110517

Qu’est-ce que l’illumination ?

Qu’est-ce que l’illumination, non mais vraiment, qu’est-ce c’est ?
Amis et famille ont longtemps insisté pour que j’écrive et parle de mon expérience et de ma compréhension de ce sujet. J’ai hésité, non pas parce que l’illumination est si difficile à décrire, mais parce qu’elle a tendance à vous rendre paresseux. 
Avant le changement, j’étais très actif, j’écrivais, je lisais, je jouais de la musique, faisais du sport, bref j’étais toujours en mouvement. Mais après le « changement » comme je l’appelle, il y avait la claire vision que toute cette activité était stupide et qu’elle exigeait un effort incroyable.
Mais avant de poursuivre, laissez moi poser le fait fondamental : je suis éveillé. Je me suis éveillé il y a un an environ. Je sais ce que je suis, ce que j’ai toujours été et ce qu’il est impossible de cesser d’être. Certains appellent cela illumination, ou vérité ultime, conscience de l’unité, esprit infini etc. Mais tous ces noms ne disent pas au non éveillé, ce que c’est. Même moi, je l’appelle « le changement », ce n’est pas vraiment exact, car rien n’a vraiment changé, mais paradoxalement, un énorme changement a pris place.
En termes simples, j’étais auparavant Steve qui vivait sa vie, mais maintenant je suis l’expérience de Steve qui vit sa vie. C’est un changement de perspective. Avant ce changement de perspective, j’avais pratiqué, pendant environ trois ans, une méditation d’intensité moyenne qui consistait à regarder la respiration, répéter quelque peu un mantra et aussi questionner le soi à la manière de Ramana Maharshi. Parallèlement à ces techniques, il y avait un intense désir de trouver et de connaître la vérité. J’ai lu tout ce que je pouvais trouver sur l’illumination.
Après environ trois ans, j’ai eu ma première expérience de « non-dualité » comme on l’appelle. 
Je venais de lire un passage de Ken Wilber « Le spectre de la conscience » où il indique que la conscience ordinaire est la conscience ultime. Cela m’a vraiment touché, j’ai posé le livre et regardé un papier qui se trouvait sur la table, en face de moi, après environ une minute ou deux, il s’est passé une chose passionnante et effrayante : j’avais disparu ! 
Ce que j’entends par là c’est que la partie médiane était tombée : Normalement, il y avait ici Steve qui regarde le papier sur le bureau là-bas, maintenant il n’y avait que l’expérience « papier», mais pas de Steve ici pour le regarder. Il était clair que la partie médiane qui normalement sépare le papier de Steve n’existait pas réellement, il n’y avait que l’expérience, « papier ».
Maintenant je vais essayer de rendre cela plus évident par une illustration.
Imaginez aussi clairement que possible, que vous pénétriez dans une grande maison dans laquelle vous n’avez jamais été. Vous vous sentez bizarre et un peu effrayé, il y a des meubles, des tentures, mais personne à l’intérieur. 
Vous visitez partout, et une sensation insidieuse de peur d’être seul dans cette grande maison vous envahit. Vous allez de pièces en pièces sans savoir ce que vous allez trouver. Vous commencez à vous sentir de plus en plus nerveux et effrayé d’être ainsi seul dans cette maison. Vous vous demandez depuis combien de temps elle est vide.
A force, la sensation d’espace et de vide commence à peser lourdement sur vos nerfs. Finalement, au moment où vous ne pouvez plus le supporter, vous avez la réalisation choquante que vous n’êtes pas là non plus ! Seule l’expérience « maison » existe.
C’est le ressenti de la non-dualité, c’est la véritable réalité de l’existence. 
Rappelez vous la question : « Quel est le son d’une main qui applaudit ?» 
Maintenant, vous connaissez la réponse.
Vous voyez, avec l’illumination vient la connaissance que même s’il y a beaucoup d’activité dans le monde, il n’y a personne qui fasse quoi que ce soit. 
L’univers, en un sens, est sans vie. Il n’y a personne, seulement des événements et l’expérience de ces événements. 
L’illumination révèle que l’univers émerge spontanément. 
Son émergence et son modèle sont parfaits pour les mathématiques, la symétrie, 
et ne comportent aucun hasard. 
Rien n’est fortuit, tout ce qui arrive se passe exactement comme il se doit. 
Il n’y a pas de hasard, ou d’évolution basée sur le hasard. 
L’univers est parfait, rien n’est une erreur ou ne peut l’être. 
Il semble qu’il existe un hasard ou de l’imprévisibilité du point de vue humain, mais c’est seulement parce que notre référence temps ne nous permet pas de voir l’univers émerger en quelques minutes. Si nous pouvions le voir, nous verrions alors clairement comment chaque événement a été non seulement parfait et nécessaire, mais qu’il était aussi prévisible.
Résumons-nous donc : l’univers est parfait, personne n’existe, pourtant l’expérience « univers » persiste. 
Comment est-ce possible ? 
La Conscience. 
La conscience est consciente. 
Si elle ne l’était pas, il n’y aurait pas d’univers. La nature même de l’existence implique la conscience. L’un ne peut pas exister sans l’autre.
Il ne peut pas y avoir d’univers sans conscience. Il n’existe pas d’univers ou de dimensions là, où il n’y a pas de conscience. La matière et la forme ne pourraient pas apparaître sans conscience.
 
