221117

Témoin d'éveil

Enfant, j’avais vécu à plusieurs reprises des expériences de modification d’état de conscience. Je ressentais ce processus comme normal. C’était dans l’ordre des choses.
Le jour où cela s’est à nouveau imposé en moi, je disposais de temps pour m’y consacrer pleinement.
Un dimanche d’automne à la campagne, quelques amis sont à la maison et, le repas terminé, certains se préparent à faire une promenade dans les bois, d’autres à passer l’après-midi à bavarder devant le feu de cheminée. Je suis dans la cuisine pour effectuer quelques rangements avant de les rejoindre lorsque, soudain, je prends conscience que quelque chose est changé, différent. Tout est net, clair, limpide, immédiat, comme si un voile avait été enlevé, comme si une vitre avait disparu. Je n’ai plus l’impression de regarder autour de moi, le centre du regard a disparu, « je » ne suis plus dans le regard.

Soudain un voile s’est ouvert, comme si une vitre avait disparu… Je ne suis plus dans le regard… Tous les sens sont clairs, éveillés, sensitifs, l’action a lieu « au bout des doigts » ; la main perçoit les sensations. L’oeil voit, l’oreille entend, mais le mental est silencieux ; il enregistre sans commentaire, sans interprétation, sans prolongement, et la perfection du geste va de pair avec cette absence de raisonnement… Silence profond intensément présent… amour infini qui émane de sa propre nature, irradie de lui-même, de toute chose et de toute vie.

Les autres, le monde qui m’entoure, le personnage que je suis participent d’une même vie, d’une même substance, sans séparation, sans rupture, dans un même mouvement fluide et harmonieux. Les gestes coutumiers se déroulent d’eux-mêmes, simples, faciles, portés par le silence intérieur intensément présent. Silence et amour infini qui émane de sa propre nature, irradie de lui-même et de toute chose. L’apparence du monde n’a pas changé, mais le monde vit autrement, habité par ce silence et cet amour qui sont le cœur de toute chose et de toute vie. Le personnage (que je suis) n’a pas changé, mais « je » n’est plus dans le personnage, remplacé par ce silence et cet amour qui rayonne et chante à l’infini. J’en suis totalement abasourdie. Je ne comprends pas ce qui a pu se passer : comment l’esprit, sans se diviser, peut-il aller dans deux directions différentes, se rejoindre lui-même et se retrouver UN, Infini à l’infini, béatitude dans la lumière ?
Et pourtant, c’est tout à fait clair, aussi simple et évident que d’ouvrir et fermer les yeux.

Marigal

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191117

Percevoir l'ultime

 

Je découvre que ne pas se percevoir comme séparé est quelque chose de très simple, en fait. C'est juste une manière de se situer dans l'espace, dans le monde. C'est sentir que je suis différente de ce qui m'entoure dans la forme, mais identique dans l'essence.
L'ultime, l'arrière plan, le niveau superlumineux de la conscience - pour reprendre l'expression du physicien David Bohm - est toujours là. Il est l'océan dans lequel nous barbotons. Le ressentir demande de développer de la finesse car c'est un plan très subtil. Aucune densification, c'est d'une légèreté absolue. Les sensations, les pensées et les émotions le dissimulent car elles sont plus denses et accaparent l'attention.
Pour le percevoir, il faut le calme émotionnel et mental et imagnier que toute perception sensorielle disparaît. Ces outils de la conscience perdent alors en densité et les voiles se soulèvent pour l'ultime. Il ne reste que la perception d'être.
(...)
Peu à peu, à force d'y exercer son attention, la perception du subtil va s'affiner. Jusqu'au moment où il ne sera plus voilé par le mental ni les sensations. Il pourra alors être perçu en permanence, sans qu'il soit nécessaire de faire un effort de centrage.
La sensation qui en découle est un enveloppement doux et caressant, un frémissement ininterrompu, un rayonnement. Les pensées, les émotions et les sensations s'en imprègnent et deveinnent à la fois plus fines et plus paisibles.

