possède une sorte d'étrange timbre argentin quelque peu analogue au tintement continuel de minuscules morceaux de verre, auxquels se superposent d'autres sons toujours plus subtils, jusqu'à ce que, finalement, ces sons plus ténus semblent disparaître dans l'infini.

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130414

Chladni : La vibration est à l'origine de toute forme

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Merci K de N !

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200214

Le Son est-il le système nerveux du cosmos ?

Il existe un moyen de rendre les sons visibles. On appelle « cymatique » cette science énigmatique, qui puise ses racines dans l’histoire de l’univers. Quelle est la nature de l’onde sonore? Que sait-on vraiment de son pouvoir sur nous ?

Allemagne, 18e siècle. Ernst Chladni est un mathématicien doué et discret. L’homme est aussi musicien et sa passion pour le violon va le conduire à une découverte extraordinaire. Saupoudrant de sable un disque de cuivre, il en frotta le bord avec son archet. La plaque se mit à vibrer et le sable à se déplacer, dessinant d’authentiques formes géométriques. « Qu’on juge de mon étonnement voyant ce que personne n’avait encore vu », dira plus tard son ami et philosophe Lichtenberg, auteur de travaux sur l’électricité statique.

 

chadlni

 

Dans les années soixante, le physicien Hans Jenny sera le premier à révéler ce phénomène oublié. Grâce à l’évolution de l’électronique, il prolonge les recherches et fait varier les supports. Il invente le tonoscope, petit appareil tubulaire assorti d’une membrane sur laquelle on aura versé de la poudre, qui permet de créer des formes étonnantes avec le son de sa voix. Plus d’un siècle après les premières expériences, Jenny livre des observations d’une grande précision sur la nature du son, et invente une nouvelle science : la cymatique. Du grec "vague", la cymatique étudie l’interaction du son et de la matière. Les outils de mesure acoustique modernes ont permis d’étudier ces modulations spontanées : dans l’eau par exemple, un son grave produit un cercle entouré d’anneaux ; un son aïgu accroît le nombre d’anneaux concentriques. Soumise au rythme des oscillations, la variété de formes générées semble sans limite. Hans Jenny parlera de « modèle dynamique mais ordonné ». Quel pouvoir autonome renferme l’onde sonore ?

Toute activité produit du bruit. Du plus retentissant au plus subtil, il est trace du mouvement. Christian Hugonnet, ingénieur acousticien et fondateur de la Semaine du Son, décrit un enchaînement simple : « l’action entraîne la vibration de l’air qui va déplacer des molécules, se choquant les unes aux autres comme pour se transmettre un message ». Avant d’être une manifestation audible, le son se caractérise par un changement moléculaire, sur une surface donnée et en un temps donné. Dans cette équation, nul besoin d’oreille pour considérer qu’il y a dynamique sonore. C’est la fréquence de l’onde qui va diriger toute l’énergie.« Dans l’expérience avec le sable, les grains s’agglutinent là où la fréquence est haute », détaille le spécialiste. La propriété d’un corps à entrer en résonance avec le flux d’énergie va créer la forme. La matière prend la forme de l’énergie qui lui est adressée.

Le son primordial

Spirales, polygones, stries… ces marques sont souvent analogues à celles déjà présentes dans la nature. « J’ai constaté qu’une plaque elliptique soumise à des vibrations sonores reproduit les figures qu’on trouve sur la carapace d’une tortue », constate le photographe Alexander Lauterwasser. Une morphogenèse fondée sur la transmission de codes génétiques nécessaires à la formation des masses et à leur différenciation, et qui révèle un processus harmonieux dans l’ADN terrestre. Dès lors, est-il possible que les formes animales et végétales qui nous entourent – et la matière vivante dans son ensemble – soient elles-mêmes le résultat de vibrations, comme le rapportent de nombreuses traditions ?

Bien avant ces découvertes scientifiques, les cultures traditionnelles du monde entier ont développé leur récit mythologique de la création de l’univers. La voix et le souffle y sont féconds. « Au commencement était le verbe, dit l’Evangile. Les textes celtes sacrés évoquent Trois Cris qui firent éclater l’Oeuf du Monde », rapporte le Docteur Alain Boudet, enseignant et conférencier. « Chez les hindous et les bouddhistes, le principe structurant du chaos d’origine est le mantra Om et les Mayas parlent du chant des Dieux comme du système nerveux de l’univers ». Une cosmogonie universelle, portée par des figures archétypales semblables aux formations cymatiques, telles que les mandalas. Ces mystérieuses corrélations entre figures naturelles et symboliques renverraient à une intuition de la forme, perdue avec le temps : « Cette géométrie originelle est en nous. Nous l’avons oubliée à mesure que le mental s’est imposé », raconte Alain Boudet. Dans son ouvrage Cymatics, le pionnier Hans Jenny conclut à la puissance fondamentale et génératrice de la vibration. Sa périodicité soutient la bipolarité de la vie : le mouvement et la forme. La vibration comme source de toute chose : un constat, mais aussi une opportunité de reconsidérer le monde dans lequel nous évoluons.

Echos d’avenir

Pythagore disait : « L’homme possède toutes les valeurs du cosmos ». L’auteur du célèbre théorème de géométrie a développé le principe de microcosme, reliant l’organisme humain à l’organisation de l’univers. L’influence du son invite désormais à une nouvelle écoute du vivant. « La biorésonance nous renseigne sur la fréquence optimale de nos organes », explique Andreas Freund, physicien quantique. Au Tibet, les bols chantants sont reconnus pour leurs vertus. Leurs tonalités spécifiques communiquent avec la matière cristalline de notre corps : les os, les tissus et l’eau qui nous compose à 70%. Plus le son est grave, plus l’on travaillera la zone racine du corps. Comme la cymatique, notre résonance cellulaire trace un chemin pour la vibration, réharmonisant notre énergie interne. Un processus identique aux diapasons thérapeutiques employés depuis des siècles en Europe, dont les fréquences en hertz sont réglées pour des actions cibles. Mais pour masser nos entrailles, quel meilleur instrument que la voix ? Le chant harmonique des traditions chamaniques, aussi appelé chant diphonique dans nos conservatoires de musique, est une technique vocale sur deux notes simultanées, par un positionnement de la langue et des lèvres. Curiosité ou évidence biologique, ce son très apaisant ressemble à celui des vents solaires.

La vague de l’action contient à la fois l’intention et son empreinte. « Le son in-forme. Il est porteur d’information », nous dit Andreas Freund. Une attention portée aux messages de la nature, qui permet aujourd’hui de décrypter jusqu’au langage par ultrasons des dauphins ou la sensibilité des plantes. La dimension vibratoire du son sert de modèle dans une recherche de cohérence et d’alignement. Ses explorations scientifiques, artistiques et spirituelles offrent les clés d’une autre conscience de l’homme et de son environnement, vers une nouvelle signature écologique.

Source : INREES - vu sur étrange et insolite

 

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