L’Univers/Conscience, l’Esprit/Matière, la Vague/Particule, appelez cela comme vous voulez, la réalité est que la manifestation, l’apparence que nous appelons l’univers, est Conscience.
Maintenant, ne vous y trompez pas, il n’y a pas d’observateur. 
Il n’y a personne qui expérimente l’univers.
 Qui plus est, il n’y a pas de Personnage Ultime, de Dieu, d’Esprit ou autre, qui observe l’univers. Il n’y a que l’expérience de l’univers sans personne pour l’expérimenter.
Cela semble un paradoxe, mais qu’importe, c’est ce qui est. 
L’expérience « est », c’est tout, c’est ainsi qu’est l’univers, une expérience pour personne.
L’univers émerge de la conscience spontanément, tout en étant lui-même conscience. 
Nous devons lâcher l’idée de la matière qui est observée par quelque chose que nous appelons la conscience, ce n’est pas exact. 
Certains enseignants parlent du témoin, le mental passif, qui observe toutes les choses, instant après instant. Cela implique un certain degré de séparation, un témoin ici qui regarde l’univers là-bas. 
Ce n’est pas ainsi, il n’y a que l’expérience, que l’univers. 
Il n’y a pas d’observateur. 
Même s’il n’y avait pas de manifestation, le sentiment serait le même. 
Une fois de plus permettez-moi d’insister sur ce point : la conscience n’est pas consciente « de » l’univers, la conscience est consciente « en tant que » l’univers.
Maintenant, comprenez bien cette dernière phrase. Ne pensez pas: « Oui Steve, je comprends, la conscience n’est pas consciente de l’univers à partir d’un point de vue séparé, comme une âme désincarnée par exemple, la conscience est consciente de l’univers comme l’un des milliards d’êtres qui le composent,  l’homme, le chien, ou le poisson.» 
Non ! Ces pensées sont fausses. 
Quand je dis la conscience est consciente « en tant que» l’univers,  je veux dire l’acte même d’exister est conscience. Une carotte est elle-même conscience. Il n’y a pas de carotte consciente d’elle-même en tant que carotte, ni de conscience désincarnée et invisible consciente de la carotte en tant que carotte, il y a seulement l’expérience « carotte » et c’est la conscience et c’estl’illumination. 
Il n’y a pas d’observateur.
Voyons maintenant comment cela se passe pour la vie humaine. Toutes les personnes, qui ne savent pas ce qui se passe réellement, croient être les gens qu’ils sont : des individus avec des pensées et des désirs, des espoirs et des rêves, un corps et une maison, une femme et un enfant. La liste continue, mais vous avez l’idée.
La vérité est que même si tout ce qui a été dit plus haut a bien lieu, c’est une apparence automatique de l’Univers/Conscience, selon un modèle strict dépourvu de hasard. Plus important encore, personne ne fait quoi que ce soit,  il n’y a que l’Univers/Conscience.
Pour le dire encore plus clairement : des choses se passent, mais personne ne les fait. Des apparences se produisent et la conscience est consciente.
La personne non éveillée, qui ne sait pas ce qui se passe, croit qu’elle agit, que l’humain « en elle » existe. La réalité est que le corps existe, les pensées existent, les souvenirs existent, c’est la conscience et c’est tout.
Quelqu’un pourrait dire que la conscience a provisoirement pris son expérience du corps et les souvenirs du corps, pour une personne, mais même si cette réponse semble expliquer le pourquoi, il n’y a vraiment aucune erreur. 
L’Univers/Conscience ne s’est jamais trompé. 
La personne peut tomber à tout moment, retrouvant l’état originel de la matière et de la conscience, qui n’a jamais été réellement caché. 
C’est ce qui m’est arrivé, mais lors de cet événement rien n’a été perdu, car il n’y a jamais eu de moi à perdre, seulement une confusion à corriger, qui n’a jamais existé.
Connaître cela, je veux dire vraiment connaître cela, pas intellectuellement, mais par une expérience directe de la vie quotidienne, c’est ce qu’est l’illumination.
Une fois connue, il est impossible de revenir en arrière. 
Une fois que vous avez ouvert le rideau et vu qui est vraiment Oz, vous ne pouvez plus le fermer et prétendre ne pas connaître la vérité.
Alors, comment faisons-nous une fois que nous savons ? 
Nous laissons l’expérience se manifester, sans intervenir. 
Il a été dit : « L’univers est parfait, n’intervenez qu’à vos risques et périls ». 
La personne éveillée n’agit jamais. C’est la résolution de l’énigme du karma : il n’y en a pas, il n’y en a jamais eu et il ne pourra jamais y en avoir. Il n’y a pas de réincarnation, comment serait-ce possible ? Qui se réincarnerait ? Il n’y a personne, pas de naissance ni de mort, il n’y a rien, si ce n’est la Manifestation/Conscience. 
99,999% des livres et des enseignants spirituels ont complètement tort, et ce, pour la simple raison qu’ils ne sont pas réalisés, ils ne savent pas ce qui se passe. 
Ainsi, afin de maintenir l’illusion de la personnalité, de l’idée qu’il y a quelque chose ou quelqu’un, ils inventent des histoires, des théories ou des idées, portent des vêtements spéciaux, font des rituels etc. Ils enseignent ce genre de choses, mais la vérité est si simple, cela en est risible.
Maintenant, permettez-moi de faire une claire distinction sur un point : l’expérience mystique n’est pas l’illumination. 
Vous pouvez avoir une expérience mystique, voir Dieu, être enlevé par des extra-terrestres, recevoir des messages d’un ange, communiquer avec vos guides spirituels, la liste pourrait s’allonger… mais, peu importe ce qui se passe, la vérité est toujours que chaque expérience, mystique ou ordinaire, est un événement de l’Univers/Conscience.
Si je pouvais enseigner au monde une leçon, ce serait ceci : Peu importe ce que vous expérimentez, rappelez-vous toujours : « Il n’y a personne qui expérimente, personne qui observe ». 
Si vous faites cela souvent et suffisamment longtemps, vous saurez un jour ce qui se passe. 
Quand ce jour viendra, vous vous rendrez compte que rien n’a changé, et pourtant tout est différent. C’est une sensation et une connaissance, la chute inévitable de ce qui n’est pas vrai. Si vous pensez connaître cela, ce n’est pas le cas. Lorsque vous le connaissez, c’est très clair et personne ne peut vous l’enlever.
Quelques points à éclaircir. Lorsque je disais que la personne éveillée n’agit jamais, je ne voulais pas dire que de telles personnes restent assises dans une grotte et meurent de faim… Le corps peut être très actif et manifester toutes sortes de comportements, bons ou mauvais, le mental peut être débordant de pensées et d’émotions, mais la conscience, maintenant éveillée, sait que personne n’agit. Ce n’est que l’univers qui s’épanouit spontanément et parfaitement.
En tant que conscience, vous percevez davantage les sensations du corps, au niveau physique et émotionnel. Ce n’est pas un ressenti, mais vous en êtes plus conscient, car il n’y a pas de division entre celles-ci et la conscience. 
L’univers et la conscience sont identiques, n’oubliez pas l’équation : U = C. 
De plus, ce que nous appelons la personnalité ou l’ego ne disparaît pas totalement. Il peut rester intact avec le corps. Il se comporte et change au fil du temps comme pour toute autre personne, mais l’éveillé sait qu’il n’est pas cet ego.
Certaines écoles mettent l’accent sur la destruction de l’ego comme le seul moyen vers la libération. Tout ce qui est vraiment nécessaire, c’est la réalisation que vous n’êtes pas cet ego, que l’ego n’existe pas vraiment, que c’est une illusion … Il n’est pas vraiment là, mais il semble l’être… Si l’ego commence à s’estomper c’est ok. Rappelez-vous, il n’y a personne qui  expérimente.
Permettez-moi de parler brièvement de la pratique. La méditation et l’étude des livres sont utiles et peuvent aider un individu à mûrir vers l’éveil, mais la chose la plus importante est le changement de  perspective. 
Vous devez apprendre à voir ce qui se passe réellement, comprendre que chacun est éveillé en réalité, mais que tout le monde ne sait pas comment le percevoir. La raison en est, que l’illumination est si naturelle, si évidente, et que nous nous sommes habitués, depuis la naissance, à l’ignorer en préférant toutes les autres choses qui se manifestent. 
La méditation peut vous aider à calmer le mental et à être plus concentré, mais elle ne vous donnera pas l’illumination. Un changement radical de perspective doit se produire, le point de concentration habituel de votre conscience et votre façon de percevoir doivent changer.
Ce n’est pas l’étude des livres qui vous y amènera, vous avez besoin d’un choc.
 