 

Suyin Lamour - Extrait de "La joie d'être" aux Editions Accarias L'ORIGINEL

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171117

De nada

Un jour, alors qu’il méditait et ne cessait de plonger toujours plus profondément en lui-même, avec une détermination croissante mais tranquille, en augmentant constamment l’intensité et la force de sa concentration sans la laisser à aucun moment faiblir ni fluctuer, soudain, tandis que la sensation de son corps devenait toujours plus fine et raréfiée, ce Nada sacré commença à vibrer dans ses oreilles d’une façon inhabituelle, grondant dans sa tête avec une puissance et une intensité incroyables, qu’il n’avait jamais connues auparavant.
Tout à coup, avec une force stupéfiante et une rapidité fulgurante, il fut aspiré au sommet de son crâne. En même temps, il sentit que son front s’ouvrait de l’intérieur et que la vision de ses deux yeux fusionnait intérieurement au centre de son front.
Simultanément, il éprouva l’étrange et puissant sentiment d’être mort et retourné à sa Source d’Origine. Il fut aussi saisi par la sensation inexprimable d’être immergé dans le Grand Tout, et ce fut comme s’il avait découvert et compris le secret mystérieux qui se dissimule derrière la vie, les étoiles et l’Univers. Un immense silence éternel d’une qualité inconnue de ce monde régnait.
Par la suite, et pendant plusieurs jours, son corps lui sembla incroyablement libre et léger, comme s’il s’était transmué en éther. Quelque chose de cette sensation est demeuré avec lui depuis lors. Il éprouvait un étrange et indéfinissable état de bien-être, baigné d’un calme intérieur ineffable, d’un contentement indescriptible et d’un sentiment d’amour tel qu’il n’en avait jamais connu, accompagné d’une profonde tendresse dans le plexus solaire.
Plus tard, lorsqu’il essaya de formuler en mots l’étrange secret qu’il avait découvert concernant la vie, les étoiles et l’Univers, il ne put jamais y parvenir, bien que la réalité de cette mystérieuse compréhension l’ait toujours accompagné depuis.
Au cours de cette expérience spirituelle extraordinaire, il reçut une subtile connaissance et un avant-goût, qu’il ne comprit pas pleinement tout de suite, de l’état d’après la mort, un état qui devint, au fur et à mesure qu’il continua à méditer, toujours plus clair et réel. »
Depuis ce jour capital, son existence prit un sens entièrement différent ; son but dans la vie changea du tout au tout. Tout ce qui l’intéressait auparavant, et qui lui avait semblé si important, ne signifiait tout à coup plus rien.
Cet état extra-ordinaire qui ne peut être expérimenté qu’au plus profond de soi-même est perçu comme un Soi vaste, transparent et sans forme, qui se répand au delà du corps physique, dans toutes les directions à l’infini — un “Spectateur” énigmatique et dépourvu de forme, plongé dans une auto-contemplation silencieuse. Pareil à un océan de conscience sans limite, sans début ni fin, ce Soi invisible, bien que sans forme, possède une réalité immensément plus grande que celle du corps terrestre tangible. En fait, comparée à cet état inhabituel d’être, l’apparence physique perd toute réalité. Dans cet état sacré, le contemplant, le contemplé et la contemplation forment une seule et même unité. Il s’agit d’un acte profondément mystérieux et inexplicable dans lequel, paradoxalement, il y a contemplation du Soi en même temps qu’être le Soi qui est contemplé."

Edouard Salim Michael "la Voie de la Vigilance Intérieure" (Editions Guy Trédaniel)