Le moyen le plus facile que je connaisse, c’est qu’une personne éveillée vous persuade de ce changement de perspective. Les meilleurs livres que j’ai lus étaient ceux qui m’ont convaincu de l’illumination. 
Les expériences de ressenti, telles que le scénario de la maison ci-dessus, sont utiles pour aider à évoquer le ressenti lors de l’illumination. 
Essayez de ressentir ce que c’est que de ne pas être là. 
La véritable percée se fera lorsque vous « sentirez » que c’est vraiment ce qui a lieu.
C’est effrayant, ce n’est ni le bonheur, ni l’extase. Cela doit vous effrayer, le corps doit réagir de manière défensive, ou il peut y avoir un rire incontrôlé devant le ridicule, combien vous avez été stupide et depuis si longtemps…
C’est comme une de ces images en 3D, vous regardez et regardez ces points jusqu’à ce que bingo, l’image se dégage ! Après cela, vous pouvez toujours la voir, vous ne pouvez pas la désapprendre. C’est la même chose avec l’illumination.
Toutes les pratiques qui peuvent vous choquer et vous amener à voir ce qui se passe réellement sont bonnes. Mais comprenez : vous voulez vraiment savoir ce qui se passe, le ressentir, avoir un contact avec la réalité. 
Ce ne devrait pas prendre longtemps, quelques années tout au plus, moins pour certains. Si une pratique ou un enseignant vous dit que cela prendra 10 ou 20 ans, cherchez une nouvelle pratique ou un nouvel enseignant.