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281017

Retournement de la conscience

Un passage du fameux Fukanzazengi nous semble particulièrement intéressant dans la mesure où il rectifie un point important. Dogen nous dit en effet qu’il faut «apprendre l’introspection qui dirige la lumière vers l’intérieur, pour illuminer notre vraie nature. Le corps et l’âme d’eux-mêmes s’estomperont, et notre visage originel se révélera».
Qu’est-ce que cette introspection qui dirige ou retourne la lumière vers l’intérieur pour illuminer notre vraie nature ? Il s’agit simplement de retourner la conscience sur elle-même, soit d’observer l’observateur. Contrairement à ce qui est souvent enseigné, il ne faut ni se concentrer sur la posture, ni sur la respiration, ni même observer les pensées, mais uniquement prendre conscience de notre propre conscience.
Ainsi, nous nous établissons dans la nature de l'esprit que Dogen nomme Hishiryo. Hishiryo n’est autre que notre conscience consciente d’elle-même dans laquelle pensées et absence de pensées prennent place. Comme elle n’est pas affectée par les pensées, nous pouvons les laisser s’écouler librement sans que leur mouvement n’affecte notre état contemplatif.
En pratiquant le retournement de la conscience sur elle-même, notre vraie nature (visage originel) se révèle d'elle-même, car l'essence de l’esprit est à la source de la conscience ordinaire. Avec un peu de pratique, notre corps et nos pensées sont perçus comme irréels, flottant comme des hologrammes dans l’espace de la conscience vide et radieuse.
Ce dépouillement du corps et de l'esprit par le retour de la lumière n'est autre que la voie directe du Zen qui pointe directement vers la nature de l'esprit pour s'éveiller et accomplir la voie du Bouddha.
Comme Hishiryo est notre état naturel lorsque l’on renonce à tout effort, il n’y a rien à faire. Il faut juste s’asseoir (Shikantaza). Comme cette non-pratique ne fait que clarifier notre nature originelle voilée par les cinq skandhas, l’éveil n’est pas une finalité à atteindre pour Dogen, mais le dévoilement de notre nature de Bouddha.
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141017

Objet et perception

On ne peut entendre un son que par l'intermédiaire de l'ouïe et l'on ne peut voir un objet que si le sens de la vue en permet la perception. Il n'y a pas d'objet sans vision et de vision sans objet. Nous ne devrions donc pas dire que nous voyons un objet ou nous entendons un son, mais au contraire que nous constatons l'activité de la vision ou de l'ouïe.
Mais cela n'est pas suffisant, en allant encore plus loin, on peut comprendre qu'il n'y a aucune perception possible si la conscience elle-même ne pénètre pas les organes des sens. Le monde n'est donc pas autre chose que sensorialité et, en toute rigueur métaphysique, on ne doit pas dire qu'on voit un objet mais seulement qu'on constate la présence de la conscience.
On peut dire qu'il y a des vagues et de l'écume, mais ce n'est rien d'autre que de l'eau. Les formes ne sont pas réellement distinctes de leur essence. On peut expliquer qu'elles sont une expression ou une manifestation de cette essence, mais elles sont quand même essence.

Jean Klein - La joie sans objet (Edition Almora)

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120817

Nada-yoga

Le Nada Yoga est une pratique de concentration connue de l'hindouisme aussi bien que du Bouddhisme qui consiste à fixer l'attention sur un son que l'on peut entendre à l'intérieur des oreilles et de la tête.
Ce qui caractérise ce son est qu'il augmente d'intensité en fonction du degré de concentration du méditant.
Dans le Shurangama Sutra, essentiel dans la tradition du Bouddhisme mahāyāna chinois, Avalokiteśvara déclare qu'il a atteint l'illumination grâce à la concentration sur le subtil son intérieur. Le Bouddha félicite alors Avalokiteshvara et déclare que ce moyen est la suprême voie de l'Éveil.
Ce son est également connu en Inde et a été utilisé largement par le mouvement des Radha Soami (en).
Il y est fait référence dans le traité sur le yoga intitulé Hatha Yoga Pradipika :
« Cette sonorité qui est le Son primordial d'où découle toute la Création est perçue comme une vibration sonore à l'intérieur du Sushumnâ. Pour l'écouter, il faut adopter une mudra spéciale. Les phases de l'écoute du son sont liées aux étapes de la remontée de la Kundalinî. »
En Occident, Edouard Salim Michael a consacré plusieurs chapitres de son premier ouvrage La voie de la vigilance intérieure au Nada Yoga. Ce support de concentration est également enseigné par le vénérable Ajahn Sumedho de la tradition des moines de la forêt du Bouddhisme theravāda qui y fait référence notamment dans son ouvrage The Sound of Silence.