Steven Norquist
source

Posté par Sator à 19:48 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

Déjà éveillé

Là, maintenant vous voyez déjà à 100 % toute la vérité qui puisse jamais exister.
Vous pensez que vous ne la voyez pas, mais il est impossible de l'éviter.
Vous êtes complètement réalisé, et il ne peut en être différemment.
La conscience simple et ordinaire que vous avez de toute chose qui
apparaît dans le monde, ou dans votre mental, est la vérité. Il n'y a rien
de plus dans l'illumination que réaliser directement que ce qui apparaît
dans la conscience, « avant » que vous vous en saisissiez, est la vérité.
La Réalité Ultime est qu'il n'y a pas et qu'il n'y a jamais eu un « vous »
qui puisse revendiquer un objet de la conscience.
Il n'y a pas de soi. L'illumination est simplement la pure conscience
impersonnelle de toute chose qui apparaît, instant après instant.
C'est le sentiment fantomatique de non-être combiné avec une clarté
saisissante. C'est une beauté dansante au-delà de toute description
terrestre, éprouvée par la vacuité.
Vous êtes cette vacuité et l'avez toujours été. Il n'y a toujours eu que
l'illumination. Il n'y a toujours eu que l'existence/conscience.
Ressentez la vacuité, votre non-être, alors que l'univers s'étend à l'infini.
Marchez dans une pièce bondée de monde sans vous trouver. Si vous
pouvez le faire, vous saurez alors que vous êtes déjà illuminé et dans
cette connaissance, vous réaliserez que vous l'avez toujours su, et 
pourtant que vous n'avez jamais existé pour le savoir.
Que vous demeuriez dans votre ignorance ou dans votre connaissance,
vous êtes arrivé.