(Wikipedia)

 

 

Extrait de " La voie de la vigilance intérieure " par Edouard Salim Michaël :

Quand le chercheur entendra pour la première fois ce son mystique au cours de sa méditation, il se peut que celui-ci soit très faible - suivant son ardeur et son niveau d'être. Et, même s'il l'a entendu et reconnu, ce son pourra quelques fois s'évanouir, puis se remanifester. Il jouera, pour ainsi dire, avec lui, mettant sans cesse sa persévérance à l'épreuve. Il se peut même qu'il disparaisse complètement et que l'aspirant ne le perçoive plus du tout pendant quelque temps. Il ne doit pas se décourager pour autant, mais le chercher encore et encore avec persistance, jusqu'à ce qu'il parvienne à l'entendre à nouveau.
L'importance de ce Nada (ce son sacré) ne peut être assez souligée. Il peut être comparé à un poteau indicateur divin qui montre avec compassion le chemin au chercheur qui lutte dans sa quête capitale.
En général, les pensées et les sentiments de l'être humain changent constamment. Toujours balloté par les vagues du flux incessant de son mental, il ne connais pas de continuité intérieure d'être. Sans but véritable, il est pareil à une feuille morte chassée passivement çà et là par les vents toujours changeants de ses humeurs, de ses pensées et de ses désirs. Et ses humeurs, ses pensées et ses désirs se trouvent sans cesse influencés par les conditions extérieures ainsi que par toutes sortes de forces invisibles qui agissent en lui.
Lorsque le chercheur aura reconnu ce Nada et qu'il se sera suffisamment familiarisé avec lui, il s'apercevra que, contrairement aux conditions intérieures et extérieures toujours changeantes auxquelles il était habitué jusqu'alors, ce son mystique possède une étrange continuité qui n'est pas de ce monde. En plus de la description qui en a été faite au chapitre précédent, on peut encore dire qu'il peut être comparé au doux murmure du vent et au bruissement continu des vagues de l'océan, auxquels s'ajoute un son strident et suraigu composé de toutes les harmoniques de l'univers. Dans les plus hautes sphères, ce Nada sacré possède une sorte d'étrange timbre argentin quelque peu analogue au tintement continuel de minuscules morceaux de verre, auxquels se superposent d'autres sons toujours plus subtils, jusqu'à ce que, finalement, ces sons plus ténus semblent disparaître dans l'infini.

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290717

La seule vérité

La conscience d’être est la seule vérité absolue et c’est la seule connaissance que personne ne vous a jamais appris.

Quelqu’un vous a appris comment vous comporter, comment être, quelqu’un vous a convaincu de prendre partie pour le bien, quelqu’un vous dicte comment vous rendre là où vous avez envie d’aller – Vous n’avez jamais eu besoin de quelqu’un pour savoir que vous étiez.

Ainsi, hors de cette connaissance, tout le reste est une vérité relative. Par exemple, quand on dit que le soleil se couche, c’est vrai en perspective, mais le soleil ne se couche jamais dans les faits, il reste au centre de cette galaxie. Encore, ce n’est qu’une vérité relative, car cette affirmation repose sur ce que nous théorisons à propos du système solaire du à une perspective erronée.

Nous pouvons dire que toute affirmation est ultimement fausse, aussi vraie semble-t’elle. Même quand on dit ”Je suis”, le mental n’y voit que deux mots, la conscience reconnaît la vie au-delà de cette forme et c’est pour cela que les grands maîtres zen furent réputés pour leurs enseignements silencieux.

Comment se fait-il que la conscience respire le calme et est comblée ?

Cache-t’elle bien son jeu en utilisant la magie pour vous faire croire que vous êtes en paix ? Ce serait plutôt la tasse de thé du mental, la conscience émet une paix sans effort et sans avoir votre permission.

Si vous doutez, retournez à la source, laissez ce doute s’éteindre et trouvez la réponse dans votre nature première. Cette nature c’est vous avant d’être modelé par cette culture et cette société. Quand le mental s’arrête, la source jaillit avec paix, c’est comme la respiration, c’est automatique.

Yuri Lamarche

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160717

Eveil ou la vie ne meurt pas

  

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130717

;)

Regardez... regardez...

vous allez voir.

Jean Bouchart d'Orval

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