Steven Norquist
Source
 

Posté par Sator à 19:27 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

080517

L'univers n'est pas conscient

source

Posté par Sator à 08:50 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,


260217

Eveil et quotidien

M : Vous venez d’employer le terme « s’éveiller ». C’est d’ailleurs la traduction littérale de buddha - l’éveillé, et non pas l’illuminé.

S : Oui, c’est ça. S’éveiller est également pour moi une expression adéquate. Car dans une telle expérience, c’est comme quand on se réveille après un rêve. Tout à coup, on voit la réalité. Ce qui est spécial dans ce vécu, ce n’est pas que l’on fasse l’expérience de quelque chose de plus clair, ou plus beau, ou plus grand que ce que l’on a vu et entendu jusqu’alors. Cela signifie que l’on perçoit autrement la réalité, qui est comme elle a toujours été. On fait l’expérience, par exemple, qu’un merle est posé sur une branche. C’est cela que l’on peut vivre dans l’illumination. Et tout à coup, on est tellement saisi par ce tableau assez quotidien, que l’on ne peut pas du tout le décrire avec les termes et qualificatifs habituels à notre disposition jusque-là. Ce que l’on pourrait dire, c’est que l’on a enfin vu le véritable merle, le merle. Comme si l’on n’avait encore jamais vu un merle jusque-là, alors qu’on a vu déjà beaucoup de merles. On pourrait dire aussi – après coup – que l’on a enfin fait l’expérience de soi-même; bien que l’on vienne de voir un merle. Comme s’il n’y avait pas de séparation entre celui qui regarde et ce que le regard est en train de rencontrer. Comme s’il n’y avait pas de séparation entre moi et le merle ; comme si je me reconnaissais moi-même dans ce merle sur la branche. Comme si j’étais assise depuis toujours sur cette branche, tout en sachant en même temps et pertinemment que je suis assise sur ce muret et que je regarde la branche là-bas, avec le merle. Mais, d’une manière difficilement explicable, mon « être-assise-sur-le-muret » est tout à fait le même que le merle sur la branche. Et si par hasard, le son d’un moteur venant de la rue me parvenait dans un tel moment, ce son ne serait également rien d’autre que le merle sur la branche. Et si alors on tourne la tête et que le regard rencontre un tournesol ou l’encadrement d’une porte, on voit à nouveau cela, qui s’était montré en tant que merle sur la branche. Pour autant, on ne confondra pas un tournesol ou l’encadrement de la porte avec un merle. On n’a pas de trouble de perception de la réalité. On est tout à fait éveillé à la réalité. On voit à nouveau ou encore – toujours encore on voit ce Un. Comme si ici cela était un merle et là un tournesol et maintenant l’encadrement de la porte puis le bord de la table. Et en même temps, on sait que cela c’est moi. Pour moi, c’est comme si je me voyais moi-même, encore et encore, toujours et toujours, toujours encore comme dans un miroir : seulement moi. Comme si j’étais un avec tout ce qui est et qui était, un dans une seule et unique présence, qui elle n’est pas palpable mais qui emplit tout, temps et espace, de sa pure présence. Tout est en ordre, aussi naïf que cela puisse paraître, tout va bien. C’est une ébauche possible de l’éveil. Si quelqu’un a déjà été, ne serait-ce que très légèrement, touché par un tel vécu, cette description ne lui semblera pas être une pure absurdité mais quelque chose résonnera en lui et lui rappellera comment cette réalité peut se montrer.


Silvia Ostertag (Eveil et quotidien)
source

 

Posté par Sator à 10:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

210217

...

Lorsque l’on demanda au Maître qu’est-ce qu’il faisait pour ces disciples, il dit : « Ce que le sculpteur fait pour réaliser la statue d’un tigre. Il prend un bloc de pierre et le travaille retirant tout ce qui ne ressemble pas à un tigre. »
Lorsque les disciples lui demandèrent plus tard, qu’est-ce qu’il voulait dire exactement, il répondit : « Ma tâche est de détacher tout ce qui n’est pas vous : chaque pensée, sentiment, attitude, conditionnement qui adhèrent à votre forme, votre culture et votre passé. »


Anthony de Mello
source

Posté par Sator à 18:43 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

200217

Tout sauf moi

Lorsque se produit l’éveil (comme cela arrive maintenant très souvent), ce que les gens disent plus que toute autre chose est que ce qui est vu à présent est absolument évident. Tellement évident. C’est étroitement accolé à ce que vous vous imaginez qui se passe en ce moment. Vous pensez que vous me voyez – en fait tout ce qui se produit en réalité est qu’il y a un voir, vision de moi qui survient, ou de quoique ce puisse être. La différence entre éveil et pas d’éveil – entre voir et ne pas voir- est simplement la reconnaissance qu’il n’est personne là. Il n’y a aucun « moi ».

Tony Parsons « Tout ce qui est » (Ed Accarias, L’Originel)

source

Posté par Sator à 19:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

160217

...

La Realisation c’est la reconnaissance de ce qui est déjà là. Plus il y a d’égo et moins il y a de realisation, c’est à ce stade que l’expérience de la conscience semble intermittente, comme le soleil qui semble se lever chaque matin alors qu’en réalité il ne se couche ni ne se lève.

Yuri Lamarche

source

Posté par Sator à 18:38 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

120217

Expérience

Question : Je suis fasciné par la découverte de ce que tout, dans mon expérience, est fait du sentir et du percevoir ; qu'il n'existe pas, en fait, d'objets réels en tant que tels, mais seulement l'expérience.

RS : Oui, nous ne connaissons du mental que le penser, nous ne connaissons du corps que le sentir et nous ne connaissons du monde que le percevoir - c'est à dire voir, entendre, toucher, goûter, sentir. Ou encore, nous pourrions dire plus simplement que nous ne connaissons que "faire l'exprérience" et celui-ci est fait de notre Soi, Présence consciente.

A présent, prenez le monde, généralement considéré comme loin de nous et constitué d'autre chose que nous. Par exemple, prenez un objet dans le monde, tel qu'une montagne au loin. Quelle distance sépare la montagne de "faire l'expérience" ? Manifestement, aucune.

Maintenant, examinons : quelle distance sépare notre Soi, c'est-à-dire la Présence consciente, de "faire l'expérience" ? Aucune, manifestement.

Donc, si nous avons clairement observé qu'il n'existe aucune distance entre la montagne et "faire l'expérience" et que "faire l'expérience" n'est pas distant de la Conscience-Présence, alors il est clair que, dans notre expérience réelle, la montagne ne se trouve pas loin de nous.

Maintenant, recommençons et demandons-nous : quelle substance est présente dans la montagne autre que "faire l'expérience" ? A l'évidence, aucune autre, car nous n'avons aucune connaissance d'un monde qui soit en dehors de l'expérience que nous en faisons.

A présent, demandons nous : quelle substance est présente dans "faire l'expérience", autre que notre Soi, Conscience-Présence ? A l'évidence, aucune autre.

Ainsi, notre expérience directe et intime nous révèle que la montagne (et tout le reste) se trouve dans notre Soi, Conscience-Présence, et en être constitué.

Or, nous pouvons nous demander maintenant ce qu'est cette "montagne". Nous avons déjà découvert qu'elle n'est autre que notre Soi, Conscience-Présence. Alors pourquoi parler de "montagne" ? "Montagne" est juste l'un des noms et des formes que peut prendre notre Soi. Il n'y a que notre Soi. Non pas notre Soi en tant que montagne, mais juste notre Soi, point à la ligne.

 

Rupert Spira "Présence", L'Essence de la Non-Dualité (Editions Accarias L'ORIGINEL)